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Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

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Publié par David NOËL

Une fois n'est pas coutume, la lecture de l'édition d'hier du journal Le Monde aura réussi à nous faire pleurer de rire !
Il faut dire que le "point de vue" signé par les sénateurs Jean-Marie Bockel (PS), Alain Lambert (UMP) et le député (apparenté UDF) Christian Blanc contient tous les poncifs qui dominent la vie politique française depuis de nombreuses années...

A lire ce texte appelant les libéraux et les modérés de droite et de gauche à élaborer ensemble un manifeste pour la "modernisation" (libérale) de la France, on croirait presque entendre Alain Minc ou un autre de ces intellectuels médiatiques qui se sont fait une spécialité d'exiger des travailleurs des "sacrifices" (dont les patrons sont toujours exonérés) pour s'adapter à la mondialisation néolibérale.

Alain Minc et ses amis de la Fondation Saint-Simon, en leur temps, avaient l'ambition de fédérer les énergies de droite comme de gauche modérée pour faire triompher la pensée libérale.
Contre l'extrême droite et surtout contre la gauche de gauche, le "cercle de la raison" cher à Alain Minc devait rassembler les libéraux des deux bords autour d'un programme de "modernisation", c'est-à-dire, concrètement, de destruction des services publics et de réduction des droits des salariés.

Le texte grotesque de Jean-Marie Bockel, d'Alain Lambert et de Christian Blanc est de la même veine. Sans surprise, les trois auteurs déplorent que les caisses soient vides sans s'interroger sur les faramineuses réductions de cotisations dont bénéficient les entreprises du Cac 40, sans s'interroger sur les baisses d'impôts qui ont ciblé les catégories socio-professionnelles les plus favorisées.
Dénonçant la "démagogie et la lâcheté" qui consisterait à préserver les services publics, Jean-Marie Bockel, Alain Lambert et Christian Blanc se tressent eux-mêmes une couronne de lauriers, en hommage à "l'intelligence et au courage" de ceux qui veulent gérer les services publics comme des entreprises, privatiser et supprimer des postes de fonctionnaires.

Bockel, Lambert et Blanc espèrent recevoir le soutien des associations et des syndicats autour de leur programme de modernisation libérale. Nul doute que le MEDEF applaudira des deux mains leur projet. Il se trouvera peut-être même des syndicats assez sots pour s'asseoir à une table et négocier sur le rythme des réformes libérales (que les trois auteurs souhaitent brutales, car selon eux, la méthode des petits pas est vouée à l'échec).

Les électeurs de gauche ne s'y tromperont pas. Derrière le discours convenu sur les "réformes" et la "modernisation" qui exigeraient un rassemblement des hommes de bonne volonté de droite et de gauche, c'est bien le visage de la droite la plus réactionnaire et libérale qui se cache.
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eldiablo 05/07/2006 21:52

Pourquoi parler vous des "charges" des entreprises alors que ce sont des cotisations patronales. Quand on baisse  ces cotisations on baisse le salaire socialisé. Méfiez vous, même avec le langage les capitalistes marquent des points. 

David NOˋL 05/07/2006 22:01

Oui, vous avez parfaitement raison, je vais d'ailleurs corriger.