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Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

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Publié par David NOËL

C'est une grande victoire pour les syndicats étudiants lillois, qui s'étaient mobilisés contre la présence de l'OFUP sur les chaînes d'inscription à l'université Lille III.

L'OFUP, qui propose aux étudiants des abonnements à différents journaux et magazines n'aura plus accès aux locaux de Lille III et devra désormais s'installer à la sortie du métro Pont de Bois, comme nous le confirme La Voix du Nord d'hier.

Il faut dire que la présence de l'OFUP au sein de l'université était devenue un véritable scandale ; les jeunes vendeurs de l'OFUP, véritablement exploités, étaient payés à la commission et  pratiquaient bien souvent de la vente forcée : les nouveaux étudiants qui, le baccalauréat en poche, venaient s'inscrire à l'université, se voyaient proposer des abonnements à des magazines présentés comme "indispensables" pour réussir leur scolarité.

Les étudiants qui souscrivaient à des abonnements à Newsweek ou à l'Express se rendaient rapidement compte de la supercherie... Mais sur le moment, au milieu des stands institutionnels de l'université ou de la SNCF, beaucoup d'étudiants se laissaient convaincre par les arguments trompeurs des vendeurs de l'OFUP.

Pour plus de renseignements sur la nature et les agissements de l'OFUP, nous reproduisons ci-dessous un article paru sur le site internet de la Fédération Syndicale Etudiante.

Le scandale OFUP / Firstream : Appel aux présidents d’université
Pourquoi la présence de l’OFUP dans les universités n’est pas admissible

En 2005, au moins 12 universités (Aix Marseille I, Grenoble I et II, Le Mans, Montpellier I, II, III, Nantes, Paris IV, Poitiers, Rennes I et II), ainsi que des dizaines de lycées ont exclu purement et simplement l’OFUP de leurs locaux. D’autres, comme Paris I (http://oxygenefse.free.fr/jour/juillet2005/ofup-communique-7juillet.htm) ont limité les activités de l’OFUP. Toutefois, alors que des émissaires de lOFUP se livrent à un lobbying intense auprès des universités pour regagner le terrain perdu, nous sommes déterminés à poursuivre notre campagne jusqu’à l’interdiction totale de l’OFUP dans les universités.

La FSE (Fédération syndicale étudiante), qui enquête depuis un an sur les agissements de l’OFUP et de sa maison-mère Firstream, a rassemblé un très grand nombre de documents, articles, et témoignages sur ce sujet. Fruit de cette enquête marathon, cette synthèse interpelle les instances universitaires et explique pourquoi l’Office ‘Universitaire’ de Presse n’a pas sa place dans les établissements d’enseignement.

1972-2000 : Rappel sur l’histoire de l’OFUP et sa revente à Firstream

Depuis sa création en juillet 1972 par Jacques Stril et Alain Stoll, l’ESM (European Student Marketing) qui prendra en 1975 le nom d’Office Universitaire de Presse, a su s’imposer comme un acteur majeur de la vie étudiante avec une croissance spectaculaire de son chiffre d’affaire : 22 000 abonnements en 1972, 42 000 un an plus tard, 65 000 en 1975, pour se stabiliser ensuite à 400 000 abonnements (soit 20 millions d’euros de chiffre d’affaire annuel). Les créateurs de l’OFUP ont réussi une vraie prouesse : monter une entreprise commerciale extrêmement rentable au sein des locaux de l’Education nationale. La marque OFUP, connue par tous les étudiants, a bénéficié d’un statut d’exception dans la totalité des universités françaises. Depuis 1985, les lycées ont également ouvert leurs portes aux célèbres « courtiers ». Jusqu’en 2000, toute la communication de l’OFUP a consisté à donner une image institutionnelle, celle d’un quasi-service public. Des partenariats habiles (comme celui noué avec la CAMIF en 1992) ont entretenu ce mythe.

Ce succès économique va être mené jusqu’à son terme par les créateurs de l’OFUP, c’est-à-dire jusqu’à la revente. Non seulement les profits sont au rendez-vous pendant de longues années, mais les créateurs de l’OFUP vont réussir un joli coup en revendant à prix d’or leur entreprise. Cette revente s’est faite en coulisse, sans en avertir les instances universitaires. Au mépris de toute considération éthique et en l’absence de toute transparence, l’OFUP sera cédée, comme une entreprise lambda, au plus offrant (un certain Jean-Christophe Chopin) pour la bagatelle de 35 millions d’euros ! Cette opération financière juteuse, qui n’a évidemment pas profité aux finances des universités, va permettre la rencontre improbable de deux univers que tout – en principe – devrait opposer : celui des campus universitaires et le monde des start-up. En effet, M. Chopin est le PDG d’une mystérieuse holding nommée Firstream…

Les origines financières de Firstream

Firstream est une structure opaque de dimension internationale, basée à Genève et détenue pour partie par des milliardaires états-uniens (comme Lou Gonda, actionnaire principal de l'OFUP, classé parmi les plus grosses fortunes de son pays). Son président créateur, M. Chopin, a fait fortune en spéculant sur le marché des nouvelles technologies lors de la période faste de la bulle Internet. Des plus-values boursières, comme lors du rachat et de la revente de la licence E-trade (un site marchand en ligne), lui ont permis des gains gigantesques (voir par exemple http://www.journaldunet.com/0205/020522firstream.shtml). M. Chopin n’en était d’ailleurs pas à son premier coup d’éclat dans le monde étudiant : il s’était précédemment illustré en profitant des montages financiers de la MNEF, quand il était le tout jeune animateur du groupe privé Figeris (http://www.lexpress.fr/info/france/dossier/mnef/dossier.asp?ida=112349).

C’est dans cette euphorie spéculative que Firstream rachète, en plus de l’OFUP, de nombreuses marques et entreprises liées à Internet (comme le fournisseur d’accès Orêka ou Assuronline). Toutes ces entreprises, aujourd’hui mourantes ou décédées, ont été rachetées par Firstream dans un seul but : vendre des produits à forte marge dans les universités et les lycées par le réseau étudiant OFUP. Cette stratégie vise à la commercialisation du « Firstream Pass », un module de paiement sécurité sur Internet (voir le site de Firstream : https://fr.firstream.com/Firstream/FirstreamPass.aspx). Bref, il est à peu près aussi crédible de penser que le rachat de l’OFUP par Firstream était mû par la vocation de faire découvrir, par des conseils avisés, la presse aux étudiants, que de penser que ce même groupe a choisi la Suisse comme pays d’accueil de son siège social, par passion pour les chants tyroliens et les grands espaces !

Les golden boys de Firstream vont pendant des années, et en toute impunité, jouer aux apprentis sorciers du e-business sur les campus français. Il est incroyable qu’aucune direction d’université n’ait encore exigé un audit des pratiques de la nébuleuse Firstream qui, derrière l’opacité de la fiscalité suisse, a brassé des dizaines, voire des centaines de millions d’euros. En effet, cette manne financière, loin de bénéficier aux étudiants, sera dilapidée, via les cadres dirigeants de l’OFUP, dans des opérations commerciales grotesques.

Des pieds nickelés de la vente en ligne à l’assaut du monde étudiant

Conformément à la stratégie de Firstream, le réseau OFUP a commercialisé, sans la moindre autorisation, des produits « hors presse » et notamment des produits liés aux télécommunications : packs Universal Music Mobile (2001), accès Internet Orêka (2002), abonnements dont le partenariat est négocié en 2004, qui sera ensuite bombardé PDG de l’OFUP après le départ de son compère Jean-Christophe Chopin.

De la même manière, le pôle « produits financiers » du programme OFUP profite de la présence du réseau de vente étudiant sur les universités pour vendre, en sous-main, des assurances et des produits bancaires (BNP, Covefi, ou Axa : voir le dossier détaillé de l’opération Axa Banques sur le site Internet de la FSE Paris 1 : http://oxygenefse.free.fr/jour/decembre2005/axa.htm)

Cette logique de marchandisation de l’université est poussée à son comble lors de la vente de campagnes d’affichages pour le compte d’entreprises privées comme Gillette ou L’Oréal (cf. par exemple http://oxygenefse.free.fr/jour/juin2005/ofup-complements.htm). Firstream, par le réseau des afficheurs OFUP (les « diffuseurs locaux »), vend les murs des universités françaises comme un simple espace publicitaire (40 000 euros par vague d’affichage). On pourrait multiplier la liste des produits « hors presse » vendus illégalement par l’OFUP : en 2000, promotion du site marchand icicampus ; début 2004, vente du service en ligne « FirstUp » ; toujours en 2004, la collecte du Firstream Pass auprès des lycéens et étudiants ; depuis 2003, des campagnes à répétition d’abonnements à Canal +, etc.

Une politique salariale basée sur la sur-exploitation des étudiants et l’enrichissement des cadres dirigeants

De nombreux responsables universitaires pourraient hésiter à exclure l’OFUP par peur de priver leurs étudiants d’emplois saisonniers attractifs. Les directeurs régionaux OFUP–Firstream, lors de leurs actions de lobbying, culpabilisent les présidents d’université sur le thème : « Si vous nous interdisez la présence sur les chaînes d’inscription, vous mettrez des étudiants au chômage ». Cet argumentaire est écoeurant : des dirigeants d’entreprise sans scrupule cherchent à exploiter les réelles difficultés financières des étudiants pour faire accepter l’inacceptable. Heureusement, ce type d’argumentaire – ou plutôt de chantage – a ses limites : les étudiants l’ont montré en balayant le CPE.

Tout le système de rémunération OFUP–Firstream est une gigantesque arnaque : alors que les étudiants saisonniers, rémunérés exclusivement à la commission, sont sous-payés (cf. par exemple un témoignage d’étudiant : http://oxygenefse.free.fr/jour/juin2005/temoignage-ofup-x.htm), les cadres commerciaux bénéficient de salaires et d’avantages considérables. En clair, pendant que les petits « courtiers » triment pour toucher un salaire de misère, des opportunistes se partagent les millions versés par MM. Chopin et Gonda.

Grâce à la collecte de nouveaux témoignages d’étudiants, la FSE va très bientôt publier un article complet sur cette politique de rémunération. Pour enrichir cette enquête, MM. Yann Sougey (directeur du réseau depuis 2004), Philippe Charaix (PDG depuis 2005), et Sean Farrell (directeur marketing, le consultant attitré de Lou Gonda), pourront, s’ils le souhaitent, rendre public leurs bulletins de paie et leur avis d’imposition, et ainsi faire connaître leurs salaires et avantages aux étudiants et personnels de l’université. Cela permettra de faire une comparaison avec les jobs étudiants OFUP, et également de prouver « l’amour de la presse » et la philanthropie qui animent les dirigeants actuels de l’OFUP–Firstream. Le nouveau slogan « L’OFUP : la presse au service des étudiants » ne devrait-il pas être légèrement amendé : « l’OFUP : tous les moyens sont bons pour nous engraisser sur le dos des étudiants » ?

Le marché de dupe passé avec les universités

Les universités apportent un environnement exceptionnel pour les ventes de l’OFUP : des espaces d’affichage réservés, des salles pour organiser des réunions commerciales, des tables et des chaises de l’université pour monter les stands de vente, etc. Au-delà de ces avantages matériels, la présence des vendeurs à l’intérieur même des chaînes d’inscription légitime leur discours aux yeux des clients potentiels (les étudiants). En autorisant les ventes de l’OFUP au sein de leurs locaux, les directions d’université apportent une caution morale et une image institutionnelle à cette entreprise. Très souvent, les autorisations de présence dans les facultés sont formalisées contractuellement par des conventions assorties d’un accord d’exclusivité au bénéfice de l’OFUP. Des conventions, tacitement reconductibles, que l’OFUP a bafouées maintes et maintes fois.

Pour justifier leurs privilèges, les cadres de l’OFUP–Firstream multiplient les promesses et les beaux discours : ils voudraient faire croire que la présence de l’OFUP est avantageuse pour le monde universitaire. La réalité est toute autre : en guise de « vente-conseil », les courtiers OFUP, qui se présentent comme « mandatés par l’Education Nationale », pratiquent une vente forcée de « packs », composés de 3 revues « obligatoires pour réussir à la fac ». Pour le détail de la technique de vente, on consultera le lien suivant : http://nantes.indymedia.org/article.php3?id_article=6222 ; sur les packs proposés en juillet 2005, on se reportera au lien suivant : http://oxygenefse.free.fr/jour/juin2005/ofup-complements-2.htm.

Les universités et les lycées ont-ils vocation à servir de faire valoir à ces méthodes honteuses ? Pendant combien de temps les universités françaises vont-elles continuer à donner un blanc-seing à ces individus ? Quelle image du monde universitaire est donnée aux nouveaux étudiants quand les vendeurs OFUP–Firstream distribuent des « packs ambition » à 150 euros, des produits Axa-Banques ou des abonnements 9-Telecom de M. Charaix ? Il appartient aux responsables de l’éducation nationale de sanctionner ceux qui sont responsables de ces agissements, c’est-à-dire la direction de l’OFUP–Firstream. Ce scandale n’a que trop duré : en mettant toutes nos informations à portée de qui veut savoir, il n’y a plus d’excuse valable pour prolonger le statut d’exception de l’OFUP dans les universités.

Les valeurs universitaires bafouées par l’OFUP–Firstream

« Les méthodes de l’OFUP ne sont pas compatibles avec le fonctionnement du service public, basé sur la transparence » : cette phrase de Pierre Merle, vice-président de Montpellier II (article du Midi Libre du 12 mai 2005), rappelle la nécessité d’une réaction forte face à l’abus de confiance dont a été victime le monde universitaire.

L’Université, lieu de culture et de savoir, s’est construire depuis ses origines sur des principes qui la protège des intérêts des marchands. Déjà dans la Grèce ancienne, l’Académie de Platon et le Lycée d’Aristote se sont construites en réaction et en opposition aux écoles de sophistique. Les sophistes y enseignaient la rhétorique (art de séduire par la parole) et la chrématistique (art de la vente et de l’acquisition des richesses). Les dirigeants de l’OFUP sont, de façon caricaturale, les successeurs des sophistes, prêts à utiliser toutes les ficelles marketing pour vendre leur camelote.

Mesdames et Messieurs les Présidents d’Université, vous êtes les garants des valeurs de l’institution universitaire. Il est de votre devoir de demander des comptes et d’exiger un audit de ces pratiques. Le député Maxime Gremetz a récemment adressé une question écrite au ministre de l’Education nationale, M. De Robien, sur ce sujet (cf. http://oxygenefse.free.fr/jour/janvier2006/OFUP-gremetz.htm). Les présidents d’université ont évidemment leur rôle à jouer dans ce dossier en prenant la décision d’interdire la présence de l’OFUP sur leur université.

La FSE tient à disposition l’ensemble des documents internes et supports marketing de l’OFUP qui ont servi à la construction de ce dossier : demande à formuler à OXYGENE–FSE, 90 rue de Tolbiac, Centre Pierre Mendès France, Université Paris I, 75013 Paris, oxygenefse@free.fr ; par ailleurs, nous vous invitons à consulter l’éclairage que donne l’université de Nantes sur l’exclusion de l’OFUP :
http://www.univ-nantes.fr/servlet/com.univ.utils.LectureFichierJoint?CODE=1120831834161&LANGUE=0


On consultera avec profit l’intégralité de notre dossier public : http://oxygenefse.free.fr/ofup.htm

Sources qui ont permis la constitution de ce dossier

Documents internes confidentiels : Canal +, Axa-Banques, Techniques de vente, contrats de travail, notes de service internes

Supports de vente du réseau : plaquettes sur les produits « hors presse », packs « réussite » ou « ambition », support d’animation des réunions OFUP–Firstream

Témoignages d’étudiants vendeurs et clients

Articles de presse :

– L’Hebdo (Nantes) du 5 novembre 2004 : « OFUP, chronique d’une mort programmée »
– France 3 Ouest du 2 mars 2005 : reportage sur les pratiques de l’OFUP
– Ouest France (Nantes) du 17 mars 2005 : « Un marchand chassé de l’université »
– Les Echos du 1er avril 2005 : « Philippe Charaix : un pro des Telecoms pour l’OFUP »
– Ouest France (Caen) du 21 avril 2005 : « Les syndicats alertent la présidence sur des pratiques déplacées »
– Midi Libre (Montpellier) du 12 mai 2005 : « L’OFUP viré des universités »
– Le Progrès (Saint Etienne) du 1er septembre 2005 : « Polémique autour des abonnements de presse »
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Commenter cet article

Chak's 04/07/2008 18:17

Bien sur oui, éliminons un peu plus le savoir, la culture, et les idées véhicules par ces magazines pour éliminer définitivement notre exprit critique de cette société sous des pretextes bidons !!!