Consultation citoyenne sur l’avenir de la Poste : la
privatisation c’est NON !
Ce qui vient d’avoir lieu avec cette consultation est énorme. A cette heure 2 123 717 personnes, résultats comptabilisés et validés pas les comités locaux et départementaux se sont rendues aux
urnes pour donner leur avis dans une dizaine de milliers de points de vote.
Le résultat du vote est sans appel. Plus de 90 % des électeurs disent NON au changement de statut de la Poste et à l’ouverture de son capital et donc à sa privatisation. Cette initiative inédite,
à l’échelle du pays, témoigne de l’attachement profond de la population au service public de la Poste qui au-delà de son rôle économique joue un rôle de lien social indispensable et
irremplaçable.
Le comité national remercie les 2 millions de votants et tient à saluer les milliers de bénévoles qui se sont mobilisés pour assurer l’immense succès de cette votation. Ils ont réalisé quelque
chose d’incroyable.
Ce succès est aussi le résultat de l’unité des 62 organisations syndicales, politiques et associatives. Ce rassemblement historique réalisé autour de la défense du service public a démontré sa
force et sa légitimité.
Cette unité au sein du comité national et des comités locaux doit se poursuivre. La mobilisation conjuguée des postiers, des usagers et des élus conditionne la mise en échec du projet
gouvernemental.
Le président de la République et son gouvernement doivent entendre ce verdict sans appel et renoncer définitivement à cette loi.
La Poste appartient à toutes et à tous, aucune modification du statut de la poste ne peut se faire sans l’organisation d’un référendum.
Forte de ce succès, la mobilisation se poursuit pour l’organisation d’un véritable débat public pour l’amélioration et le développement du service public.
Le comité national appelle les comités locaux à : rencontrer immédiatement les sénateurs et les députés de leur département et circonscription pour exiger du gouvernement le retrait du projet de
loi, prendre des initiatives en direction des préfectures pour communiquer les résultats de la votation.
Le comité national demande à être reçu par le Président de la République ainsi que par les présidents du Sénat et de l’Assemblée nationale.
Le comité national met immédiatement en débat dans les comités locaux avec la population les suites à donner à la votation : forum citoyen, journée nationale de manifestations, nouvelle votation
et il fera connaître dans les jours qui viennent les initiatives nationales qu’il compte prendre contre la privatisation et pour la défense du service public.
Article publié dans l'hebdomadaire Les 4 Vérités (2 octobre 2009)
Revenir sur le dogme de la concurrence
France Télécom est aujourd’hui confrontée à une série de suicides parmi ses salariés. Des suicides en nombre anormalement élevé sur une courte période et qui ont été exécutés sur le lieu même du travail. La responsabilité de l’entreprise est ainsi clairement engagée et, accessoirement, son image passablement écornée dans l’opinion. Or jusqu’à ce jour, on ne voit pas qu’un diagnostic sérieux ait été posé et encore moins qu’un vrai remède ait été préconisé.
La direction de l’entreprise s’inquiète. Elle déclare craindre un phénomène de contagion, une «spirale infernale», mais ne trouve rien d’autre à faire que de se défausser sur le reste de la hiérarchie en l’incitant à plus de dialogue, et sur les médecins du travail en leur demandant de veiller avec plus d’acuité sur les cas à risque. Comme si les uns et les autres ne lisaient pas la presse, n’avaient pas aussitôt compris le caractère dramatique de la situation et adopté les dispositions nécessaires dans le cadre de leurs fonctions.
Le Président de la République, quant à lui, face à cette inertie des dirigeants, s’en prend à eux, Ses propos, paraît-il, ont été «assez durs». Il applique là la méthode qu’il a depuis longtemps mise au point et que nous avons décortiquée il y a peu dans les 4 Vérités. Il fait la grosse voix, comme il l’avait fait contre les militaires lors de l’accident de Carcassonne en 2008, afin d’être, comme autrefois Le Pen, celui qui dit tout haut, sans fioritures, ce que les Français pensent tout bas. Mais cela ne règle rien. On attendait de l’Etat, actionnaire principal, autre chose que des mots.
Les syndicats et la presse vont un peu plus loin. Ils accusent les conditions de travail, la pression quotidienne, les restructurations. Ils ont raison. Mais c’est s’en prendre aux causes intermédiaires. Il faut creuser plus profond, sans tabou.
S’il y restructuration, si les contrats d’objectifs sont draconiens, c’est parce que France Télécom est en concurrence. On oublie trop souvent cette vérité économique énoncée par Frédéric Bastiat qu’«entre le vendeur et l'acheteur, il existe un antagonisme radical». Lorsqu’un client opte pour Bouygues ou SFR et abandonne ce qui fut le service public, il oblige France Télécom à s’adapter pour ne pas en perdre d’autres, voire pour retrouver celui qui l’a abandonné. L’entreprise baisse ses prix ou améliore le service, ce qui est un effet heureux pour le consommateur mais induit aussi une pression à la baisse sur les salaires et, en même temps, une exigence accrue vis-à-vis du rendement des salariés.
Les dirigeants de France Télécom, d’une certaine façon, sont obligés d’agir comme ils le font par la situation dans laquelle ils se trouvent placés, sauf à laisser péricliter l’entreprise. Les vrais responsables des suicides, ce sont donc ceux qui ont imposé la mise en concurrence, à savoir nos gouvernants, ou plus exactement l’Union Européenne. Et si la situation semble plus dramatique ici qu’ailleurs, c’est que, d’une part, la concurrence dans le domaine des télécommunications est effrénée et d’autre part que le passage d’une structure et d’une culture de service public à une structure et une culture de profits est un exercice périlleux qui ne s’opère pas sans douleur.
Autrement dit, le Gouvernement ferait bien d’entendre le signal d’alarme que lui envoient ces salariés en détresse et de profiter de cette série de drames pour reprendre l’offensive à Bruxelles contre la disparition programmée de tous les services publics en Europe.
Peu importe, de ce point de vue, la forme du capital des entreprises. Si une entreprise nationalisée est mise en concurrence, elle est inévitablement amenée à se comporter comme une entreprise privée ; et, avec le système de la concession, courant dans la distribution de l’eau par exemple, des sociétés privées peuvent assumer efficacement une tâche d’intérêt général en situation de monopole.
Ce qu’il faut, c’est revenir sur la mise en compétition face au consommateur final dans des secteurs ou le monopole est naturel et où il faut dépenser des trésors d’imagination pour réussir à y appliquer, sans grand bénéfice d’ailleurs pour personne, le dogme de la concurrence.
Le service postal, les chemins de fer, la distribution de l’électricité sont du nombre. Et leur sauvegarde plus que jamais d’actualité.
Francis Choisel
Conseiller général des Hauts-de Seine , Président de l'Alliance pour la Souveraineté de la France