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Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

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Publié par David NOËL

C'est le grand marché des transferts à la télévision depuis quelques jours.
Pour les militants du mouvement social, la question du paysage télévisuel n'est pas anecdotique dans la mesure où le journal télévisé, comme les émissions de divertissement sont regardés par de nombreux téléspectateurs et participent à la formation de la culture politique de chaque citoyen.

On ne s'arrêtera pas outre mesure sur le remplacement de Thomas Hugues par Harry Roselmack (venu de Canal + et d'I-télé) et de Laurence Ferrari par Anne-Sophie Lapix (venue de M6).
Encore que le téléspectateur est en droit de se poser des questions sur les raisons du débarquement du couple Hugues/Ferrari. Les deux présentateurs de 7 à 8 ont-ils payé pour avoir diffusé un reportage sur les violences policières en novembre dernier et pour avoir interviewé Nicolas Sarkozy de manière trop pugnace ?
Quoi qu'il en soit, c'est bel et bien le ministre de l'Intérieur qui a annoncé le premier à des journalistes l'arrivée sur TF1 d'un présentateur issu d'une "minorité visible", une annonce qui en dit long sur les rapports de connivence qui existent entre Nicolas Sarkozy et la chaîne du groupe Bouygues.

On ne pleurera pas la disparition sur Canal + du Vrai Journal de Karl Zéro, remplacé par une émission politique animée par Laurence Ferrari.
La réputation d'impertinence de Karl Zéro est largement infondée, comme le montre le film de Pierre Carles, Pas Vu Pas Pris, où l'on voit Karl Zéro refuser de diffuser un reportage dénonçant les connivences entre journalistes et hommes politiques.
Déjà sur le sellette l'année dernière, Karl Zéro n'avait dû son maintien à l'antenne qu'aux interventions de Nicolas Sarkozy, Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn en sa faveur.
Encore une fois, ces interventions en disent long sur les rapports de connivence qu'entretiennent hommes politiques et patrons de chaînes...

Les rumeurs d'annulation d'Arrêt Sur Images ou des Guignols de l'Info sont déjà plus inquiétantes, dans la mesure où ces deux émissions, chacune à leur manière et avec les limites qui sont les leurs manifestent un recul critique tout à fait louable.

Il reste que l'année prochaine, le paysage télévisuel risque fort d'être marqué, comme il l'est depuis plusieurs années, par la confusion des genres entre information et divertissement. Sur le service public, ce n'est pas l'éventuel remplacement de Thierry Ardisson par Stéphane Bern qui nous rassurera dans la mesure où tous deux incarnent la même confusion, la même "info-spectacle" qui décrédibilise le discours politique.

On peut saluer la prise de conscience tardive, mais salutaire du socialiste Arnaud Montebourg, qui a écumé tous les plateaux de télévision avant de se rendre compte que l'info-spectacle ridiculisait la politique et de jurer qu'on ne l'y reprendrait plus.

Les militants du mouvement social qui veulent produire et diffuser des idées réellement alternatives doivent commencer par cesser de se rendre dans ces émissions qui engraissent des animateurs-producteurs richissimes et des chroniqueurs dévoyés.

Comment un message de rupture avec l'ordre capitaliste qui nous désarme pourrait-il passer par ces vecteurs de renoncement que sont les émissions d'info-spectacle ?
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