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Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

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Publié par David NOËL

En août dernier, nous sommes revenus sur la campagne municipale 2008, un retour rendu nécessaire par les accusations grotesques d'avoir "fait élire Dalongeville" alors que Steeve Briois a fait élire Gérard Dalongeville en 2001, qu'il le rencontrait la nuit sur le parking de Babou, qu'ils échangeaient des infos contre Pierre Darchicourt et que Georges Bouquillon, la tête pensante de l'Alliance Républicaine aura été adjoint de Dalongeville plus longtemps que Pierre Ferrari et moi réunis et que contrairement à nous, il n'est pas immédiatement entré en résistance !

Aujourd'hui, retour sur les six premiers mois de mon mandat aux côtés de Gérard Dalongeville. "Aux côtés" est un bien grand mot puisque de la même manière que durant la campagne, j'ai combattu Gérard Dalongeville, je n'ai eu de cesse de m'opposer à Gérard Dalongeville dès le début de mon mandat.


I. Découverte du mandat d'élu :

Premier conseil municipal dans la peau d'un élu, le 23 mars 2008. La pression était au rendez-vous. Désormais, c'était nous qui étions sous les feux des projecteurs et dont toutes les décisions allaient être attendues et critiquées.

La première réunion de Bureau Municipal avait permis de fixer les calendriers des réunions de BM et des permanences. J'avais choisi le jeudi après-midi pour tenir mes permanences en mairie et nous aurions Bureau Municipal tous les mardis, de 19h à 22h. Auparavant, Gérard Dalongeville avait fait un tour de table pour demander s'il fallait maintenir les réunions de BM le lundi ou si quelqu'un avait des préférences pour un autre jour. J'ai levé la main et expliqué que je participais à un atelier théâtre le lundi. Comme adjoint à la culture, je ne me voyais pas renoncer à une activité culturelle que je pratiquais depuis plus de trois ans. Opinant du chef, Gérard Dalongeville a alors proposé la date du mardi soir pour les bureaux municipaux.
Naïvement, j'ai cru à un geste de bonne volonté. Ce n'est que bien plus tard que j'ai découvert le pot-aux-roses : Marie-Noëlle Lienemann et Gérard Dalongeville s'étaient vus quelques heures plus tôt pour caler leurs agendas respectifs et à la même question, Marie-Noëlle avait répondu que le seul jour qui lui poserait problème serait le mardi, jour où elle devait siéger au Bureau National du PS. Gérard Dalongeville avait une excuse en or pour fixer le BM le seul jour où Marie-Noëlle ne pouvait pas y aller : c'était pour me permettre de continuer le théâtre !

Adjoint à la Culture, je siégeais au titre de la municipalité au Conseil d'Administration de l'Escapade, de l'Espace Lumière et du Lycée Pasteur. J'étais membre de la commission des finances et du Conseil d'Administration de la Caisse des Ecoles.

Avant même les deux conseils municipaux d'avril consacrés au CA 2007 et au vote du BP 2008, j'allais très vite avoir un nouvel aperçu de la duplicité de Gérard Dalongeville. Le premier conseil communautaire post-élections se tenait le vendredi 4 avril. Dans la journée, j'avais eu Yves Coquelle, Jean Haja et Bernard Czerwinski au téléphone. Tout le monde s'attendait à un putsch contre Facon à l'instigation de Philippe Kemel ou de Jean-Pierre Corbisez et les voix des Héninois allaient être décisives. L'officialisation de la candidature de Jean-Pierre Corbisez à la présidence de la CAHC a aussitôt été suivie d'une interruption de séance au cours de laquelle le groupe PS et le groupe PC se sont réunis dans des salles de réunion séparées. Surprise : Gérard Dalongeville, qui devait se réunir avec nous, avait disparu ! Jean Haja et Yves Coquelle ont fini par le retrouver aux toilettes et Gérard Dalongeville, nonchalamment, nous a rejoint pour nous assurer qu'il était sûr de son coup. Les Héninois devaient voter Facon. Enfin, a priori... D'un air distrait, Gérard Dalongeville pianotait sur son portable tout en répondant aux questions de Jean Haja et Bernard Czerwinski. Mes camarades m'avaient envoyé chercher Jean-Bernard Deshayes, resté dans la salle du conseil et qui m'opposa un refus ferme de participer à notre réunion de groupe : il préférait faire des sudoku... Après le départ de Gérard Dalongeville, nous sommes restés quelques minutes entre nous, dorénavant à peu près sûr que Gérard Dalongeville nous avait trahis et avait appelé les autres conseillers communautaires héninois à voter pour Jean-Pierre Corbisez, un pressentiment qui se vérifiera lors du vote.
Je n'étais pas adjoint depuis deux semaines que déjà, Gérard Dalongeville montrait son vrai visage et sa duplicité. Tant pis pour lui ! Sur le blog du PCF, mon article en date du 8 avril est absolument assassin. J'y dénonce : "des méthodes manoeuvrières que je déplore. Vendredi matin, Gérard Dalongeville était allié avec le groupe communiste ; vendredi soir, au moment du vote, il ne l'était plus ! Ce n'est pas ma conception de faire de la politique..."

Après ce conseil communautaire révélateur des méthodes dalongevilliennes, deux conseils municipaux se tenaient coup sur coup, le 9 et le 10 avril pour le DOB, le vote du Compte Administratif 2007 et du Budget Primitif 2008. Les réunions de Bureau Municipal et les réunions de groupe avaient permis de préparer le conseil.
Préparer est un bien grand mot... Nouvel élu, les explications de Jean-Pierre Chruszez ne m'étaient d'absolument d'aucun secours pour y comprendre quoi que ce soit. Je me doutais bien que les présentations en powerpoint de Jean-Pierre Chruszez cachaient quelque chose, mais quoi ? J'étais élu depuis deux semaines et je n'avais aucune idée de ce que Dalongeville et Chruszez pouvaient nous cacher... J'étais surtout attentif au taux d'imposition, resté stable, et aux subventions allouées aux équipements culturels.

Au Conseil Municipal, j'ai voté le CA 2007 et le BP 2008. Avec le recul, je n'avais à l'époque aucun moyen de découvrir que le BP 2008 était truqué comme la CRC l'a découvert - on ne peut pas maîtriser les arcanes budgétaires en  à peine deux semaines - mais jamais je n'aurais dû voter le CA 2007. Nous aurions dû nous réunir avec Pierre et Marie-Noëlle et décider ensemble de ne pas voter le CA 2007 avec un argument imparable : nous ne pouvions pas voter un Compte Administratif portant sur une période à laquelle nous n'étions pas encore élus ! Ce geste aurait été compris comme un geste de défiance sans pour autant constituer un franchissement de ligne jaune, il aurait permis de faire exister publiquement le groupe critique que nous formions. Nous avons commis là une erreur tactique que je regrette.
De la même manière, je découvrais pour la première fois un Compte Administratif et un Budget Primitif et j'ai été berné par Dalongeville et Chruszez ; je n'ai absolument pas vu que derrière l'apparente stabilité des taux d'indemnités des adjoints et conseillers municipaux, l'indemnité du maire augmentait et qu'en masse globale, les indemnités des élus augmentaient, pour rémunérer l'ensemble des 14 adjoints (dans la mandature précédente, 3 des 14 adjoints avaient quitté la majorité et ne percevaient plus d'indemnités, mais conservaient leur titre d'adjoint). Ce n'est que quelques semaines plus tard en épluchant à nouveau le CA 2007 et le BP 2008 que j'ai découvert le pot-aux-roses. Trop tard... mais quand la même délibération repassera au mois d'octobre, je refuserai de la voter et je m'abstiendrai.

Elu pour la première fois, je découvrais les rouages d'une municipalité et on ne m'avait laissé aucun mode d'emploi : je n'avais pas de bureau, mon nom ne figurait pas sur le trombinoscope des élus du site internet de la ville (il a fallu attendre un an...), je n'avais pas d'adresse mail mairie et pas de badge électronique pour entrer en mairie. Quand j'avais le malheur d'arriver à 19h05 un soir de BM, je trouvais les portes closes et il me fallait téléphoner à quelqu'un (généralement à Pierre Ferrari) pour qu'on m'ouvre. Evidemment, je n'avais pas de téléphone portable de fonction et c'est la dernière chose dont j'aurais voulu, il était à peu près certain que Gérard Dalongeville aurait eu accès à la liste détaillée de mes appels et comme je téléphonais trois ou quatre fois par semaine à Eric Mouton et Jean-Pierre Policante pour leur raconter les réunions de BM...

Il m'a fallu environ un mois pour prendre contact avec les différents acteurs culturels de la ville. Dès le 3 avril, je rencontrais le directeur de l'Escapade, David Verkempinck et le DGA (Directeur Général Adjoint) en charge de la culture, jeunesse et citoyenneté, Marc Bernalicis, des rencontres qui allaient me permettre de savoir qui faisait quoi et quelles étaient les grandes problématiques culturelles héninoises. En début de matinée du 8 avril, Gérard Dalongeville présidait le Conseil d'Exploitation de l'Espace Lumière dont je devenais vice-président aux côtés de Monique Bejault. Le lendemain, le 9 avril, j'avais rendez-vous avec le conservateur de la Médiathèque municipale, Daniel Mayeur. Pour finir, j'ai rencontré le directeur de l'Ecole municipale de musique, Jean-Marc Papajak, le 15 avril et le directeur de l'Ecole municipale d'arts plastiques, Hubert Morelle, le 30 avril. J'avais fait le tour des équipements culturels municipaux et je commençais à me familiariser avec les enjeux de chacun des équipements.

Tout de suite, j'ai eu à affronter une crise particulièrement grave à l'Escapade. Suite au retard dans le versement des subventions municipales, le paiement des salaires des salariés associatifs de l'Escapade avait dû être fractionné au mois d'avril.
Rapidement, j'ai compris que la ville d'Hénin-Beaumont avait de grosses difficultés de trésorerie qui occasionnaient des retards systématiques dans le versement des subventions aux associations. Dans le même temps, comme adjoint à la culture, il fallait anticiper l'arrivée du Louvre Lens, anticiper la contractualisation avec le Conseil Général qui passe par les agglos et imaginer la mise en réseau des scènes culturelles du territoire.
Politiquement, il était donc difficile de se démarquer de la municipalité sur ce dossier sans affaiblir l'Escapade dans le tour de table avec la CAHC, le Conseil Général et le Conseil Régional à qui nous demandions un effort supplémentaire.  Comment négocier si nous nous tirions une balle dans le pied en pointant du doigt la responsabilité de la ville ? Les autres institutions auraient renvoyé la ville à ses propres responsabilités ! Interpellé au conseil municipal par Christine Coget, j'étais très mal à l'aise de défendre contre toute évidence une municipalité qui n'avait pas tenu ses engagements, ce que je ne me privais pas de dire en petit comité, mais la priorité était d'obtenir des subventions des institutions de tutelle de l'Escapade. En tout état de cause, j'étais absolument solidaire des salariés de l'Escapade.

Le mois de juin avait été marqué par une autre affaire symptomatique des méthodes dalongevilliennes : celle du non renouvellement des contrats de dizaines d'employés municipaux embauchés pendant la campagne électorale. Pierre Ferrari, Marie-Noëlle Lienemann et moi étions scandalisés par le clientélisme insensé de Gérard Dalongeville et de ses hommes de main. Pendant les réunions de Bureau Municipal, nous voyions Nadine Tavernier signer à tour de bras des lettres de non-renouvellement de contrat.
Ma réaction a été double : d'une part, j'appuyais les demandes des employés municipaux qui venaient me voir durant ma permanence (la version mise en ligne sur le blog est la version anonymée d'un des courriers d'appui que j'ai alors écrits) et je faisais part de mon "étonnement" à Gérard Dalongeville, Nadine Tavernier et au DRH, Christophe De Clercq.
D'autre part, j'ai écrit un communiqué de presse dont La Voix du Nord a publié quelques extraits. Comment écrire un communiqué de presse assassin lorsqu'on est adjoint au maire sans avoir l'air de provoquer le maire et porter la responsabilité d'une rupture politique qui serait apparue pour le moins précoce ? Tout simplement en utilisant des formules concessives et une ironie féroce, mais en parsemant le texte d'attaques destinées à être reprises dans un Autant vous le dire : "[...] une politique d’embauche clientéliste. [...] hautement condamnables [...] promesses inconsidérées durant le précédent mandat [...] les élus communistes, qui n’y participaient pas, ne sauraient être tenus pour responsables d’une situation qu’ils découvrent aujourd’hui dans la presse.

En écrivant ce communiqué, je pensais à un conseil qui m'avait été donné à la fédération : "En toutes circonstances, il faut toujours brandir le drapeau de l'unité. Le drapeau de l'unité, c'est un talisman, c'est une force. Même si la rupture est inévitable, il faut continuer de brandir le drapeau de l'unité et faire porter la responsabilité de la division aux autres". Mon communiqué appuyait là où ça fait mal, mais me permettait de continuer de brandir le drapeau de l'unité et de faire porter la responsabilité de la rupture que je savais inéluctable à Dalongeville. Le diviseur, ça ne serait pas moi !

II. Premières ruptures :

Le mois de juin avait été celui des premières alertes, l'été 2008 allait être celui des premières ruptures. Au programme des réunions de groupe de ce mois de juillet : le rapport de la Chambre Régionale des Comptes et le conseil municipal du mois de juillet, un conseil municipal initialement fixé la première quinzaine de juillet et finalement retardé au 21 juillet.

Marie-Noëlle Lienemann assistait à la réunion de groupe du 8 juillet, l'occasion pour elle de mettre les pieds dans le plat : "Alors, Gérard, puisque Jean-Pierre Chruszez est devenu directeur du développement économique à la CAHC, une place de conseiller communautaire se libère. Tu avais proposé, pour des raisons de parité que ce soit une femme et tu avais accepté ma candidature. Comma adjointe à l'habitat, ça n'a pas de sens que je ne sois pas à l'agglo, on est toujours d'accord ?"
Evidemment, Gérard Dalongeville n'était plus d'accord et les interventions courroucées des dalongevilliens mettaient en relief la duplicité de Dalongeville, qui avait, dans le dos de Marie-Noëlle, promis le poste à la CAHC à Micheline Rudi, Annick Genty et Danièle Filipowicz. "Pourquoi ce serait elle et pas moi ? Tout ça parce que c'est une ancienne ministre ! C'est pas juste !" L'intervention la plus tordante aura été celle de Richard Gonzalès s'adressant à Marie-Noëlle Lienemann : "J'y siège, à la commission habitat de la CAHC et tout va très bien, il n'y a pas besoin de toi !" A mourir de rire...
Gérard Dalongeville, faussement naïf : "Tu comprends, Marie-Noëlle, il y a d'autres candidatures..." Comme s'il n'avait pas remonté ses adjoints contre Marie-Noëlle... Il nous prenait vraiment pour des imbéciles ! Pierre Ferrari, Claudine Policante et moi avons été les seuls à soutenir Marie-Noëlle Lienemann, nous attirant les regards noirs de Richard Gonzalès et les commentaires de Danièle Filipowicz : "Ah, ça ne m'étonne pas de ceux-là !"...

Autre point à l'ordre du jour de cette réunion de groupe que l'instauration d'une caisse du groupe majoritaire et d'un système de reversement des indemnités. Jean-Bernard Deshayes, qui savait très bien que je reversais 60 % de mes indemnités à ma fédération, était un chaud partisan d'un reversement obligatoire de 40 % de ses indemnités à la caisse des élus.
"Il n'en est pas question" ai-je répondu. "Je ne suis pas concerné par ça, mes indemnités, je les reverse déjà à ma fédération". "Alors, parce que tu es membre d'un parti, il faudrait que tu ne reverses pas au groupe majoritaire ?" Danièle Filipowicz, Richard Gonzalès, Claude Duberger et Jean-Bernard Deshayes étaient manifestement de mèche... "Je n'ai pas de compte à rendre au groupe majoritaire et je ne reverserai pas d'indemnités, je suis un élu du PCF, c'est au PCF que je reverse mes indemnités. Ceux qui veulent verser au groupe majoritaire pour payer des tracts peuvent le faire, mais ce sera sans moi, moi, j'ai mes propres tracts, nous avons un bulletin de section, je n'ai pas à financer les tracts du groupe majoritaire". La discussion avait été extrêmement houleuse. J'étais accusé de manquer de solidarité avec le groupe majoritaire. Je n'en avais strictement rien à faire puisque je ne me sentais aucunement membre d'un quelconque groupe majoritaire. Dans mon esprit, je représentais le PCF au sein de cette majorité et le seul groupe auquel j'appartenais était le groupe des élus critiques avec Pierre, Claudine et Marie-Noëlle.

Après la réunion, Marie-Noëlle, Pierre et moi sommes allés aux Trois Brasseurs manger et surtout faire le point. "C'était un test. Sa duplicité ne fait aucun doute. Il n'a aucune parole et il a ligué tous ses élus contre nous, mais le pire, c'est le rapport de la CRC. On ne peut pas avoir confiance en Gérard et en Jean-Pierre Chruszez, il est évident qu'ils nous mentent."
Sur le principe d'un reversement d'indemnités au groupe majoritaire, Pierre et Marie-Noëlle étaient sur la même longueur d'ondes que moi. Pas question de verser un centime à Dalongeville et à ses sbires et pas question de distribuer un de leurs tracts !

Le rapport de la CRC tant redouté nous est parvenu quelques jours plus tard. Il était en effet accablant, mais pour Jean-Pierre Chruszez, qui s'est chargé de le présenter, tout allait bien : il s'agissait de déficits de budgets annexes, qui remontaient aux années 80, on récupérait un excédent en investissement... Circulez, il n'y a rien à voir... La ville devait impérativement faire des économies. Proposition de Jean-Pierre Chruszez en réunion de groupe le 10 juillet : économiser 400 000 € au chapitre 65 du budget, les subventions aux associations. En clair, il fallait diminuer de 100 000 € les subventions à l'OMS, à la Caisse des Ecoles, à l'Escapade et au CCAS.
Inacceptable alors que l'Escapade avait déjà vu sa subvention baisser de 80 000 € entre les promesses faites par Adjel Arbaoui, l'ancien DGA, en CA de l'Escapade au mois de décembre 2007 et la subvention votée en mars 2008. Je suis aussitôt intervenu pour m'opposer à toute baisse de subvention de l'Escapade, m'attirant, comme d'habitude les regards courroucés et les commentaires acides de Jean-Bernard Deshayes, Danièle Filipowicz, Claude Duberger, Richard Gonzalès, Brigitte Bombeke et les autres : "Tout le monde fait des efforts, sauf toi ! Tu es le seul à ne pas vouloir faire d'économies ! Pourquoi ce serait possible pour les autres et pas pour toi ? Tu te laisses manipuler par le directeur de l'Escapade, il ne faut pas croire tout ce qu'on te dit, ils peuvent faire des économies, ils n'ont qu'à faire moins de spectacles. De toute façon, personne ne va les voir, leurs spectacles !" Pour clore la discussion, Jean-Pierre Chruszez m'a sorti : "De toute façon, j'ai vu le DGA en charge des afffaires culturelles cette après-midi et il m'a dit que c'était possible, tu n'as pas dû comprendre ce qu'il t'a expliqué..."

Le lendemain matin à la première heure, j'étais dans le bureau du DGA qui n'avait évidemment jamais rien avalisé et j'écrivais un courrier très ferme à Gérard Dalongeville pour lui dire que je ne voyais aucune possibilité de réductions budgétaires dans le domaine culturel, un courrier resté sans réponse, comme tous les courriers que j'envoyais à Gérard Dalongeville. C'est bien simple, en un an de mandat, Gérard Dalongeville n'a jamais répondu à un seul de mes courriers !

Au cours de la même réunion de groupe, Gérard Dalongeville et Jean-Pierre Chruszez avaient lourdement évoqué la femeture possible du cinéma municipal. Inquiet, j'ai pris position sur le blog pour soutenir l'Arc-en-ciel de Liévin, une manière détournée de prévenir Dalongeville et Chruszez qu'il n'était pas question qu'ils touchent à l'Espace Lumière.

Avant de partir à Avignon et de prendre des vacances, j'ai fait un ultime saut à la fédé de Lens, le rapport de la CRC sous le bras. "On ne peut pas cautionner ça ! Il y aura une délibération sur un plan d'économies proposé par Dalongeville et Chruszez, je pense qu'il faut s'abstenir. Dalongeville peut me virer, mais rien à foutre !". J'ai montré à Hervé Poly et Jean-Claude Danglot le texte du discours d'abstention que j'allais donner à lire à Sandy Soudé. Hervé et Jean-Claude ont approuvé sans réserve ma décision de m'abstenir et m'ont assuré de la totale solidarité de la fédé pour engager le combat contre Dalongeville en cas de retrait de délégation. Le lendemain, je donnais à Sandy une procuration et le discours rédigé et je la briefais sur les derniers éléments concernant l'Escapade. 

Après ça, je me suis rendu au festival d'Avignon où j'ai retrouvé David Verkempinck et Saverio Maligno. J'étais beaucoup plus à l'aise avec eux que dans un Bureau Municipal et les discussions furent franches. L'Escapade recevrait-elle les 518 000 € inscrits au BP 2008 ? Les compagnies seraient-elles payées ? J'ai expliqué à tout le monde que le rapport de la CRC était accablant et ne nous laissait aucune marge de manoeuvre, qu'on ne pouvait avoir aucune confiance en Dalongeville et que s'il le fallait, j'étais prêt à mettre mon vote contre dans la balance à un prochain conseil municipal si les subventions à l'Escapade n'étaient pas intégralement versées.
Mes amis du milieu culturel avaient confiance en moi et ne craignaient qu'une chose, c'est que je sois débarqué et remplacé par un dalongevillien qui sabrerait sans état d'âmes dans les subventions.

Après ce séjour instructif à Avignon, j'ai pris quelques jours de vacances en famille en Belgique et c'est de là que j'ai suivi le conseil municipal du 21 juillet. Fallait-il revenir de Belgique pour assister au Conseil Municipal ? Pas question. A l'origine, le Conseil avait été fixé début juillet. Je n'étais pas aux ordres de M. Dalongeville et de ses petites manoeuvres de retardement. Pas question de quitter mon lieu de vacances et ma famille ! Pouvais-je faire confiance à Sandy qui m'avait dit avoir peur, manquer d'assurance, vouloir des formations ? Je me suis posé la question, mais j'ai tranché : "Sandy est briefée. Il faut lui faire confiance." En fait, Sandy ne lira pas mon texte. Pendant tout le conseil, elle m'enverra des textos me disant que Briois avait pris la parole avant elle, que Duquenne était en train de parler, que Chruszez leur répondait... Je lui répondais qu'il fallait s'en foutre, qu'elle avait ma procuration et qu'elle n'avait qu'à attendre son tour pour lire ma déclaration et conclure "les élus communistes s'abstiendront". Finalement, Sandy quittera la séance avant la fin sans lire ma déclaration. Toujours par texto, j'expliquai la situation à Pierre Ferrari et je demandai à Anne-Sophie Taszarek de s'assurer que Sandy allait bien, mais Sandy était déjà rentrée chez elle.
Remaniant mon texte, je l'envoyai dans la soirée comme communiqué de presse à La Voix du Nord, mais j'étais déçu et contrarié de ne pas avoir pu faire entendre ce texte en conseil, par la bouche de ma collègue communiste. 

A mon retour de vacances, j'ai pris à bras le corps le dossier de l'école de musique. J'avais appris il n'y a pas longtemps, en discutant avec Jean-Marc Papajak, le directeur de l'école de musique à la fin des cérémonies du 14 juillet, que les professeurs non-titulaires de l'école de musique, traditionnellement payés durant les congés scolaires, ne seraient plus payés. La décision avait été prise directement par le maire et le DRH. Marc Bernalicis, le DGA en charge des affaires cutlurelles et moi, nous en étions les derniers informés. J'étais absolument fou de rage et j'ai écrit au porte-parole du collectif des enseignants non-titulaires ainsi qu'à Jean-Marc Papajak pour leur dire mon soutien. Ce courrier dans lequel j'écris que "comme enseignant, comme syndicaliste et comme élu communiste, je désapprouve sans ambiguïté [...] la décision du maire" me vaudra quelques semaines plus tard une volée de bois vert en Bureau Municipal, le maire et ses fidèles m'accusant de manquement à la solidarité et de donner des armes à l'opposition (le porte-parole du collectif des enseignants non-titulaires en avait transmis une copie à Steeve Briois et à Daniel Duquenne).

Les fissures qui s'étaient creusées entre Dalongeville et moi s'étaient multipliées durant l'été, mais elles allaient se transformer en un gouffre béant à l'occasion de l'annonce de l'augmentation des impôts, sur le blog de Steeve Briois ! Première réaction, le 22 août à des internautes qui me pressaient de réagir sous forme de commentaire : "Gérard Dalongeville, que j'ai eu par texto ce matin m'assure, et je n'ai pas de raison de douter de sa parole, qu'il n'avait pas reçu ce document avant son départ en vacances et qu'il ne l'a pas encore lu !"
Dalongeville me mentait effrontément puisque le matin même, il commentait l'arrêté préfectoral dans les colonnes de La Voix du Nord. En révélant le baratin qu'il me sortait, je mettais Dalongeville en flagrant délit de mensonge, ce que Steeve Briois s'est empressé de relever sur son blog.
Dans le même temps, j'envoyais un texto à Jean-Pierre Wirtgen que nous espérions pouvoir faire passer de notre côté : "Tu as vu ? Augmentation des impôts et GD ne nous a rien dit, c'est Briois qui l'annonce sur son blog !" Jean-Pierre Wirtgen me répondit qu'il était d'accord avec nous. En réalité, jamais Jean-Pierre Wirtgen ne se battra à nos côtés. Dommage...
La deuxième étape, c'était l'envoi d'un communiqué de presse. Le 28 août dernier, c'était chose faite avec un communiqué partiellement repris par Nord Eclair en pages régionales.
Pour ne pas paraître déclarer la guerre à Dalongeville et être accusé d'avoir toujours été un "putschiste", je revendiquais sans trop de conviction mon appartenance à la majorité, une revendication entourée d'une nuée de critiques acerbes contre Dalongeville. J'écrivais par exemple que "La responsabilité de Gérard Dalongeville et de sa précédente équipe est pour partie engagée. [...] Les communistes ne portent aucune responsabilité dans ces hausses d’impôts que le Maire d’Hénin-Beaumont, rassurant, s’était bien gardé de nous laisser entrevoir durant la campagne. [...] Les communistes d’Hénin-Beaumont [...] continueront à se battre au service des habitants d’Hénin-Beaumont, en usant, quand il le faudra, de leur devoir de critique.
La guerre était déclarée et Gérard Dalongeville ne s'y était pas trompé. Lorsque je l'avais prévenu par texto que je venais d'envoyer un communiqué de presse "soft" (sic) sur les hausses d'impôts, Gérard Dalongeville m'a renvoyé un texto : "Pas de problème... Je te fais confiance, comme au club Dudu-Bribri..." Comme au club Duquenne-Briois.... Dalongeville était on ne peut plus clair, il avait compris que je ne cesserai pas de m'opposer à lui et il me traitait en opposant...

A suivre 
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anonyme 01/10/2009 11:22


enfin l'aveu du traitre!!!

Pourquoi rapporter à Policante ? alors que son épouse était aux BM??


David NOËL 01/10/2009 11:34



Jean-Pierre est le leader du MRC comme Eric est le leader du PRG. Pendant toute la durée de mon mandat, je n'avais aucune confiance dans les dalongevilliens style Gonzalès et Filipowicz, je ne
les reconnaissais pas comme les représentants légitimes de leurs partis, ce n'étaient que  des traîtres dépourvus de conviction et attirés par le pouvoir et l'argent des indemnités.
J'ai toujours travaillé avec les vrais militants politiques qui combattaient Dalongeville : Pierre, Jean-Pierre, Eric et Marie-Noëlle, les choses sont claires.

Les traîtres, ce sont ceux qui ont ruiné la ville, cautionné le clientélisme, les manoeuvres tordues, ce sont les dalongevilliens qui ont trahi les Héninois. Nous, nous sommes toujours restés
fidèles à notre combat contre le FN et contre la mafia dalongevillienne.