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Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

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Publié par David NOËL

logo-ps.pngLa Voix du Nord nous apprend ce matin que la lettre de la dernière chance envoyée par Daniel Duquenne à François Hollande pour lui demander de désavouer les initiatives de la Fédération socialiste du Pas-de-Calais visant à réintégrer Gérard Dalongeville, a toutes chances de rester sans réponse.

C'est en effet la signature de François Hollande lui-même qui figurerait sur les cartes des adhérents de la nouvelle section radicale-socialiste du PS. Autant dire que le Premier Secrétaire du Parti Socialiste a donné raison à la Fédération socialiste du Pas-de-Calais aux dépens de Daniel Duquenne. Ou quand un parti politique punit la fidélité et récompense le pragmatisme...

Par la même occasion, on apprend que Gérard Dalongeville va inviter Jack Lang et Ségolène Royal à Hénin-Beaumont...

Contrairement à une idée répandue, il ne faudrait pas réduire les divergences qui opposent les chefs socialistes entre eux à des querelles de personnes ; le PS est profondément divisée entre son aile antilibérale incarnée par des militants courageux comme Marc Dolez, Gérard Filoche, voire Henri Emmanuelli, Jean-Luc Mélenchon et Arnaud Montebourg et son aile sociale-libérale.
Les projets politiques des uns et des autres sont profondément différents ; d'un côté les antilibéraux du PS restent fidèles aux valeurs de la social-démocratie, de l'autre, les habitués des plateaux de télévision que sont Dominique Strauss-Kahn, Jack Lang ou Ségolène Royal se sont convertis à une forme de politique-spectacle qui rappelle le Parti Démocrate américain et le New Labour britannique, une politique qui ne remet aucunement en cause le capitalisme néolibéral.

Dans ces conditions, le choix d'inviter des "têtes d'affiche" comme Jack Lang et Ségolène Royal (deux partisans du Oui au TCE, faut-il le rappeler ?) est pour le moins contestable. On ne sait pas trop ce que les militants de la nouvelle section radicale-socialiste héninoise retireront de leur venue à Hénin-Beaumont... Peut-être un exemple à ne pas suivre de starification de la vie politique délivré par des maîtres en la matière ?
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eldiablo 05/08/2006 21:14

Sans doute Filoche, valeureux inspecteur du travail, ce n'est pas Lang, Royal ou Hollande. Il reste que, membre du PS (pour des raisons qui lui appartiennent) il est, , qu'il le veuille ou non d'ailleurs, un "instrument" du "ratisser large"  du PS.

eldiablo 05/08/2006 20:55

Je crains un malentendu sur le mot : "centre" .Dans mon commentaire ci-dessus, quand je dis "centre" je pense Bayrou et UDF (c'est à dire comme on l'entend aujourd'hui dans la vie politique française) ...et pas Longuet ou Kautsky. Donc Emmanuelli et Mélenchon font des risettes à l'électorat situé à gauche du PS (par exemple :électorat PCF voir LCR) et Lang et Royal courtisent l'électorat situé à droite du PS (par exemple électorat UDF) mais ils poursuivent le même objectif : arriver au pouvoir pour gérer loyalement les affaires du capitalisme.

David NOËL 05/08/2006 21:08



J'avais bien compris et je suis en partie d'accord avec vous. Même Emmanuelli et Mélenchon se sont ralliés à la synthèse...
Sur la répartition des rôles au sein du PS, le fait que certains servent de caution de gauche alors que les autres draguent les milieux d'affaires, je suis tout à fait d'accord.
Aujourd'hui, le PS ou en tout cas les courants majoritaires qui le dirigent servent loyalement le capitalisme.

Mais ce n'est pas le cas de tous les courants. Pas celui de Dolez et Filoche par exemple. Je pense qu'une petite partie minoritaire du PS n'est pas sociale-démocrate mais appartient au même titre
que le PCF, la LCR et le mouvement altermondialiste à une gauche anticapitaliste qu'on pourrait qualifier de "centriste" au sens léniniste du terme qui a une certaine unité idéologique à défaut
de se retrouver dans la même organisation.



eldiablo 05/08/2006 18:35

En fait chacun à son rôle au sein du PS: les uns ratissent à "gauche" et les autres au "centre" mais les sociaux démocrates restent FONDAMENTALEMENT les "gérants loyaux du capitalisme" (dixit Blum)...Oubliez cette constante c'est se préparer à vivre de nouvelles désillusions...

David NOËL 05/08/2006 19:31



Oui, je suis assez d'accord.

Pour aller plus loin, disons qu'à mon sens, le mouvement ouvrier d'aujourd'hui se compose de trois grands courants : un courant révolutionnaire (trotskyste ou marxiste-léniniste), un courant
social-démocrate et réformiste et entre les deux ce que Lénine qualifiait de "centristes" en visant Kautsky et Longuet.

Le PSU a été le plus emblématique des partis "centristes" du mouvement ouvrier français.

Je considère le PCF d'aujourd'hui, comme la LCR, comme le courant Dolez-Filoche du PS comme des courants "centristes" : ni révolutionnaires au sens léniniste du terme, ni sociaux-démocrates. Je
combats politiquement ceux qui voudraient transformer le PCF en un parti social-démocrate mais aussi les partisans d'un repli sectaire.

C'est une opinion qui n'engage que moi - et vous savez que je viens du mouvement altermondialiste - mais à mon sens, le "centrisme" peut être aujourd'hui majoritaire à gauche (le succès du non au
référendum du 29 mai a montré qu'il pesait au moins 20-25 % des voix) et le PCF est le parti le mieux placé pour l'incarner et porter un réformisme radical et révolutionnaire.
Les mesures d'urgence du programme issu de notre XXXIIIe congrès sont des mesures d'inspiration réformiste et keynésienne, mais elles s'appuient sur une visée qui reste révolutionnaire.



eldiablo 04/08/2006 19:32

Pensez vous vraiment que Dolez, Emmanueli et Mélenchon militent efficacement pour la remise en cause du capitalisme fusse t-il "néolibéral"?

David NOËL 04/08/2006 19:36



Plus que Lang et Royal, en tout cas !