Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

Archives

Publié par David NOËL

attacLibération et Le Monde consacrent aujourd'hui plusieurs articles à la crise que connaîtrait Attac, qui tient son Assemblée Générale à Rennes ce weekend.

"Bataille interne féroce pour la direction", "Offensive anti-Nikonoff à Attac", "La crise au sein de l'association altermondialiste Attac s'envenime"... A la lecture de ces quelques articles, on sent que les journalistes observent avec gourmandise et délectation la "crise" qui affecterait Attac.

De quoi s'agit-il ?

L'association altermondialiste Attac est née en 1998 à la suite d'un éditorial d'Ignacio Ramonet dans Le Monde Diplomatique. L'appel d'Ignacio Ramonet débouche sur la constitution d'un collectif informel d'associations et de syndicats, bientôt rejoint par des milliers d'adhérents directs.
En quelques années, les effectifs d'Attac atteignent 30 000 adhérents.

Les comités locaux d'Attac ont essaimé dans de nombreuses villes de province et font un travail de terrain remarquable, qui a payé lors du référendum de 2005.
Attac s'est voulue une association d'éducation populaire : ses intervenants multiplient les conférences-débats qui permettent de rendre l'économie compréhensible.
L'association, où cohabitent keynésiens, marxistes, ou écologistes radicaux partisans de la décroissance, est riche de sa diversité.

Mais Attac est aujourd'hui paralysée par des querelles de sommet dont l'enjeu échappe aux militants des comités locaux. Relayés et déformés par les médias, ces conflits internes ont fait perdre à l'association plusieurs milliers de militants.

Pour résumer, les adhérents d'Attac doivent trancher ce weekend entre deux options : la direction actuelle de l'association souhaite renforcer le poids des adhérents directs dans les instances d'Attac, au détriment d'une conception plus collégiale de l'organisation défendue par une partie des membres fondateurs qui redoutent qu'Attac ne se transforme en parti politique sur le modèle du Parti Communiste (une hypothèse grotesque, mais qui fait frémir les partisans d'un mode de direction plus collégial).

C'est au fond, le même débat qu'on retrouve au sein du PCF entre les partisans d'un Parti Communiste organisé en sections et cellules et ceux d'un Parti Communiste partie prenante de collectifs unitaires ou de comités d'union populaire.

Si le désir d'ouverture vers l'extérieur d'une organisation est parfaitement louable, si le souci de collégialité et d'unité est bien compréhensible, les militants du mouvement social doivent veiller à ne pas adopter sans s'en rendre compte le logiciel intellectuel libéral.

Les libéraux sont logiques avec eux-mêmes lorsqu'ils vantent les mérites d'une société plus individualiste. Mais ne prenons pas leurs prophéties pour la réalité et cessons de nous comporter comme si l'action collective et la forme du Parti politique de masse, solidement organisé et structuré appartenaient au passé, comme si les collectifs et coordinations, qui respecteraient l'individu et ses envies, constituaient l'alpha et l'oméga de la vie politique.
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article