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Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

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Publié par David NOËL

Plusieurs propositions du comité Balladur sont maintenant connues et Edouard Balladur s’est exprimé mercredi soir dans le journal télévisé de TF1.

Si le besoin d’une réforme territoriale est largement partagée, il est évident que la tentative de retour à une forme autoritaire de féodalité proposée par le comité Balladur est absolument inacceptable.

La suppression possible de plusieurs régions, la fusion souhaitée des petites communes et le regroupement des petites intercommunalités dans de vastes intercommunalités s'inscrivent dans une politique européenne de constitution d'euro-régions sur le modèle des Länder allemands et aura pour conséquence d'éloigner les citoyens de leurs représentants et des centres de décision. De plus, l’élection des conseillers régionaux dans le cadre des arrondissements marquerait la fin du scrutin proportionnel à deux tours qui garantit l’expression et la représentation de toutes les sensibilités politiques. Ce serait un grave recul démocratique.

Alors que l’on pouvait attendre que l’Etat s’interroge sur son rôle, le comité Balladur ne propose rien de moins que la suppression d’un principe constitutionnel : celui de libre administration des collectivités territoriales. Régions et départements perdraient en effet la clause de compétence générale qui leur permet aujourd’hui d’investir dans la plupart des grands domaines, économique en particulier. Les compétences spécialisées seraient économiques, par exemple pour les régions, sociales pour les départements. Cette disposition a d'ailleurs été refusée par les deux membres du PS du comité, André Vallini, député de l’Isère et Pierre Mauroy. Sans supprimer les départements, le comité les vide de leur substance.
Cette tentative de mise au pas des collectivités vise à réduire les contre-pouvoirs et en dit long sur l’esprit des mesures proposées par le comité. Quand les collectivités demandent plus de moyens pour assurer leurs missions, l’Etat supprime la taxe professionnelle et soumet au fait du prince les éventuelles compensations. Quand les collectivités aspirent à travailler à une plus grande coopération, le comité Balladur veut organiser leur séparation.

Enfin, la possibilité ouverte par les propositions du comité de rompre les liens entre les citoyens et leurs élus locaux, tout en organisant la primauté du clientélisme sur l’intérêt général est extrêmement choquante.

Edouard Balladur déclarait, sur TF1, vouloir « penser à l’avenir ». Quelle ironie pour un homme dont les propositions rappellent furieusement la France du Moyen-âge !
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cmares 03/03/2009 00:35

C'est amusant cette référence au moyen age de la part du professeur d'histoire. pourrait-on en savoir un peu plus ?Il me plait par contre souvent de faire référence aux principes de la révolution qui ont tendance à être oubliés aujourd'hui, notamment la primauté de l'individu libre au regard de toutes les structures écran du genre corporations. Vu ?

David NOËL 03/03/2009 07:53



Oui, et.... ?
A quoi faîtes-vous donc allusion, cher Cimarès ?



Patrick Joly 01/03/2009 08:47

Des communistes qui parlent de retour au moyen âge, ça ne manque pas de piquant !Sérieusement, qui peut croire une seconde qu'on peut revenir à l'organisation (ou au manque d'organisation) des territoires au moyen âge ?

David NOËL 01/03/2009 10:11



Je passe sur votre petite pique ridicule, les citoyens peuvent constater tous les jours que les idées communistes sont bien plus modernes que les idées libérales qui ont les conséquences que l'on
connaît en terme de délocalisations, d'explosion du chômage et de la précarité.

La réforme territoriale qui nous est proposée par la commission Balladur vise à recréer l'ancien département de la Seine supprimé en 1968 et qui sera un mastodonte ingouvernable, très éloigné des
populations. En supprimant la clause de compétence générale, on vide les départements et les régions d'une grande partie de leurs pouvoirs, c'est un processus de recentralisation qui ne dit pas
son nom. On parle d'encourager les fusions de communes et de communautés d'agglomérations. Là encore, c'est éloigner le citoyen des centres de décision pour créer de vastes communautés urbaines,
véritables féodalités politiques qui détiendront les vrais pouvoir de décision. C'est un évident retour en arrière qui nous est proposé.