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Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

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Publié par David NOËL

Grand succès pour le meeting du Front de Gauche, samedi après-midi, au Zénith de Lille.

Plus de 1 500 militants du PCF, du Parti de Gauche, de la Gauche Unitaire (le courant unitaire du NPA) ainsi que de nombreux syndicalistes de l'automobile, de l'hôpital ou de l'Education Nationale étaient rassemblés dans la salle du Zénith.

Les militants communistes d'Hénin-Beaumont avaient organisé un bus avec leurs camarades de Montigny-en-Gohelle, Courrières et Evin-Malmaison et étaient présents dans la salle pour ce premier grand meeting de campagne du Front de Gauche dans la grande circonscription Nord-Ouest.

Fabien ROUSSEL, membre du secrétariat fédéral de la Fédération PCF 59 et Eric CORBEAUX, premier secrétaire fédéral de la Fédération PCF du Nord ont donné la parole à des syndicalistes venus de tous les horizons comme le représentant syndical CGT de Faurecia Auchel invité à venir lire une déclaration demandant à ce qu'on « prenne une loi pour empêcher de faire fermer les boîtes ! », mais aussi Fabien PAVOT, Secrétaire Départemental CGT Poste et Télécommunication, Loïc PENNE, médecin urgentiste, Antonio DE ALMEIDA, Délégué européen CGT de Renault Cléon ou encore Eric FELINI, membre du comité central du groupe TOTAL.

Le Front de Gauche est soutenu par de nombreuses forces dans toute l'Europe.  Présent samedi, Giorgos KARATSIOUBANIS, membre du Conseil Central du Neolaia Synaspimo est revenu sur la lutte exemplaire de la jeunesse grecque. Brian CARTHY, représentant du Sinn Fein au Parlement européen a dénoncé les manoeuvres du gouvernement irlandais pour contourner le vote Non du peuple irlandais lors du référendum sur le Traité de Lisbonne. En Irlande comme en France, les élites politiques libérales construisent l'Europe contre la souveraineté populaire.

Ce fut ensuite autour de Michelle ERNIS, conseillère municipale normande du NPA de prendre la parole pour expliquer le sens de l'engagement de la Gauche Unitaire, le courant unitaire du NPA dirigé par Christian Picquet au sein du Front de Gauche. Regrettant l'attitude d'isolement d'Olivier Besancenot et du NPA, Michelle Ernis a appelé le NPA à rejoindre le Front de Gauche.

Marc DOLEZ, député du Parti de Gauche de Douai, fustigeant le ralliement de la social-démocratie au traité de Lisbonne a appelé à la levée d'une "dynamique citoyenne comparable à celle de 2005 en faveur du seul vote utile pour proposer et s'opposer au libéralisme."

Alain BOCQUET, député-maire PCF de Saint-Amand-les-Eaux, a souligné l'urgence d'une loi pour interdire les licenciements boursiers avant de lancer un appel à "tous les électeurs, quel qu'ait été leur vote au référendum de 2005 pour faire reculer les choix libéraux."

Pour terminer, Jacky HENIN a mis en garde la foule présente au Zénith : "N'écoutez pas ceux qui vous disent que ces élections et le parlement européen ne servent à rien. Le problème du parlement européen, ce n'est pas ses pouvoirs, c'est qu'il se trouve en son sein une majorité de députés pour voter les directives libérales."

Offensif, Jacky Hénin a été longuement applaudi par les militants communistes, du Parti de Gauche, du NPA et les syndicalistes présents dans la salle.

Porté par une forte dynamique de rassemblement, le Front de Gauche est en marche pour faire réélire Jacky Hénin et pourquoi pas, gagner un deuxième siège de député dans la grande région Nord-Ouest.

Aux côtés des syndicalistes et des militants du mouvement social, les communistes seront dans les luttes le 19 mars prochain avec l'ambition de faire au moins aussi bien que le 29 janvier dernier, mais pour la première fois, avec le Front de Gauche, les salariés qui luttent auront un débouché politique porteur d'espoir. Le rassemblement de toute la gauche de la gauche avec le Parti Communiste dans le Front de Gauche peut faire bouger les lignes en France et en Europe.

Samedi soir, c'est toute la foule présente au Zénith de Lille qui partageait ce même espoir. 
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D
TRIBUNE LIBRE : Européennes. Il faut changer d'orientation !
Par André Gerin, député et maire de Vénissieux (Rhône).
Elections européennes : pour le PCF, sortir de l'impasse
La plupart des documents du PCF concernant l'Europe omettent tous dans leur argumentation la clé de voûte. Ils poursuivent l'abandon, le reniement idéologique de l'identité communiste. C'est le programme a minima du Parti de gauche européen.
Changer d'Europe, est-ce possible sans poser la question de l'indépendance et de la souveraineté nationales ? Depuis cinquante ans, l'Union européenne se construit, sans le dire, comme un super-État qui en impose chaque jour davantage aux États nationaux. Combien d'heures et de nuits ont passé les députés et les sénateurs à transcrire dans le droit français des directives européennes ?
L'Union européenne veut faire mettre un genou à terre aux États nationaux pour casser les acquis que les peuples ont conquis au fil de leurs luttes. Le projet Balladur sur la réforme institutionnelle, en supprimant des communes et des départements pour leur substituer des grandes agglomérations entrepreneuriales, aboutit à la démolition de la Constitution issue du Conseil national de la Résistance.
L'Union européenne est un bloc impérialiste héritier du plan Marshall de 1947 et, comme tout bloc, une force menaçante vis-à-vis des forces de progrès, des pays émergents, en contradiction frontale avec les valeurs du socialisme et du communisme.
Laisser croire que l'on peut changer d'Europe sans reconquérir notre souveraineté nationale est une illusion. Où seraient les forces capables d'un tel miracle ? Peut-on imaginer une Europe sociale, socialiste, de progrès - employons le qualificatif que l'on veut - qui repose sur une domination des États nationaux ?
Tout le monde sait que je suis contre le Front de gauche. Mais admettons que je sois pour... Je ne comprends vraiment pas comment on peut se déclarer contre la politique de Sarkozy et pour l'Union européenne. La discrétion de la direction du PCF sur la présidence française de l'UE, les six derniers mois de 2008, est stupéfiante ! Est-ce à dire que nous approuvons le Sarkozy, président de l'Europe, tout en désapprouvant le Sarkozy président de la France ?
Voulons-nous être dupes du jeu sordide qui se joue autour de nos industries, quand Sarkozy fait mine de les défendre tout en laissant l'Europe condamner toute velléité de relocalisation et continuer de chanter les louanges du « marché libre et non faussé » ? Le PCF est-il devenu européo-sarkozyste ? « Retour à gauche », « union de la gauche », ces mots n'ont aujourd'hui plus de sens. Quel rôle historique pour le Front de gauche ? Servir la promotion de Jean-Luc Mélenchon ? Nous assistons à la naissance d'une énième filiale du Parti socialiste avec un Parti communiste qui se marginalise !
A-t-on le droit de proposer un nouveau modèle de développement pour la France et pour l'Europe ? Nous le savons d'expérience, l'union ne peut se résumer à un bloc de partis. Elle doit être celle des travailleurs, des citoyens, des élus sur des projets de transformation sociale. Est-ce absurde pour l'Europe de proposer trois grands principes ?
- La paix au sein et en dehors de l'Union européenne. Si on commençait par signer des accords de politique étrangère, par signer un véritable traité de paix et de coopération entre les pays européens. (Il est bizarre que cette question ait toujours été laissée de côté.)
- Les traités européens. Si on commençait par abroger tous les traités qui s'opposent aux droits fondamentaux de chaque nation (revenir à leur souveraineté), concernant les lois sociales, la protection des travailleurs, l'intervention de l'État dans l'économie, les nationalisations, etc.
- Les coopérations. Si on développait la coopération entre les nations européennes autour de projets industriels, de recherche, d'aménagement du territoire, des transports, projets cofinancés par les États sur la base du volontariat et coordonnés à l'échelle européenne, voire plus largement.
Les dix propositions présentées par Marie-George Buffet sont très loin de correspondre à l'attente du mouvement social et des peuples. Pour répondre aux puissantes exigences qui montent dans le pays, nous devrions avoir l'audace d'oeuvrer au rassemblement du peuple de France sans arrière-pensées électoralistes, l'audace de participer à la construction d'un front de lutte à l'image de ce qu'a réalisé le LKP en Guadeloupe, où chacune des forces politiques a préservé son identité.
Le PCF se dirige vers une impasse. Il faut le dire tout net, avec le Front de gauche, c'est la confusion, c'est la dilution. Comment croire dans ces conditions que l'électorat populaire retrouvera les ressorts de son vote « non » en 2005 ?
 
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