
Le championnat de France de football de ligue 1 a repris le week-end
dernier, avec comme chaque année ses grosses écuries et ses petits poucets... des petits poucets dont le budget se chiffre malgré tout en millions d'euros ! Si les supporters de notre région se
félicitent de voir évoluer quatre clubs régionaux parmi l'élite, la valse des millions nous choque profondément. Ce n'est manifestement pas la crise pour tout le monde !
Jamais autant d’argent n’avait été dépensé pour les recrutements des joueurs. Les clubs de football européens semblent être dans une bulle qui ne connaitrait pas la crise. Cette situation suscite
beaucoup de questions sur l’avenir du football professionnel : Comment est-ce possible et jusqu’à quand la « bulle foot » va-t-elle tenir ?
Dans tous les pays européens, en Italie, en Espagne, en Angleterre ou en Allemagne, les sommes engagées par les principaux clubs sont exorbitantes, à l’instar du Réal de Madrid qui a recruté coup
sur coup le joueur brésilien Kaka pour 65 millions d’euros, et le portugais Cristiano Ronaldo pour plus de 93 millions d’euros.
Même si les sommes sont moins importantes, le championnat Français de ligue 1 n’est pas épargné par cette spirale infernale de la surenchère au nom de la sacro-sainte compétitivité. Selon la
presse, l’Olympique Lyonnais aurait dépensé environ 72 millions d’euros, l’Olympique de Marseille 40,5 millions d’euros et les Girondins de Bordeaux 28,6 millions d’euros.
Les montants engagés pour les transferts de joueurs de football sont choquants, parfois indécents, alors que nous sommes en pleine période de crise économique avec beaucoup de souffrance
sociale.
Nous ne pouvons pas accepter que le football professionnel soit abandonné à la loi du marché européen des transferts, une bulle spéculative en dehors du monde, une spirale enclenchée par des
hommes d’affaire mégalomanes, traitant le sportif comme une marchandise qui répond aux lois de l’offre et de la demande. Les principaux bénéficiaires de ces transferts, ne sont pas forcément les
sportifs, ni les instances sportives ni le développement du sport lui-même, mais des hommes d’affaire peu scrupuleux se moquant des déficits créés dans les clubs.
D’autre part, nous restons très interrogatifs sur l’origine de ces sommes mirobolantes alors que tous les économistes du sport prévoient une baisse des revenus de publicité, du sponsoring direct
et de la billetterie. Certains clubs européens ont déjà annoncé qu’ils n’étaient pas en si bonne santé financière et qu’il a fallu à plusieurs reprises effacer les dettes. Selon une étude
d’Ernest et Young publié cette semaine, 56 % des présidents des clubs allemands de première et deuxième division s’attendent à une dégradation financière et des pertes conséquentes en 2009. Des
doutes d’autant plus importants au moment où le Groupe d’Action Financière (GAFI) de l’OCDE publie début juillet un rapport sur le blanchiment d’argent dans le football. Les auteurs du rapport
révèlent plus de 20 affaires de blanchiment d’argent liées au football. Ils dénoncent « le mercato » comme un des instruments privilégiés par les malfaiteurs, ainsi qu’une bonne partie des
transferts qui transitent par des paradis fiscaux où le secret bancaire et l’absence de taxe permettent les maquillages financiers.
Nous pensons qu’il est urgent de remettre les clubs de football dans la réalité économique. Nous demandons qu’il y ait une décision prise pour la mise en place d’une direction de contrôle
financier des clubs européens. Plutôt que de suivre cette course folle et débridée du « Mercato », les clubs français, les instances fédérales et le gouvernement devraient se battre ensemble pour
la création d’une DNCG européenne qui assurerait une transparence des financements et garantirait une réelle compétitivité des clubs français en Europe. Nous attendons beaucoup des propositions
de l’UEFA pour mettre en place cette instance qui définirait des règles fiscales permettant un contrôle financier homogène sur la gestion des clubs. Une instance qui doit inciter les fédérations
à mettre en place des limites aux montants des salaires, des transferts, et des droits TV.
Evidemment pour une DNCG européenne ! Les clubs raisonnent et fonctionnent clairement comme des entreprises. Il n'y a donc aucune raison qu'ils échappent à des règles de gestion élémentaires !
La seule chose qui me semble positive depuis le virage ultra-libéral qu'a pris le foot (grossièrement depuis 1995 et la jurisprudence Bosman), c'est que les institutions publiques (surtout les mairies) ne représentent plus l'une des principales sources de revenu des clubs professionnels. Des villes ont pu être plombées financièrement "grâce" à leurs clubs de foot avant la mise en place de la DNCG en 1991.
Trop payés pour courir après un ballon, oui sans doute ! Mais le foot est devenu un tel business (qu'il a toujours été mais dans des proportions moindres, quoique...Maradona et Platini touchaient des sommes énormes à leur époque) que ces chiffres entrent dans une "logique libérale". Le foot brasse des milliards (TV, merchandising, abonnements, billeterie, sponsoring), les "acteurs" prennent, grassement pour certains, leur part du gâteau.
J'adore le foot (le jeu !) mais il est pour bien des supporters, un échappatoire, un "opium" (c'est de circonstance sur un blog PC !) qui leur fait oublier leur condition. Pensez que des supporters du Paris SG ont organisé, il y a peu, une manifestation car ils n'étaient pas contents du design du nouveau maillot de leur club fétiche !!!
Pratiquant d'arts martiaux, je ne suis pas un fan de sport, je survole les pages sportives de La Voix du Nord, en fait, je suis de très loin le championnat de France de football histoire de ne pas paraître idiot dans les soirées entre copains, mais je ne lis pas l'Equipe ni aucun magazine spécialisé.
En fait, ce que j'apprécie surtout dans le sport, c'est de voir des athlètes se dépasser. Je suis fasciné par des sportifs comme Michael Phelps ou Usain Bolt qui arrivent à nous faire vibrer.
En sports collectifs, le football, le handball, le basket peuvent aussi me faire vibrer, je vais regarder par exemple une demi-finale olympique de l'équipe de France de hand à la télé, ce genre de choses, mais je trouve que la beauté de l'exploit sportif serait encore plus grande s'il n'y avait pas ces sommes d'argent colossales en jeu, ces sponsors qui transforment nos athlètes en panneaux publicitaires vivants, cette loi du profit qui transforme les dirigeants de clubs en maquignons et les joueurs en mercenaires et qui fait qu'on a de plus en plus de mal à s'identifier à ces millionnaires en shorts.
Plus généralement, je partage également votre émerveillement sur le dépassement de soi et sur les champions "émotionnels". Mais dans l'ère de l'hypermédiatisation, du people et de la publicité à tout-va, je trouve que le sport a perdu de son essence... En raison, notamment, de l'argent qui coule à flots...
Oh, je vibre toujours devant un bon match de tennis Nadal-Federer, un titre olympique au hand ou un exploit athlétique d'un Bolt ou d'une Isinbayeva, etc. Néanmoins, depuis grosso modo Festina 98, le soupçon du dopage est permanent.
Et puis, il y a les sports "dominants" (football, tennis et depuis peu le rugby et les sports "dominés" (tout le reste, même l'athlé) sur nos écrans de télé. Question d'audience... Et d'argent donc. Dommage, on est gavé de foot, on frôle l'indigestion...
Sinon, les liens entre sport, politique (et histoire) me passionnent beaucoup.
Je me félicite que l'argent public soit moins présent (en pourcentage, pas forcément
dans les montants) dans les budgets des clubs de foot professionnels. Il y a d'autres priorités. Et il y a des sources de revenus qui se sont bien développées depuis 10/15 ans (droits TV, marketing, croissance des abonnements, augmentation des prix des places). Certes, on libéralise tout ça mais une collectivité ne doit plus supporter, seule, le poids économique et financier d'un club de foot. Une fois de plus, les priorités sont ailleurs. Attention, je ne parle que de sport professionnel à fort potentiel économique (foot essentiellement dans le NPDC). Sans subventions publiques, le sport amateur n'existerait pas.
Pour le Louvre-Lens, j'espère que la greffe va prendre. Je suis confiant. Regardez Lille : il y a 20 ans, il n'y avait rien. Mauroy puis Aubry (Lille 2004, Lille 3000) ont réussi le pari d'inverser la tendance. Ce n'était pas gagné d'avance. Aujourd'hui, Lille, c'est "the place to be" !
Alors pourquoi cela ne marcherait-il pas ici dans le bassin lensois ? :-)
salut et fraternité.