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Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

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Publié par David NOËL

Le Conseil d’Exploitation du cinéma municipal Espace Lumière s’est tenu mercredi 11 mars dernier, sous la présidence de Monique Béjault et en présence de Nadine Tavernier, Claudine Policante, David Noël et Gladys Froissart, représentant la municipalité d’Hénin-Beaumont.

L’Espace Lumière est un équipement municipal géré en régie par la Ville d’Hénin-Beaumont. Son budget figure en budget annexe et est équilibré à hauteur de 80 000 €. Les charges de personnel ne figurent pas dans ce budget, mais dans le budget principal de la ville : elles représentaient en 2008 un peu moins de 129 000 € pour le personnel titulaire et de 65 000 € pour le personnel contractuel.
En clair, avec 35 000 entrées annuelles, les recettes d’exploitation équilibrent les dépenses d’exploitation et ont même permis en 2008 un petit excédent alors même que le cinéma a fermé durant l’été, mais elles ne permettent pas d’équilibrer le budget quand on ajoute les charges de personnel.

Cette situation n’est pas nouvelle. Dans un contexte normal, une ville de la taille d’Hénin-Beaumont peut supporter le déficit de son cinéma municipal. Des efforts plus importants en matière de communication permettraient même d’augmenter la fréquentation et les recettes.

Cependant, de nouveaux éléments ont contraint le Conseil d’Exploitation de l’Espace Lumière à envisager une fermeture au tout public à compter du 27 mars.

De fait, la Ville d’Hénin-Beaumont a signifié au projectionniste non-titulaire et au programmateur art et essai et intervenant scolaire le non renouvellement de leur contrat qui s’arrête au 31 mars. Cette décision s’inscrit dans les exigences de la CRC de mettre un terme aux CDD municipaux. Elle permet une économie pour la ville de près de 65 000 €.

Je me suis opposé à cette décision que j’ai apprise par les deux employés en question. Scandalisé, j’ai immédiatement écrit à l’adjointe en charge des ressources humaines pour m’étonner qu’elle puisse prendre ce type de décision qui signe clairement la mort du cinéma Espace Lumière dans sa forme actuelle sans m'en référer et sans un accord du Bureau Municipal.

Le courrier que j’ai adressé à Nadine Tavernier se trouve ici.

Il faut comprendre que la suppression de poste du programmateur et Intervenant Scolaire stoppe le programme d’éducation à l’image, les évènements à thème, les dispositifs, les interventions dans les écoles et la programmation « Art et Essai » pour laquelle l’Espace Lumière bénéficie d’un label.

La suppression du poste du deuxième Projectionniste réduit de manière mécanique le nombre de films possibles d’être projetés par le titulaire, et a une incidence directe sur la billetterie en diminution de recette prévisible en 2009 due à la réduction de la programmation.

Par ailleurs, les textes réglementant la mise à disposition de personnel municipal dans des associations ou des équipements autonomes ont changé. Il a donc été demandé à l’Espace Lumière de comptabiliser la prise en charge du salaire du dernier projectionniste titulaire sur le compte d’exploitation annuel. Cela représente une somme de  plus de 31 000 € . Cette demande rend impossible l’objectif à atteindre pour la viabilité du Cinéma d’autant plus qu’a été évoquée l’hypothèse d’une suppression des séances scolaires, ce qui représente un manque à gagner de 20 000 € pour le cinéma.

L’hypothèse d’une suppression des deux postes de contractuels et d’un appel à la vacation en rapport au rythme de la programmation ne permet pas d’atteindre l’équilibre financier sauf à imaginer une forte augmentation du prix d’entrée contraire à la philosophie et aux objectifs des Cinémas de Proximité « Art et Essai ».

Dans ces conditions, le Conseil d’Exploitation n’a pas eu d’autre choix que d’acter l’impossibilité de poursuivre l’exploitation après le 31 mars. Comme le complexe cinématographique est géré en régie par la ville, le Conseil d’Exploitation ne peut qu’émettre un avis. C’est à la municipalité d’Hénin-Beaumont de trancher.

A l’heure actuelle, les arbitrages n’ont pas été rendus. Ils devraient l’être en bureau municipal et en réunion de groupe avant d’être soumis au Conseil Municipal comme l'a rappelé Gérard Dalongeville dans les colonnes de La Voix du Nord mardi 17 mars. 

L’avis du Conseil d’Exploitation ne signifie donc pas automatiquement la fin de l’Espace Lumière. Par ailleurs, nous avons bien pris soin en Conseil d’Exploitation de laisser une porte entrouverte en indiquant que jusqu’au mois de juin, les dispositifs contractuels « école au cinéma » et « lycéens au cinéma » se poursuivaient et que le Conseil d’Exploitation proposait la fermeture au tout public dans l’attente d’une réouverture en septembre sous une autre forme, soit par l’inscription dans un réseau qui prendrait en charge la programmation art et essai ou en régie municipale, en formant à l’interne un second projectionniste et un nouveau programmateur art et essai. Tout reste donc ouvert et c’est la raison pour laquelle mes collègues élues et notamment Gladys Froissart, conseillère municipale déléguée à la Culture et Claudine Policante, adjointe au Maire à la politique de la Ville n’ont pas voté littéralement la fermeture du cinéma. Je connais suffisamment Claudine et Gladys pour savoir qu’elles n’auraient jamais voté un avis du Conseil d’Exploitation qui n’aurait pas laissé une petite porte entrouverte.

Pour ma part, j’ai choisi de m’abstenir. J’ai été le seul membre du Conseil d’Exploitation de l’Espace Lumière à refuser de voter le texte sur lequel nous avions travaillé et à m’abstenir pour des raisons politiques de fond.
De fait, une fois de plus, un équipement culturel risque de payer les erreurs de gestion de la municipalité. Pour la population héninoise qui avait l’habitude de fréquenter l’Espace Lumière, une fermeture au public, même temporaire, de l’Espace Lumière serait un nouveau coup dur. Les enfants des écoles, les adhérents du Temps de Vivre sont nombreux à fréquenter et à apprécier notre cinéma de centre ville. 
Comme Adjoint à la Culture et comme élu communiste, je ne peux pas cautionner qu’on sacrifie la culture et je ne peux pas cautionner la mauvaise gestion de la municipalité qui place l’Espace Lumière dans une situation intenable.
Je l’ai affirmé publiquement en Conseil d’Exploitation.

J’ai toujours tenu un discours de vérité et je continuerai de le tenir.

En tout état de cause, rien n’est perdu pour l’Espace Lumière. Les arbitrages ne sont pas encore rendus et je continue à me battre, étant entendu qu’en tant qu’élu communiste, je n’accepterai aucune fermeture d’équipement culturel et aucune nouvelle augmentation d’impôts.
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