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Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

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Publié par PCF

On a beau y être habitué, le procédé est toujours aussi détestable. La droite a profité du cœur de l’été pour commettre un mauvais coup qu’il lui avait été plus difficile de mener à bien en une autre saison : le travail dominical.

On savait le Président de la République fort attaché à la fin de la reconnaissance d’un jour chômé pour l’ensemble des travailleurs, d’une césure où la famille se retrouve autour d’activités aussi improducti­ves que le sport, la culture, le bonheur d’être ensemble entre générations. Un jour où les Français échappent à l’appel du tiroir-caisse, quel gâchis pour les groupes de la distribution ! À l’aune de la civilisation du tout-marchand, l’homme est à la fois travailleur et consommateur.

Il faut pour cela que certains abandonnent leur dimanche à leurs semblables qui vont errer dans les allées des centres commerciaux. La grisaille du libéra­lisme. Nicolas Sarkozy est donc parvenu à réduire à résipiscence les voix qui, dans son propre camp, regimbaient jusqu’alors à entériner une proposition de loi qui concentrait contre elle nombre d’oppositions. Mais attendre un lendemain de 14 juillet, alors que la moitié des salariés sont en vacances, pour venir à bout d’un dossier sur lequel il a échoué à trois reprises précédemment, c’est plutôt l’aveu des difficultés qui l’obligent à passer en force.

Et pourquoi mettre tant de ténacité pour imposer un projet aussi impopu­laire ? Parce qu’il participe, comme le dénonce le groupe communiste, d’une entreprise d’ensemble de « détricotement du Code du travail ». Le texte introduit en effet des discriminations entre les salariés, selon qu’ils opèrent dans des zones dites touristiques, où le travail dominical sera réputé de plein droit, c’est-à-dire sans possibilité pour les salariés de s’y refuser et sans augmentation de salaire, et les travailleurs du commerce et des services des périphéries des grandes métropoles.

Derrière ces éléments de discrimination, la loi vise à banaliser le travail dominical et à supprimer les rémunérations supplémentaires auxquelles les salariés avaient droit jusqu’alors. Pierre par pierre, le gouvernement démonte le modèle social français, auquel le Président de la République avait fait référence dans son discours devant le Congrès de Versailles.

Toute la question est aujourd’hui de savoir comment la gauche entend répondre à ces attaques et incarner une alternative véritable. Du côté des communistes et de leurs partenaires réunis dans le Front de gauche, le message adressé pour la première fois, lors des élections européennes, ne souffre pas d’ambiguïté : la gauche doit se rassembler sur des objec­tifs de transformation. Le contexte de crise du capitalisme et des politi­ques libérales devrait être favorable aux forces qui veulent changer de politique.

Mais le Parti socialiste, en dépit d’une posture d’opposition à Sarkozy, reste illisible sur la nature de ses propositions. Face à l’offensive relancée par la droite depuis les élections européennes, la gauche sera-t-elle capable d’accomplir sa mission historique, construire une alternative politique à la hauteur, faute de quoi, alerte Marie-George Buffet, « l’oppo­sition populaire risque d’être condamnée à l’impuissance ».

La gauche ne peut s’unir que sur la clarté de ses choix.
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