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Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

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Publié par David NOËL

C'est un peu une page qui se tourne. Avec le départ programmé de son fondateur historique, Serge July, une phase d'incertitude s'ouvre pour Libération, le grand quotidien de la gauche réformiste.

Fondé en 1973 par Jean-Paul Sartre et Serge July, un jeune militant maoïste de la Gauche Prolétarienne, Libération fut un grand journal révolutionnaire qui se proposait de donner la parole au peuple.

Acculé à la faillite, le journal reparut en 1981 après quelques mois d'interruption. Cette nouvelle formule, toujours dirigée par Serge July se voulait proche de la deuxième gauche rocardienne et sociale-démocrate.

Laurent Joffrin qui fut journaliste économique à Libération avant de devenir directeur de la rédaction du Nouvel Observateur, l'a reconnu sans ambages en 1993 : "Libération s'est transformé en un an en un journal de la rigueur. On a été les instruments de la victoire du capitalisme dans la gauche".

Depuis le début des années 80, la ligne libérale-libertaire de Libération n'a pas varié d'un iota : l'arbre des audaces sociétales de Libération a simplement caché la forêt de son impeccable conformisme économique.

De 1997 à 2002, Libération qui conspuait le Parti Communiste et les chevènementistes avait les yeux de Chimène pour les Verts érigés en apôtres de la modernité. Dans la même veine, Libération n'a jamais manqué une occasion d'opposer la CGT, forcément ringarde et la CFDT, forcément moderne.

Le comble aura été atteint en 2005 pendant la campagne référendaire avec des éditoriaux délirants de Serge July dénonçant pêle-mêle "les mensonges éhontés, l'épidémie de populisme, la xénophobie et le cynisme en acier trempé" de la gauche du non.

La conversion libérale de Libération s'est accompagnée de l'entrée dans le capital du quotidien d'investisseurs privés. Le dernier en date, Edouard de Rothschild, détient depuis 2005 38 % du capital de Libération. C'est lui qui vient d'exiger le départ de Serge July et de ses proches collaborateurs. 

C'est assurément la fin d'une époque et l'annonce d'une normalisation accélérée d'un titre de presse qui n'était plus que l'ombre de ce qu'il a été par le passé.
Une raison de plus pour les militants de la gauche radicale de poser la question de la presse et de son indépendance vis-à-vis des groupes capitalistes (Bouygues, Dassault, Lagardère...) qui dominent le secteur aujourd'hui.
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yves bertrand 15/06/2006 23:28

J'ai mis une UNE de libé qui dev rait vous plaire... elle parle de familles déchirées à l'occasion du référendum. Elle illustre aussi ce que les gauchos sont capables de faire quand ils sont de mêches avec le grand patronat. Amicalement Yves

DANTON 14/06/2006 21:46

Euh, David, excuse-moi mais à ta place, je remplacerai le couverture de Libé... à moins que les militants communistes ne soient pas contre une candidature unitaire autour de J. Bové ;-)
Amitiés,

David NOˋL 14/06/2006 22:42

Oui, c'est vrai, ça prête à confusion... En s'arrêtant à la couverture de Libé, on pourrait penser que je suis devenu un chaud partisan d'une candidature unitaire autour de José Bové ! Je crois qu'en lisant mon article, on comprend bien que j'ai mis cette illustration pour le communiqué de la société des rédacteurs ! Amicalement,