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Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

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Publié par PCF

Le rapport de l’Irhes soulignant l’impact des conséquences des restructurations, fermetures d’usines et autres délocalisations sur la santé des travailleurs, ramène à de plus modestes proportions les protestations de la poignée de directeurs d’usines et cadres supérieurs retenus quelques heures dans l’entreprise par des salariés en colère au cours du printemps dernier.

Et que certains commentateurs de presse comme de la politique en mal de drama­tisation et de sensationnalisme n’hésitaient pas à nommer « séquestration ». La vio­lence capitaliste, celle qui s’exerce froide­ment depuis les conseils d’administration et fait monter les cours de Bourse, agit de manière plus sourde. Elle ruine la santé des salariés. Elle ne provoque pas « seule­ment » des dépressions, des crises de désespoir pouvant conduire au suicide, ce terrible sentiment d’incertitude et de fragi­lisation qui noue la gorge de certains employés dès l’entrée dans le bureau. Les spécialistes qui ont coordonné les résultats de leurs recherches à l’échelle européenne sont unanimes : l’anxiété, la surcharge de travail consentie par crainte de faire partie de la prochaine charrette, toute cette ten­sion constitue un mélange détonant qui ébranle la santé, augmente les risques d’accidents cardiovasculaires, d’épuise­ment qui affaiblit la résistance du corps.

La dégradation de la santé est la face immergée de l’iceberg, qu’on ne voit pas d’emblée dans les manifestations de tra­vailleurs pour le maintien de leur emploi. Elle peut affecter celui qui est viré et celui qui ne l’est pas. C’est le syndrome du res­capé, du « survivant » qui peut conduire à l’auto-exploitation du salarié. Une nou­velle expression fait son apparition : le « présentéisme », qui conduit l’ouvrier à continuer à travailler malgré la maladie, en dépit de la fièvre ou des troubles musculo-squelettiques que l’on ne soigne pas. C’est ainsi que des hommes et des femmes sont traités dans le paradis libéral de sainte Concurrence ! Les privatisations, c’est mauvais pour le social, et – la crise que nous traversons tend à le confirmer – c’est mauvais pour l’économie.

Tout cela nous le savions déjà. L’étude nous apprend aujourd’hui que dans les pays d’Europe centrale ou de l’ex-Union soviétique, où des plans de privatisations massives ont été menés, la mortalité moyenne des salariés des sociétés vendues au capital a notablement augmenté. L’état des lieux du paysage industriel ressemble en maints endroits à un champ de ruines. Les démolisseurs d’emplois aiment à tuer la concurrence par une politique de la terre brûlée. Au rythme où défilent dans toute l’Europe les plans de licenciements, qui affectent la santé des victimes et des sur­vivants, c’est une véritable pandémie qui menace.

On mesure alors combien il est vital pour le mouvement social, pour les forces de gauche, d’opposer une résistance massive contre les sabreurs d’emplois et les profi­teurs des licenciements boursiers. L’enjeu n’est pas mince : Peut-on accepter, en se contentant d’en amortir le choc, la pour­suite du déclin économique, qui fait souf­frir les salariés et fait la fortune de la caste de la finance ? La question de la réindus­trialisation est posée.

La Fête de l’Humanité sera la prochaine occasion pour le monde du travail de se rassembler, de débattre, de combattre. C’est bon pour la santé.
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