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Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

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Publié par David NOËL

L'annonce jeudi dernier de la démission d'Yvelise Dufresnes de ses fonctions d'adjointe à la jeunesse et aux affaires scolaires est le signe d'un vrai flottement au sein de l'équipe de Daniel Duquenne et pose un certain nombre de questions.

Les raisons professionnelles avancées par Mme Dufresnes pour justifier sa démission nous appellent peut-être à réfléchir sur la place des femmes en politique et sur le statut de l'élu. L'inégalité au sein du foyer devant la répartition des tâches ménagères est un frein majeur à l'engagement des femmes en politique tout comme l'absence d'un véritable statut de l'élu, car s'il est facile à un fonctionnaire d'obtenir une mise en disponibilité ou un temps partiel pour exercer son mandat d'élu, c'est beaucoup plus difficile pour les travailleurs du secteur privé.

Dans l'idéal, avec des services fonctionnant correctement, il devrait être tout à fait possible de concilier mandat d'adjoint et vie professionnelle. Un adjoint au maire, comme n'importe quel élu municipal, a pour mission d'impulser des choix politiques, décidés collégialement et inscrits dans un programme au service de la population, mais en aucun cas, un adjoint au maire ne doit se substituer à un directeur de service, ce n'est pas son rôle.

C'est la raison pour laquelle il est permis de sentir une pointe de critique contenue dans les propos d'Yvelise Dufresnes lorsqu'elle invoque une obligation de 20h de travail hebdomadaire au service de la municipalité pour chaque adjoint. Un adjoint au maire n'est pas un directeur de service et un maire n'est pas un chef d'entreprise. Il est surprenant que Daniel Duquenne impose ce type d'obligations à ses adjoints. Le nouveau maire devrait plutôt se concentrer sur l'élaboration d'un organigramme fonctionnel qui rende aux adjoints comme aux chefs de service dont la plupart sont dévoués et compétents leur véritable rôle afin que cesse le mélange des genres délétère.

Par ailleurs, la démission d'une adjointe un mois seulement après son élection est le signe évident que quelque chose ne va pas dans l'équipe Duquenne. Pas seulement parce qu'Yvelise Dufresnes est adjointe aux affaires scolaires et qu'elle démissionne à trois semaines de la rentrée des classes, une situation qui n'a pas l'air d'inquiéter outre mesure Daniel Duquenne.
Cette démission qui affaiblit la majorité municipale est révélatrice des forts tiraillements et des premières déceptions au sein de l'équipe Duquenne. Yvelise Dufresnes, militante socialiste historique d'Hénin-Beaumont qui avait d'ailleurs à ce titre signé les accords de constitution de la liste Alliance Républicaine avec les Verts et le MoDem l'année dernière, n'a, à l'évidence, pas démissionné de son mandat d'adjointe sur un coup de tête. Sans doute a-t-elle désapprouvé le rapprochement de Georges Bouquillon avec Jean-Marie Alexandre et le MRC fédéral, fidèle soutien de Gérard Dalongeville ; sans doute n'a-t-elle pas compris les négociations déjà en cours entre Daniel Duquenne et Daniel Percheron pour les prochaines régionales ; sans doute aussi a-t-elle été très déçue des premières décisions prises par Daniel Duquenne, comme le report du conseil municipal ou la façon dont Daniel Duquenne s'est défaussé de ses responsabilités sur le préfet.

Quoi qu'il en soit des vraies raisons qui ont conduit Yvelise Dufresnes à démissionner de son mandat d'adjointe à la jeunesse et aux affaires scolaires au bout d'un mois, cette démission marque déjà la fin de l'état de grâce pour Daniel Duquenne dont le début de mandat est décidément bien décevant au regard des espoirs de changement des Héninois et Beaumontois.
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Hemingway 17/08/2009 14:46

M. Noel, je préfère quand vous critiquez, via ce type d'analyse fine, les "faits" (ou les "non-faits") de l"équipe en place plutôt que quand vous focalisez sur les tractations d'entre-deux-tours ou la représentativité du conseil municipal... :-)Aie, aie, aie...le mandat de Duquenne commence bien mal. Son état de grâce n'aura finalement duré que le jour de son élection. Et encore, "l'attentat" à la bombe lacrymo" laissait augurer, déjà, des lendemains qui déchantent... La gestion estivale (départs en vacances peu propices, "disparition" de Georges Bouquillon, départ de l'adjointe et surtout report du conseil municipal !) est déjà sujette à questionnements sur la capacité réelle de Daniel Duquenne à être "l'homme de la situation". La rentrée s'annonce pénible voire électrique...  

cimares 17/08/2009 09:54

Très juste votre analyse, M. Noêl, sur le fait qu'un adjoint n'est pas chef de service et qu'un maire n'est pas chef d'entreprise !Mais, vous constaterez que nos habitudes vont en sens contraire, pas seulement par la faute des élus, mais aussi par celle des fonctionnaires territoriaux dont beaucoup se complaisent dans cette situation puisque leur avenir professionnel s'inscrit dans cette logique de soumission.Vous remarquerez qu'un territorial agissant en fonction du droit peut être qualifié d'esprit frondeur (et puisque nous sommes dans le Pas de Calais:"de mec de droite !"). Quant à celui qui ose dire à son maire "non, monsieur, ne comptez pas sur moi pour faire telle chose, parce que contraire au principe républicain et à tel article du code administratif ou plus simplement du code pénal", généralement, ses jours sont comptés.Et pas un collègue ne viendra plaider sa cause: tout juste trouvera-t-il un syndicat pour faire un peu d'empathie, mais certainement pas la défense ferme de l'agent qui ne disposera que de sa seule volonté pour rappeler quelques règles élémentaires qui ne seront même pas respectées.D'ailleurs, à Hénin Beaumont, quel fonctionnaire a rappelé au maire les règles élémentaires? C'est, d'ordinaire, le rôle du DGS que de rappeler les règles et de mettre en musique les orientations municipales décidées par le conseil, la municipalité et le maire... Mais dans une région marquée par la toute puissance du chef et le fait que le DGS soit placé sur un emploi fonctionnel (à la merci du bon vouloir du maire) quelles sont ses chances dans un système où les dés sont pipés ? Tout au moins verra-t-il, alors, se développer la force d'un cabinet qui donnera directement ses ordres aux services en squizzant le responsable administratif.Que penser alors quand le directeur général des services doit passer par le directeur de cabinet pour dialoguer avec son patron sur des sujets relevant de l'organisation de la mairie ?