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Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

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Publié par David NOËL

Mercredi 8 Mai 2002, comme chaque matin, à la même heure et suivant le même trajet, le bus, facilement identifiable de la Pakistan Navy, a pris en charge les ouvriers et techniciens de la DCN devant l’hôtel Avary, où plusieurs d’entre eux séjournaient, avant de se rendre devant l’hôtel Sheraton où résidaient les autres expatriés.

Tous devaient être acheminés vers l’arsenal de Karachi où ils travaillaient à l’assemblage du 3ème sous-marin Agosta vendu par la France au Pakistan.

Une Toyota Corolla se place à côté du bus tandis que les portes se referment. A 7h45 (heure locale), la voiture du kamikaze explose faisant 14 morts, dont 11 français, et 12 blessés.

Plus de sept ans après les faits, la piste d'Al Qaeda s'évanouit et les soupçons se tournent vers une partie de l'appareil militaire pakistanais qui aurait voulu donner une leçon à la France suite à l'arrêt du versement de rétrocommissions sur la vente de sous-marins dans le cadre du contrat Agosta, des rétrocommissions qui auraient  en particulier permis de financer la campagne présidentielle d'Edouard Balladur, dont le bras droit n'était autre que Nicolas Sarkozy, alors ministre du budget.
Persuadé que les mirobolants marchés de la DCN avaient alimenté le trésor de guerre politique de ses adversaires balladuriens, Jacques Chirac, au lendemain de son élection de 1995, aurait ordonné d'annuler les commissions prévues sur ces contrats.

Solidaire des familles des victimes, la section PCF d'Hénin-Beaumont s'associe à la campagne pour obtenir toute la vérité sur le Karachigate et met en ligne la pétition pour demander la vérité au président Sarkozy.



En Avril 2008, l’ensemble des familles de victimes de l’attentat du 8 Mai 2002 à Karachi était reçu, par le Président Nicolas SARKOZY alors qu’une instruction était en cours au Tribunal de Grande Instance de Paris depuis plusieurs années.

Il s’était alors engagé à nous informer des avancées de l’enquête et à nous recevoir chaque année pour nous assurer de la volonté de l’Etat français que toute la vérité et la lumière soient faites sur cet acte criminel odieux.

A la suite des révélations parues dans plusieurs grands quotidiens nationaux courant décembre 2008, nous avons souhaité être à nouveau reçu par le Président de la République à l’Elysée comme il s’y était engagé.

Le 20 Janvier 2009, Le Chef de l’Etat nous fit savoir de manière stupéfiante, par l’un de ses plus proches conseillers, qu’il ne pouvait faire droit à cette demande puisqu’« en application du principe constitutionnel de séparation des pouvoirs, le chef de l’Etat ne peut intervenir dans le cours d’une procédure judiciaire ».

C’est à se demander si ces mêmes principes n’étaient pas présents à l’esprit du Chef de l’Etat lorsqu’il nous avait reçus en Avril 2008.

Face à notre incompréhension, nous avons réitéré notre demande d’être reçu par le Chef de l’Etat le 8 mai 2009, cette requête est restée sans réponse à ce jour et pour cause….

En effet, le 18 Juin 2009, lors de notre rencontre à Cherbourg avec les Juges d’Instruction en charge de l’information, ceux-ci nous informaient notamment du fait que le mobile de l’attentat pouvait être lié à l’arrêt du versement de commissions du fait de l’existence de rétrocommissions illicites en relation avec la vente de sous-marins au Pakistan. Cette décision de ne plus honorer la parole de la France ayant été prise sous la Présidence de Monsieur Jacques Chirac.

Le lendemain, soit le 19 Juin 2009, le Président Nicolas Sarkozy déclarait en réponse à une question d’un journaliste de l’AFP : « C’est ridicule […] C’est grotesque […] Qui peut croire à une fable pareille ? ».

Nous demandons instamment au Chef de l’Etat de tenir ses engagements à notre égard et de nous recevoir afin qu’il réitère la volonté solennelle de l’Etat français que rien ne viendra s’opposer à la recherche de la vérité et que le crime de nos proches ne restera pas impuni.

Soutenez nous en signant la pétition ici :
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