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Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

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Publié par David NOËL

Depuis maintenant des mois, le pays souffre de la crise engendrée par le système capitaliste. Il souffre mais il se bat et exige un véritable changement de cap. Les mobilisations sociales engagées ne faiblissent pas. La droite au pouvoir craint le mouvement populaire qui se développe et les prolongements politiques qu’il peut se donner. Elle craint pour cette raison l’élection européenne du 7 juin prochain. Elle fait tout pour en dénaturer l’enjeu et dévoyer les colères, les luttes, les exigences de changement dans de nouvelles impasses.

C’est dans ce contexte qu’est relancée ces derniers jours une opération de recomposition politique baptisée par le directeur de Libération, Laurent Joffrin, « la grande coalition de l’après-Sarkozy ».

De quoi s’agit-il ? Pour préparer la défaite de Nicolas Sarkozy en 2012, il faudrait échapper à la « réponse classique », « la vieille soupe de l’union de la gauche », et construire « un espace politique culturel et social neuf », une nouvelle « coalition » réunissant « les forces écologistes, les socialistes à l’ancienne comme Jean-Luc Mélenchon, le PS, les partisans de François Bayrou, et les gaullistes sociaux et républicains tentés par Dominique de Villepin ». Cette construction devrait exclure le PCF, « qui ne regroupe plus personne sous son drapeau mité ». Le NPA, mis en avant à toute occasion dans les même colonnes de Libération, devient un utile repoussoir pour justifier la recomposition en question. Puisqu’ « il récuse toute alliance de gouvernement », « l’union de la gauche se déploie dans un espace politique trop étroit », justifie Laurent Joffrin. Et voilà la boucle bouclée. La fracture irrémédiable de la gauche est théorisée pour mieux tourner le dos à toute ambition de rupture réellement ancrée à gauche, tout projet de changement à vocation majoritaire.

En vérité, la « coalition » préconisée par Laurent Joffrin n’est que le énième recyclage d’une opération de recomposition qui vise la bipolarisation définitive de la vie politique, organisant, dans le cadre immuable du système capitaliste, l’alternance entre un bloc de droite ultra-libéral et un bloc démocrate à l’américaine. Evidemment, tout le débat sur les causes de la crise actuelle, sur les responsabilités politiques dans cette crise et sur la nature des solutions à mettre en oeuvre pour réussir un réel changement progressiste est évacué de cette construction. « L’après-Sarkozy sera aussi, on peut l’espérer, un après-crise », se contente d’écrire Laurent Joffrin sans jamais le démontrer. Et pour cause. Car sans rupture avec les logiques capitalistes, avec les convictions libérales de François Bayrou ou Dominique de Villepin, social-libérales de la majorité du PS, sans rupture avec les principes actuels du traité de Lisbonne, comment viendra la sortie de crise et où sera le changement réclamé par notre peuple ?

Cette grande coalition serait à coup sûr celle de l’échec. C’est d’ailleurs déjà cette même tentation qui a fait le lit de la victoire de Nicolas Sarkozy en 2007, permis le retour au pouvoir de Berlusconi en Italie. Allons-nous recommencer ?

On comprend pourquoi, dans ces conditions, l’élection européenne est évacuée du raisonnement. Car au coeur du choix européen figure précisément la question de savoir si on continue ou si on arrête avec les choix politiques qui ont conduit à la crise actuelle. Le Front de gauche pour changer d’Europe, dont l’initiative a été prise par le PCF, dérange parce qu’il ne rentre pas dans le cadre de telles recompositions. Il porte une condamnation claire de Nicolas Sarkozy et de sa politique. Il propose de rompre sans ambiguïté avec les choix libéraux de l’Union européenne. Il ouvre un espace politique de rassemblement prometteur pour l’avenir. En répondant présent tout à la fois sur le projet et sur l’ambition unitaire, il apporte une réponse pertinente aux urgences sociales et politiques qu’exprime le mouvement populaire. D’autres préféreraient voir les électeurs rater cette première marche et verser dans des chemins de traverse.

Voter Front de gauche le 7 juin, c’est déjouer ce piège, porter dans les urnes des propositions réellement alternatives aux choix libéraux mis en oeuvre en France et dans toute l’Union européenne, c’est refuser la désunion et ouvrir le chemin d’un nouvel espoir à gauche pour toutes les échéances à venir.

Comité Exécutif National du PCF

Paris, le 5 mai 2009

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