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Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

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Publié par David NOËL

C'est peut-être la fin d'un mythe : longtemps, les historiens ont dressé le portrait de partis politiques français désespérément faibles, incapables de recruter, sauf dans le contexte particulier du Front Populaire et de la Libération.

Le constat, valable pour les organisations du mouvement ouvrier l'était plus encore pour les partis de droite, longtemps restés des partis de notables.
A l'exception du PSF du colonel De La Rocque qui a sans doute compté 1 million d'adhérents en 1938, jamais les partis de droite et d'extrême droite n'ont été des partis de masse. Même en 1947, au plus fort de la vague RPF, le mouvement gaulliste n’atteint que 500 000 adhérents.

Les partis de gauche sont culturellement mieux armés que les partis de droite pour être des partis de masse, mais ont souffert d’un certain nombre d’handicaps qui ont entravé leur développement.
Longtemps, on a pensé, dans les organisations du mouvement social, que les conditions matérielles dans lesquelles vivaient les salariés les amenaient à adopter une "conscience de classe" et à rejoindre alors d'eux-mêmes le syndicat ou le parti.
En réalité, on sait aujourd'hui que l'engagement politique est rarement aussi automatique.
Proposer l'adhésion, inviter des camarades à nous rejoindre, ce n'est pas pratiquer un prosélystisme condamnable, c'est au contraire manifester ce petit signe d'ouverture que de nombreux sympathisants peuvent attendre sans oser toujours le dire.
 
Cette nécessité de s'ouvrir aux autres en menant une politique de recrutement active, les partis de gauche ne l'ont pas toujours comprise.
Parti d’intellectuels marxistes, la SFIO, créée en 1905, peine à recruter les ouvriers à qui elle s’adresse en priorité : elle n’a que 35 000 adhérents lors de sa création. A la veille de la Première Guerre Mondiale, sa progression est restée limitée : elle ne compte que 100 000 adhérents. Il faudra attendre 1936 et surtout 1945 pour que la SFIO voit ses effectifs exploser : elle revendique 335 000 adhérents en 1945, mais la participation à des gouvernements de centre droit avec le MRP et les radicaux et le soutien à la guerre d’Algérie lui font perdre des milliers d’adhérents. Les effectifs sont tombés à 91 000 en 1962 et à seulement 70 000 en 1966.
Après le congrès d’Epinay qui se tient en 1971, les effectifs remontent. En 1982, l’effet Mitterrand est là : le PS compte 213 500 adhérents. Les promesses trahies et les déceptions expliquent l’érosion des effectifs socialistes, passés dans les années 2000 sous la barre des 130 000 adhérents.

Les historiens spécialistes de l'histoire de la gauche insistent sur la spécificité française de cette faiblesse numérique. De fait, en Allemagne et en Grande-Bretagne, l'existence de liens forts entre partis et syndicats a permis au SPD et au Labour de maintenir dans l'ensemble leurs positions. En Allemagne, le Parti Social Démocrate, le SPD, compte encore 600 000 adhérents aujourd'hui.

Pour toutes ces raisons, les campagnes d'adhésions à prix cassés lancées par l'UMP d'abord, puis par le Parti Socialiste modifient sensiblement le paysage politique français.
L'UMP compterait aujourd'hui 216 000 adhérents ; le Parti Socialiste, dont la campagne d'adhésions promotionnelles vient de s'achever, déclare avoir franchi le cap des 200 000 adhérents.

Quelle que soit la réalité de ces adhésions (et le Canard Enchaîné de mercredi émet des doutes sur la validité de certains d'entre elles), elles changent la donne en démontrant qu'une politique volontariste de recrutement peut bel et bien renforcer les partis politiques.

    Pour le Parti Communiste, la problématique est sensiblement la même : certes, le PCF a été un parti de masse. Il a compté jusqu'à 900 000 adhérents en 1945. Il en revendiquait encore 710 000 en 1981 et 210 000 en 1998.
Le Parti Communiste compte aujourd’hui 134 000 adhérents. C’est trop peu pour pouvoir  convaincre et transformer la société, alors que l’accélération de la mondialisation capitaliste fait peser de nouvelles menaces sur les salariés. Pour autant, le PCF reste le premier parti à gauche de la gauche, la première force politique dans le camp antilibéral et anticapitaliste.

Sans forcément imaginer des campagnes d’adhésions par SMS ou sur les plages comme on a vu l’UMP le faire, il est clair que de nombreux citoyens désireux d’une autre politique, plus juste et plus humaine, ont leur place au Parti Communiste. A nous de les y accueillir ! A nous de mettre en oeuvre une politique volontariste de recrutement !
Après des années de « mutation » désastreuses pour notre parti, le développement et l’organisation du PCF doit redevenir une priorité pour nous donner les moyens de construire l’alternative que des millions de salariés, de chômeurs, d’étudiants, de travailleurs précaires attendent. 

N'hésitez plus et rejoignez le Parti Communiste !
http://adhesion.pcf.fr/
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eldiablo 04/06/2006 10:39

Je suis plutôt d'accord avec vous(toi?). Je suis communiste ex militant du PCF mais aujourd'hui hors ce parti qui lui ne l'est plus !
Simplement quand on dit que Hue est un inconditionnel du PS (normal il a la reconnaissance du ventre car c'est grâce au PS et à certains élus de droite qu'il est aujourd'hui sénateur) et que Buffet n'est pas loin de vouloir faire disparaître le PCF dans une coalition gaucho-petite bourgeoise je me demande comment on peut être encore " à l'aise dans ses baskets" dans un parti qui n'est plus que l'ombre de ce qu'il a été du temps de Maurice, Waldeck et même Georges.Peut-être pouvez vous m'expliquer?
Salut et fraternité EL DIABLO

eldiablo 03/06/2006 19:19

Je suis ravi d'être d'accord avec un militant de terrain membre du PCF. Une question néanmoins: croyez-vous que les dirigeants nationaux de ce parti ont tirés les enseignements de cette "descente aux enfers" (parole d'El Diablo) ? 
 

David NOËL 03/06/2006 19:36


Tous, je ne pense pas. Il y a au PCF des partisans (très minoritaires) d'une alliance à tout prix avec le PS. On les trouve autour de Robert Hue par exemple.

Aujourd'hui, il me semble que la majorité du PCF (y-compris Marie-George Buffet) se place plutôt dans l'optique de la construction d'un pôle de radicalité avec des militants associatifs
altermondialistes, une stratégie que je trouve pour le moins critiquable si elle ne s'accompagne pas d'un développement propre du PCF sur des bases communistes.
Là où je serais aussi en désaccord, c'est si la direction du Parti utilisait un succès relatif d'une stratégie d'ouverture comme celle-là pour négocier des postes dans un gouvernement
social-libéral.

A mon sens, il y a bien deux gauches irréconciliables. On peut éventuellement s'entendre sur un programme antilibéral avec des sociaux-démocrates keynésiens (la campagne du référendum l'a montré),
on ne pourra jamais s'entendre avec des sociaux-libéraux.


eldiablo 03/06/2006 18:28

Le PCF aurait perdu 500.000 adhérents entre 1981 et 1998 ....et 76.000 adhérents entre 1998 et aujourd'hui ....bon sang...mais on se demande bien pourquoi ?!

David NOËL 03/06/2006 19:06


La participation gouvernementale à des majorités sociale-libérales... ne cherchez plus ! Nous sommes d'accord là-dessus, je vous rassure.