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Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

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Publié par David NOËL

"Les hommes font leur propre histoire, mais ils ne la font pas arbitrairement, dans les conditions choisies par eux, mais dans des conditions directement données et héritées du passé." écrivait Karl Marx au début du 18 Brumaire de Louis Bonaparte. Et d'ajouter que "la Révolution de 1789 à 1814 se drapa successivement dans le costume de la République romaine, puis dans celui de l'Empire romain."

De fait, on dit qu'au 73e jour après la Révolution d'Octobre, Lénine se mit à danser sur la neige entre les murs du Kremlin pour saluer une durée venant de dépasser celle de la Commune de Paris.
Les communards ont en partie rejoué 1848 et 1789 tandis que les Révolutionnaires de 1789, Gracchus Babeuf en tête rejouaient la République romaine.
Une République romaine qui s'achève après les tentatives de réformes démocratiques et sociales des Gracques par la réaction aristocratique syllanienne et pompéienne avant que César puis Octave-Auguste n'établissent leur pouvoir personnel.
Comme la Révolution française s'achève avec la réaction thermidorienne et le 18 Brumaire, comme la Seconde République s'achève dans les fusillades des journées de juin et le coup d'Etat du 2 Décembre, comme la Commune de Paris s'achève par la Semaine sanglante et l'élection de Mac-Mahon en attendant la restauration de la monarchie souhaitée par les royalistes majoritaires à l'Assemblée...

L'histoire se répète parfois et l'Antiquité romaine offre des modèles politiques qui peuvent aider à mieux comprendre le monde d'aujourd'hui.
C'est la raison pour laquelle il n'est peut-être pas inutile de regarder Rome, une série remarquablement réaliste dont la première saison qui vient d'être diffusée par Canal + nous plonge dans les méandres des guerres civiles de la fin de la République romaine.

Série événement diffusée initialement sur la chaîne cablée américaine HBO, qui nous a habitués à ce qui se fait de meilleur en terme de création télévisuelle (on pense à Oz ou à Band of Brothers), Rome ne nous a pas déçus.

Il faut dire que Rome est la série la plus chère de l'histoire de la télévision. Tournée dans les studios de Cinecittà à Rome, elle a coûté plus de 100 millions de dollars. HBO a coproduit la série avec BBC Films et en a confié la réalisation à Michael Apted.

Les 12 épisodes de la première saison de Rome sont un véritable chef d'oeuvre et mélangent habilement la grande et la petite histoire : la grande histoire, c'est celle de César quittant la Gaule, franchissant le Rubicon et marchant sur Rome avant de poursuivre Pompée en Grèce, de débarquer en Egypte et de revenir à Rome après avoir écrasé les derniers Pompéiens à Utique.
Chacun connaît la suite : après une série de réformes établissant son pouvoir personnel, César meurt assassiné le jour des ides de mars 44 par une poignée de sénateurs républicains parmi lesquels se trouve Brutus, le fils adoptif de César.
Fin de la première saison...

Au fil des épisodes de la série, on rencontre tous les grands personnages de l'histoire romaine : si Pompée Magnus (Kenneth Cranham) n'a pas le charisme de César (formidable Ciaran Hinds), il reste néanmoins un adversaire redoutable, mais désabusé et mal conseillé par les sénateurs républicains qui l'entourent et se divisent. Si Cicéron et Brutus sont prêts au compromis avec César, le vieux Caton, pétri de préjugés aristocratiques veut se battre jusqu'au bout contre César en qui il voit un tyran, jusqu'à son suicide héroïque à Utique.
Du côté de César, Marc-Antoine (James Purefoy) est d'abord présenté comme un soudard, mais on découvre qu'il est capable de bravoure et possède une certaine finesse politique.

Si Atia (Polly Walker), la très ambitieuse mère d'Octave et d'Octavie est le personnage le plus antipathique de la série, le jeune Octave (Max Pirkis) est indéniablement sympathique. Observateur plus que véritablement acteur de la guerre civile qui se joue, il est sans doute celui qui comprend le mieux César ; il est d'ailleurs le seul à voir César faire une crise d'épilepsie et gardera le secret.

Octave est initié au sexe et au maniement des armes par Titus Pullo, un des légionnaires de César.
Dans Rome, la petite histoire rejoint la grande histoire : les deux héros de la série sont Lucius Vorénus (joué par Kévin McKidd), un officier de la légion, issu d'une famille de chevaliers et attaché à la vieille République et Titus Pullo (Ray Stevenson), un grand gaillard amateur de femmes, de vin et de jeu.
Ce sont eux qui escortent Octave jusqu'au camp de César au début de la série, ce sont eux qui accompagnent Marc-Antoine à Rome pour y être élu tribun de la plèbe. En Grèce, ils vont rencontrer Pompée en fuite et le laisser s'échapper. En Egypte, ils vont escorter Cléopâtre jusqu'à Alexandrie.
De retour à Rome et à la vie civile, Vorénus, repéré par César, va devenir, malgré ses principes politiques, un des nouveaux sénateurs nommés par César pour remplacer les vieux sénateurs républicains morts ou en fuite.
La série montre bien à quel point le retour à la vie civile est difficile pour des hommes comme Vorénus et Pullo, qui vont être tentés de faire les mauvais choix.
La femme de Vorénus, Niobé (Indira Varma), sans nouvelles de son mari qu'elle croyait mort est bouleversée par son retour et lui cache un terrible secret...

La chaîne HBO a reconduit la série pour une saison supplémentaire, une saison qui selon toute vraisemblance sera centrée sur la guerre civile qui va opposer Octave et Marc-Antoine.
En attendant, les téléspectateurs pourront se consoler avec le coffret DVD de cette magistrale première saison, à paraître le 6 septembre prochain.

Pour télécharger ma chronique télévisuelle sur Rome parue dans le numéro du 18 au 24 août de Liberté 62, cliquez sur le lien ci-dessous :

Rome ou le retour gagnant du peplum à la télévision
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Commenter cet article

thimele 13/08/2006 15:27

Très bonne série en effet! Connaître son histoire est fondamental. Ne pas la connaître condamne notre génération à revivre ses pires époques... Ne pas la connaître amène aussi à être ignorant vis-à-vis de certains évènements présents. Il n'y a pas de rupture entre passé et présent, le présent n'est rien d'autre que la suite du passé...

Nico 10/08/2006 09:22

Eh voila.... pourquoi j'ai pas canal!!! moi qui adore les peplums
article originale qui tranche avec tous les autres articles
fraternellement

michel 10/08/2006 00:27

qu'est ce que çà vient faire là???

David NOËL 10/08/2006 11:39

Je viens d'ajouter une petite introduction qui explicite un peu mieux pourquoi j'ai jugé intéressant d'évoquer cette série sur le blog. Cordialement,

DANTON 09/08/2006 22:50

"TU QUOQUE, SARKO ?!"  Caius Chiracus, 2007 ap. J-C