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Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

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Publié par David NOËL

En décembre dernier, un étudiant à l'IEP de Lille prenait contact avec moi dans le cadre de la rédaction d'un exposé intitulé : "le métier d'enseignant constitue-t-il une ressource pour l'entrée en politique ?". Je me suis prêté bien volontiers à l'exercice de l'entretien qui a eu lieu un jeudi après-midi, en mairie, durant ma permanence, au bureau des adjoints.
L'entretien s'est déroulé le 11 décembre dernier, à un moment où je ne participais déjà plus aux bureaux municipaux dont j'avais été exclu dès le mois de septembre.
Pour ceux qui auraient encore eu des doutes sur mes rapports avec Gérard Dalongeville, les quelques extraits que je reproduis ci-dessous devraient être plutôt éclairants.


Le métier d’enseignant constitue-t-il une ressource pour l’entrée en politique ? »
(Réalisation d’un entretien, analyse et retranscription).

[...] Le personnage que nous avons interrogé s’appelle David Noël, il est âgé de 28 ans et occupe, au moment de l’entretien réalisé le jeudi 11 décembre 2008, le poste d’adjoint au maire à la culture de la commune d’Hénin-Beaumont. Il occupe ce poste depuis les dernières élections municipales de Mars 2008, il s’agit de son premier mandat dans une municipalité. Il est aussi Conseiller communautaire de la Communauté d’Agglomération d’Hénin-Carvin (CAHC), membre de la Commission culture. Il est membre du secrétariat de la fédération du Parti Communiste du Pas-de-Calais, ainsi que secrétaire de la section municipale, mais également membre d’ATTAC et de la Ligue des Droits de l’Homme. Il est, en dehors de la politique, enseignant d’histoire-géographie en collège. Il continue à exercer à temps plein son métier parallèlement à son poste d’adjoint.

Notre enquêté, bien qu’il soit relativement jeune, a déjà derrière lui une carrière politique et militante importante. C’est surtout à l’occasion de ses études qu’il va commencer à faire de la politique par lui-même. D’abord en se rapprochant d’associations actives, comme ATTAC, de la « mouvance antilibérale » , lors de sa présence, pendant trois ans, en prépa littéraire à Douai. Après cette période douaisienne, notre enquêté s’inscrit en maîtrise d’histoire à l’université de Lille 3, et c’est là que son activité politique prend son essor. Il se syndique à l’UNEF, et par ce biais se présente aux élections du Conseil de Faculté de la faculté d’histoire et y est élu. C’est son premier mandat électif. Malgré cette « réussite électorale », il en vient à participer à la création, avec « une poignée de camarades »  d’un nouveau syndicat, SUD-étudiant, à Lille 3. Traditionnellement, on distingue le syndicat SUD de l’UNEF du fait de sa moindre inféodation aux partis politiques (notamment le Parti Socialiste) et de son organisation interne moins « bureaucratique ». Entouré des mêmes personnes, il participe à la création d’un journal « altermondialiste » étudiant, le Bretzel, et y écrit des articles « politiques ». En 2003, il signe l’appel Ramulaud qui promeut les pratiques démocratiques et veut rompre avec les pratiques électorales classiques, notamment celles du Parti Socialiste. Il est également membre de la Ligue des Droits de l’Homme  et de l’association ACRIMED pour laquelle il écrit des articles. Dans le cadre de son métier d’enseignant, il est également syndiqué au SNES et est élu à ce titre au Conseil d’administration du collège où il exerce.

Enfin, à la fin de l’année 2004, notre enquêté se rapproche du Parti Communiste, y prend sa carte, devient membre et anime une section communale, celle d’Hénin-Beaumont, et par la suite devient adjoint PCF à la culture lors des élections de mars 2008.

[…]

La présence au poste d’adjoint à la culture de notre enquêté relève de son parcours politique plus que de son métier d’enseignant.

L’inscription sur la liste électorale n’est pas, et c’est là la cause de la situation « tendue » dans laquelle se trouve notre élu aujourd’hui, le fruit de relations privilégiées avec le maire et son équipe, mais bien le résultat d’un jeu partisan d’alliance :

«  […] vous êtes un peu son « adjoint forcé » quoi ?
Oui, parce que j’étais incontournable. Il ne m’a pas choisi… » (question n°14, p.13)

Il faut rappeler, pour contextualiser l’arrivée à la mairie de notre enquêté, que les élections municipales de 2008 à Hénin-Beaumont relevaient d’une confrontation extrêmement violente entre la gauche et le Front National, puisque Marine Le Pen, fille du leader, se présentait sur une liste dans cette ville avec la ferme intention d’en faire son fief, confortée en cela par les bons résultats du FN lors des précédentes élections. La victoire de la gauche était donc impérative (dans l’optique des personnes ayant réalisé la liste) pour la ville, mais les problèmes financiers liés à la mauvaise gestion des fonds publics posaient problème quant à la réélection de Gérard Dalongeville uniquement sur son bilan. La gauche devait donc se réunir et présenter une liste commune afin d’obtenir le plus possible de voix et battre le FN, tout en maintenant Gérard Dalongeville et une partie de son équipe pour leur notoriété. C’est dans ce cadre que d’âpres négociations ont eu lieu entre les principaux partis de gauche (PCF, les Verts, MJS, PRG et MRC) et Gérard Dalongeville par l’intermédiaire de Marie-Noëlle Lienemann (PS) pour la constitution d’une liste.

Notre enquêté s’est encarté au PCF à la fin de l’année 2004. À cette époque, il est déjà membre de la LDH, il milite à ATTAC, il vient de signer un appel pour l’évolution démocratique de la gauche, achève ses études et rentre à l’IUFM. Il va rester « simple militant » pendant deux ans, le temps pour lui de l’IUFM et en 2006, il va devenir secrétaire de section et prendre la tête du PCF sur Hénin-Beaumont. Cette implantation locale est intéressante du fait de son importance (Hénin-Beaumont fait partie du bassin minier, territoire important dans l’histoire du PCF) et de sa rapidité (deux ans ont suffi). Elle s’explique d’une part du fait de l’ancienne secrétaire de section qui a favorisé son accession à ce poste, il utilise les termes « conseillé » et « entouré» , et d’autre part, il faut rappeler que le PCF est un parti qui vit une forme de déclin, notamment dans le faible renouvellement de ses effectifs.

[…]

Ainsi donc après l’accession à ce poste, notre enquêté est devenu l’incarnation locale du PCF : « Dans la vie politique municipale j’étais devenu incontournable ». C’est à ce titre qu’il est devenu le candidat PCF pour les élections municipales de 2008 à Hénin-Beaumont. Le moment du choix des postes sur la liste est lui aussi éminemment politique. Bien que notre enquêté, par son activité d’enseignant, soit a priori à l’aise aux affaires culturelles, dans le cas précis de la municipalité d’Hénin-Beaumont, le choix s’est fait sur d’autres critères que sur l’adéquation entre activité professionnelle et portefeuille municipal.

« […] j’avais demandé le sport ou la culture, un poste qui soit visible et traditionnellement occupé par des communistes, l’idée c’est d’être au contact de la population évidemment.» (question n°15, p.13)

Tout d’abord, le poste d’adjoint à la culture est, à ses dires, traditionnellement occupé par un élu communiste, mais c’est également pour une question de visibilité politique qu’il le désirait. Il faut garder à l’esprit que cet élu n’est pas indépendant, mais bien un représentant du PCF et qu’il prend son rôle très à cœur. On peut d’ailleurs analyser ce dévouement à son parti comme la contrepartie implicite à sa carrière rapide en son sein.

[…]

Il faut continuer notre analyse en insistant particulièrement sur les effets causés par la façon dont notre élu a pu obtenir son poste. Tout d’abord, les relations qu’il entretient avec le maire et une partie de l’équipe municipale sont exécrables. D’une part parce que son élection s’est faite sur le principe de remplacement d’élus communistes défaillants mais centraux dans l’équipe municipale (qui sont d’ailleurs restés en poste), et d’autre part parce que la liste sur laquelle il se trouvait n’était que le résultat de luttes partisanes acerbes pour le contrôle de la ville et non pas sur le ton plus habituel du consensus et de la cohérence de la gestion municipale.

Paradoxalement, bien qu’il occupe le poste d’adjoint au maire, notre enquêté n’est ni de sa couleur politique, ni de son avis sur la conduite à tenir face aux déficits qui deviennent chroniques de la commune. Le maire aurait pu, comme il l’a fait pour l’élu MJS lui aussi adjoint (à la formation), retirer sa délégation à David Noël, néanmoins, il n’a pas pu le faire étant donné que cet acte aurait signifié la rupture avec le PCF, ce que le maire ne pouvait se permettre.

L’activité de l’adjoint au sein de la mairie se résume donc à des relations avec son administration et à des actions menées indépendamment du maire. Dans le cadre de l’entretien, les seules relations avec le maire décrites étaient des relations conflictuelles et « stériles », puisque les réunions municipales sont qualifiées par notre enquêté de « tribunal politique »  et que, très vite, l’adjoint s’en est vu refuser l’accès .

[…]

On pourrait penser que le métier d’enseignant de notre enquêté lui aurait permis d’ouvrir le dialogue avec le maire, puisqu’il jouerait alors le rôle d’un expert sur les questions de l’enseignement. Or, cette relation ne s’installe pas du fait de la forte présence dans l’équipe municipale d’enseignants : selon ses dires, on en compte cinq. Or, ces personnes sont beaucoup plus proches du maire que ne l’est notre enquêté, et de plus, le fait qu’il travaille en collège le coupe des préoccupations municipales centrées sur les écoles primaires et maternelles. Même à ce titre, notre enquêté n’a donc aucune relation avec le maire.

Conclusion :

Il semble ainsi que la socialisation primaire de notre enquêté lui a donné un goût très prononcé pour la politique, pour le mouvement ouvrier et pour « l’expression idéologique ». Durant toute la vie de l’enquêté telle qu’il nous la raconte, on remarque un souci permanent d’aller à contre-courant, de « redresser les torts », et surtout, de s’exprimer pour propager l’idéologie à laquelle il croit profondément. […]

Son entrée au PCF semble correspondre à un besoin d’action, puisqu’il était jusque là plus habitué aux mobilisations collectives hors des cadres électoraux (à travers les associations), et constitue pour lui le passage à l’étape supérieure : « fin 2004 j’ai décidé de sauter le pas et d’adhérer au Parti Communiste ». Puis, du fait de sa rapide carrière au sein de ce parti, il devient incontournable, est inscrit « de force » sur la liste électorale d’union de la gauche qui gagne les élections, et devient adjoint. On l’a vu au cours de l’analyse, l’obtention de ce mandat n’est pas du tout planifiée au regard du métier d’enseignant de notre enquêté.

En d’autres termes, on peut, dans ce cas précis, expliquer le métier d’enseignant avec les mêmes déterminants que le métier politique (goût pour l’expression, idéologie, socialisation, etc). Les deux carrières menées de front par notre enquêté sont basées sur le même ressort : la bataille idéologique. Il n’y a donc pas de lien de causalité ou de facilitation entre le métier d’enseignant et l’accès aux mandats électifs. Par contre, il faut noter que dans l’exercice quotidien du mandat d’adjoint à la culture, le fait d’être perçu comme un intellectuel par des interlocuteurs qui le sont aussi constitue une ressource qui facilite les interactions, bien que cette perception puisse être remise en cause. Néanmoins, dans le cas précis de notre enquêté, l’accès au poste d’adjoint ne s’est pas fait sur ces critères. Donc cette analyse tendrait à montrer que le métier d’enseignant ne constitue pas toujours une ressource politique pour l’élection.
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Hemingway 17/08/2009 17:52

Vous avez un parcours riche et intéressant Cimares ! Je ne demande qu'à le débuter, "ici" (si possible) ou ailleurs !! En attente de réponse(s)... Professionnellement, je ne vise pas les concours de la fonction publique mais le temps passant...Je connais mal les protagonistes de la vie politique héninoise. Je ne m'intéresse aux blogs héninois que depuis l'élection partielle et "anticipée" de 2009. Et j'apprends beaucoup de choses sur les excellents blogs de D. Noel et d'A. Alpern, blogs à la fois (im)pertinents et (très) bien écrits. Je suis tellement consterné par ce qui se passe à Hénin-Beaumont, ma ville natale et de coeur, que je me suis permis de participer à ces blogs, du moins à celui de M. Noel, en essayant de donner des points de vue "extérieurs", c'est-à-dire sans connaissance de tous les tenants et aboutissants. Je m'intéresse beaucoup aux significations des votes, à la perception des candidats, à l'analyse "médiatique" des discours. Je maîtrise moins le "concret" et surtout les histoires personnelles pour accéder au pouvoir (que de rebondissements à H-B !). Je manque un peu de bouteille et d'expérience sur le terrain pour comprendre totalement le contexte héninois ! Mes avis ne sont jamais définitifs (encore heureux !), j'essaie simplement de comprendre ! Ce qui est bien avec ces tous ces blogs, c'est que l'on a des sons de cloche différents. Ce qui est passionant en terme d'analyse du discours et des stratégies politiques. Ce qui est désolant d'un point de vue "pratique" pour la Ville d'Hénin-Beaumont, moteur de l'Agglo...    

cimares 17/08/2009 15:31

Une agglomération que je connais bien pour y avoir oeuvré près de 10 années, cher Hemingway. Inutile de vous préciser que j'ai cotoyé nombre de protagonistes qui font la gloire des blogs héninois.C'est cette culture acquise ici, en complément de l'héritage d'une carrière professionnelle qui m'a conduit à regarder de près les comportements des uns et des autres à travers le pays et l'outre-mer. Le hasard de la vie professionnelle a voulu qu'après des études à l'IEP de Strasbourg et en droit à l'université de Picardie, j'en suis venu à passer le premier concours d'attaché d'administration territoriale en 1979, alors que j'étais à l'Ile de la Réunion . C'est à cette époque que j'ai choisi la fonction publique territoriale, délaissant la Poste où je venais d'obtenir le concours d'inspecteur.J'ai ensuite fait un parcours professionnel a travers la France et ai suivi les diverses formations dispensées par le CNFPT (autrefois le CFPC) qui m'ont permis de décrocher ensuite le grade d'administrateur territorial. Vous comprendrez ainsi les raisons qui amènent parfois à connaître ce dont on parle. Serait-il surprenant de vous dire que la période la plus pénible fut celle durant laquelle j'ai travaillé dans le secteur d' Hénin-Beaumont ? que c'est là où j'ai rencontré un vrai mépris à l'égard de fonctionnaires teritoriaux par certains élus qui n'avaient jamais considéré qu'on puisse rappeler quelques fondamentaux juridiques. Et poutant, ce n'était pas une terre étrangère puisque j'y puise mes racines et que j'avais accepté d'y travailler, imaginant que le monde de la territoriale y avait évolué comme sur le reste du territoire.Vous comprendrez donc les raisons qui m'amènent à plaider pour une meilleure organisation du territoire et surtout disposer de professionnels dans les collectivités territoriales comme la communauté d'agglomération peut en avoir aujourd'hui.J'ajouterai, cher Hemingway, que votre parcours n'est pas terminé et le diplôme de l'IEP de Lille vous permet de vous présenter à quelques concours... Tentez la mobilité! et vous comprendrez tout l'intérêt du recul pour observer ce qui se passe à Hénin et plus généralement dans le Pas de Calais.

Hemingway 17/08/2009 13:21

Cher Cimarès, j'ai sans doute croisé votre fille ! En effet, la promotion Hemingway      (2008) a succédé à la promo Albert Camus (2007) ! Je reprends modestement le pseudo d'Hemingway pour m'exprimer ici !! Tiens, une pensée pour Clotilde Reiss, sortie de sa prison iranienne hier ! Par la force des choses (recherche d'emploi... Hé oui, la crise touche tout le monde), je suis toujours dans le secteur ! Mais j'ai toujours gardé un pied ici dans l'héninois durant mon septennat d'études, notamment à Lille. Oui, je perçois bien ce changement de vision, de langage et de responsabilité !  L'exemple de Metaleurop est assez pertinent à analyser, me semble-t-il. Je trouve que l'agglo se bat pour sortir de l'image du charbon et des corons depuis une petite dizaine d'années. Restent les mentalités, vous avez raison, à faire évoluer. Mais pas seulement au niveau des citoyens, cela marche aussi pour les élus du "siècle dernier"... "L'environnement culturel", oui, il faut sortir du "misérabilisme" qui existe toujours un peu. Un film comme "Bienvenue chez les Ch'tis" est en ce sens une catastrophe culturelle tant une écrasante majorité des nordistes adhère à ce navet et à ce qu'il signifie dans le fond. Dans l'héninois, on est proche du néant culturel (culture au sens fermé du politique - musique, théâtre, danse, musée, etc. -) même s'il existe des choses à petite échelle. Le Louvre II changera-t-il la donne ?Pour en revenir aux grandes écoles et à leur démocratisation, ce n'est pas facile d'aller à l'encontre de cette fameuse auto-censure (réelle) de nos lycéens. Non à la discrimination positive à la Sciences Po Paris qui choisit ses "pauvres" (avec une certaine réussite, il faut le reconnaître).  A Lille, on les prépare dès la première au concours commun, et non à un concours dérogatoire ! Concours réussi ou non, le but est de rendre ces lycéens "modestes" ambitieux dans leurs études supérieures. Et compter sur eux pour transformer le territoire à long terme ! Ne pas se brader, surtout quand on a des possibilités réelles de réussir dans le supérieur et de sortir quelque peu de sa condition ! 

cimares 17/08/2009 09:30

Figurez-vous, Hemingway, que ma fille est issue de la promotion  'Albert Camus' de l'IEP de Lille.Ce que j'ai donc écrit vient de ce qu'elle a pu me raconter et de ce que j'ai pu constater alors que, parents d'élèves, nous étions invités à prendre connaissance des modalités de l'année obligatoire de mobilité.Pour revenir à ce qui se passe dans le secteurs de l'ancien bassin minier, je suis heureux de constater que d'autres osent aujourd'hui écrire ce que l'on s'interdisait hier.Si vous restez dans le secteur, vous pourrez vous-même constater les difficultés à faire évoluer les comportements ou, plus simplement, ce que j'appelle régulièrement "l'environnement culturel". Peut être que vos efforts, conjugués à ceux de personnalités comme David Noël ou Alain Alpern aideront... Mais cette terre est plus habituée à l'assurance de paroles délivrées par quelques démagos qu'aux interrogations suscitées par notre environnement.

Hemingway 15/08/2009 22:19

Un peu alambiqué comme raisonnement mais attention, M. Noel ("Notre enquêté" !!) ne ressort que des extraits traitant de ces relations avec G. Dalongeville !Vous posez des questions intéressantes Cimarès ! Une sociologie politique des élus du Pas-de-Calais, notamment ceux de l'ex-Bassin Minier, serait également très intéressante ! Par exemple, le parachutage politique à Hénin-Beaumont n'est-il pas un beau sujet de réflexion ?! En ce qui concerne l'IEP de Lille, c'est une institution que je connais bien puisque j'en suis sorti en 2008 ! La proportion d'élèves du Nord-Pas-de-Calais est effrayante : moins de 10% ! Plus précisément, il y avait à peine 5% d'étudiants du 62 quand j'y étais ! Et encore, je vous épargne le profil socologique des ces étudiants nordistes.Le recrutement est extrêmement sélectif (plus que l'IEP de Paris, paraît-il) et le concours est national. Néanmoins, le nouveau directeur, Pierre Mathiot, a mis en marche une politique de démocratisation et de régionalisation de Sciences Po Lille connue sous le nom de Programme d'Etudes Intégrées (PEI, aujourd'hui étendu aux autres IEP de province). Cette politique, je la connais bien, j'y ai modestement participé au moment de son lancement en 2007-2008... Le fait était que l'IEP de Lille était mal connu des étudiants "modestes" de la région. Moi-même, je ne connaissais l'institution quand j'étais au lycée Darchicourt ! Au niveau des élèves de la Région, il existe, je crois, une forte auto-censure vis-à-vis des grandes écoles. C'est surtout contre cela qu'il faut oeuvrer. Mais il faudra du temps pour obtenir des résultats probants et la transformation du parisianisme ambiant qui sévit à l'IEP de Lille... La volonté du Directeur est là, et c'est déjà une excellente chose, tant le "retard" est immense...

cimares 15/08/2009 09:30

Bien compliquée cette analyse ! tout cela pour ça... encore que l'on pourrait prendreune conclusion contraire à celle de l'étudiant.Indépendamment de l'interview de M. Noël, il serait judicieux que l'université s'intéresse de près et de façon approfondie sur les comportements individuels et collectifs des populations du nord et du pas de calais. Sont-ils différents dans certains secteurs, y a t il une constante? pourquoi ? comment se fait il qu'une région qui a tout donné se trouve continuer à demeurer la plus pauvre de France ? la toute puissance des partis de gauche est elle toujours de mise ? les comportements des dirigeants sont ils de même nature que ceux d'ailleurs ? la population y est elle plus fragile ? La liste de questions sera d'autant plus longue que le monde universitaire et de la recherche s'intéressera de près à ce qui se passe sur le territoire.Une question propre à l'IEP de Lille est certaine: comment se fait-il que cette institution recrute aussi peu d'étudiant issus du Pas de Calais ? Les réponses existent pour partie (en interne dans cet établissement à grosse majorité féminisé): il serait bon de sortir le Pas de Calais de son isolement plutôt que de le laisser à la merci des prédateurs mondiaux de la finance,de l'entreprise et des affaires.