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Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

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Publié par David NOËL

Depuis quelque temps, n'en déplaise à Claire Chazal ou à Alain Duhamel, la critique des médias rencontre un vif succès et il faut se frotter les yeux pour s'assurer qu'on ne rêve pas lorsqu'on voit François Bayrou fustiger les connivences entre de grands groupes capitalistes comme Bouygues, Lagardère et Dassault et Nicolas Sarkozy, ou lorsqu'on lit, comme ce matin, que le FN s'apprête à créer un observatoire des médias locaux.

Le FN a évidemment raison de dire qu'il a toujours critiqué les médias, mais leur critique des médias était très différente de la nôtre : jusqu'à présent, le FN se retrouvait avec les ultra-libéraux pour dénoncer une prétendue pensée unique "gauchiste" et "droit de l'hommiste".
Les ultra-libéraux de Liberté Chérie ou d'autres associations néoconservatrices allaient encore plus loin : favorables à la guerre contre l'Irak, ils dénonçaient à longueur de tracts les prises de position jugées anti-américaines et pro-Saddam des médias...
Pour les amateurs, on pourra se référer au livre d'Eric Brunet, conseillé il y a quelques jours sur le blog de Steeve Briois, Etre de droite, un tabou français, (inutile de l'acheter, ça n'en vaut pas la peine) qui contient tous les poncifs du genre contre les médias, les syndicats, ou encore l'Education Nationale.

Dans le même temps, une critique antilibérale des médias s'est construite et développée. Le conflit social de novembre-décembre 1995 en aura été l'événement fondateur.
A l'époque, des émissions comme La Marche du Siècle (présentée par Jean-Marie Cavada) invitaient en duplex des grévistes auxquels le présentateur coupait systématiquement la parole et en plateau des intellectuels pro-réforme qui pouvaient s'exprimer autant de temps qu'ils le désiraient.
Pierre Bourdieu et un certain nombre d'intellectuels avaient alors protesté.

Sur ces questions, on lira avec intérêt, aux Editions Raisons d'Agir, le petit livre de Pierre Bourdieu, Sur la télévision, et celui de Serge Halimi, journaliste au Monde Diplomatique, intitulé Les nouveaux chiens de garde (réédité en 2006).
Leur réflexion a débouché sur la naissance de l'association Acrimed (http://www.acrimed.org/) - à laquelle je collabore - et plus tard du journal PLPL, devenu Le Plan B (http://www.leplanb.org/page.php?rubrique=accueil) après sa fusion avec le journal alternatif amiénois Fakir.
Il faut savoir qu'aujourd'hui, les ventes de Charlie Hebdo sont en chute libre. Lassés des prises de position sociales-libérales de Philippe Val, des milliers de jeunes militants de la gauche radicale se sont abonnés au Plan B. Poussés par de nombreux militants sensibilisés à ces questions, le PCF, la LCR et Attac ont dû réfléchir à leur rapport aux médias.

Un groupe de travail du PCF auquel des gens comme Henri Maler, d'Acrimed, ont participé, a récemment produit une brochure intitulée : "Pour une appropriation populaire des médias". Pour ceux qui le souhaitent, cette brochure sera disponible au local de Montigny.

La critique des médias et le développement d'internet ont parallèlement donné naissance à des sites d'information alternatifs comme Indymedia (plutôt anarchiste) ou Bellaciao (plutôt altermondialiste).
Pour ne pas être en reste et surfer sur la vague, des militants identitaires (l'extrême droite de l'extrême droite) ont récemment créé Novopress (http://www.acrimed.org/article2106.html) sur le modèle d'Indymedia.

Le FN héninois a-t-il raison de voir dans la critique des médias un succès pour les thèses qu'il a toujours défendues ?
Evidemment non ! Après la réforme des retraites de 2003, c'est la campagne référendaire de l'année dernière lors de laquelle la plupart des éditorialistes ont soutenu le Oui qui a véritablement mis sur le devant de la scène la critique des médias. Une critique qui n'est heureusement pas celle de Liberté Chérie ou de Novopress, mais qui reprend pour l'essentiel les idées développées depuis des années par la gauche radicale et altermondialiste.

Les propos de François Bayrou sur TF1 comme ceux aujourd'hui du FN confirment en réalité le bien-fondé de nos thèses. On peut simplement regretter que ce ne soit pas Marie-George Buffet qui les ait prononcés.
Lorsque François Bayrou fustige Bouygues, Lagardère et Dassault sur le plateau de TF1 et qu'Olivier Besancenot participe aux Grosses Têtes sur RTL sans rien dire sur les grands groupes de presse capitalistes, on a parfois l'impression que c'est le monde à l'envers et on ne peut qu'espérer que la prochaine campagne présidentielle et législative sera l'occasion pour les militants communistes de poser la question des médias, comme nous le faisons sur notre blog depuis sa création.
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Zepmet 19/09/2006 18:14

Vous critiquez beaucoup la politique nationale et le FN héninois. Je suis entièrement d'accord avec vous. Mais pour être au plus près des préoccupations des populations héninoises pourquoi ne pas faire une critique de la politique de gestion des affaires municipales de Gérard Dalongeville.  Là vous laissez le terrain au FN.

el diablo 14/09/2006 22:36

D'accord Makhno, c'est ce qu'on appelle le "moindre mal". Mais à moyen terme un quotidien comme "l'Humanité" risque fort de disparaître s'il n'est pas soutenu par un fort réseau militant. Historiquement ce sont les CDH et personne d'autres qui ont sauvé l'Huma. Or, les dirigeants ont voulu faire du quotidien autre chose qu'un journal de parti militant :il fallait diluer son identité communiste pour "s'ouvrir" , résultat on est loin très loin de gagner autant de lecteurs "recentrés" qu'on à perdu de lecteurs "traditionnels". Toujours la politique de Gribouille de l'actuel groupe dirigeant du PCF - Salut et fraternité et j'irai tout de même à la fête le week-end prochain.
...Plein d'affiches politiques et syndicales sur mon blog, venez consulter ma collection... 

makhno 14/09/2006 17:00

"Ils sont tellement cupides qu'ils nous vendront même la corde pour les pendre" (Lénine)
M'en fiche moi, que les capitaux de Lagardère ou de la pub servent à financer la parution de l'Huma, ce qui m'importe c'est qu'il continue de paraître et son contenu. Là, j'avoue que je ne suis pas toujours entièrement d'accord, qu'il me semble parfois qu'on est un peu trop à la remorque de l'extrême gauche, des mondialistes quand ce n'est pas du PS, mais soyons réalistes, si l'Huma, pour l'instant ne peut bénéficier que de l'argent de ses lecteurs, adieu l'Huma aussi.
Pour l'instant, entre deux maux il faut choisir le moindre, pour l'instant.
Cordialement
 
 

el diablo 13/09/2006 15:18

......pour cela il faudrait que ce quotidien redevienne celui du parti communiste et que le dit parti redevienne un parti de militants...autant dire qu'il y a du souci à se faire ....

el diablo 13/09/2006 13:52

QUESTION : le quotidien "L'Humanité" n'est-il un peu lié au groupe Lagardère par hasard ? Répondez Elkabbach !!!

David NOˋL 13/09/2006 14:09

Si, bien sûr et ça pose problème. Le Plan B, le Canard Enchaîné, Fakir, il existe des tas de journaux qui survivent sans publicité, j'espère que L'Humanité sera rapidement capable de se passer à la fois des capitaux de Lagardère et de la publicité.

DANTON 13/09/2006 13:44

Article paru dans le Canard Enchainé du 13/09/2006. A FAIRE CIRCULER.
DES ARGUMENTS BETON
Il est toujours risqué de mettre en cause le légendaire souci déontologique qui constitue la marque de fabrique de TF1. François Bayrou l'a appris à ses dépens, le 4 septembre, ainsi que l'évoque "Marianne".
Ce matin-là, le président de l'UDF se fait démaquiller après avoir été l'invité de LCI, lorsque déboulent dans le petit salon Patrick Le Lay et Etienne Mougeotte en personne. De l'aveu même des journalistes de LCI, les deux grands chefs de Télébouygues ne sont pas des habitués des lieux : ils n'y auraient même jamais mis les pieds. Il faut donc que l'heure soit grave.
Et elle l'est car, deux jours plus tôt, invité cette fois du jité de Claire Chazal sur TF1, Bayrou a osé dénoncer "l'orchestration médiatique du duel Sarkozy-Royal" par -notamment- la chaîne privée. Et cela quelques jours seulement après une mise en cause publiquedes liens entre Sarko, Serge Dassault, Arnaud Lagardère et ... Martin Bouygues. Une "accusation extrêmement grave" a répliqué la dame du 20 heures, bientôt relayée par ses supérieurs.
"Suivez-nous !" lancent, comme dans un polar, Le Lay et Mougeotte à Bayrou. Lequel se retrouve au 13e étage de TF1, dans l'immeuble voisin. Et là, il se prend un  mémorable savon, assorti de menaces à peine voilées.
"Ce que vous avez dit est une atteinte à l'honneur de TF1, qui ne peut pas être accusée d'apporter son soutien à quelque candidat que ce soit !" hurle Le Lay, assez fort pour être entendu par-delà les cloisons.
Mougeotte : "Le thèse que nous défendons à TF1, c'est la bipolarisation de la vie politique française."
Le Lay : "La seule chose qui m'intéresse, c'est mon compte d'exploitation."
La scène dure plus d'une heure et, selon Bayrou, tourne à l'avertissement brutal.
"La rédaction est vent debout devant une telle mise en cause, grincent Le Lay et Mougeotte. Vous avez mis leur intégrité en causeet se sera dur de les calmer. Vous allez avoir des problèmes dans vos rapports avec notre chaîne !"
Car naturellement, les distingués dirigeants de TF1 ne sauraient se livrer à de vulgaires représailles.Mais ils ne répoondent pas des ressentiments de leur base...
Non, il ne s'agit pas d'une scène tirée des "Tontons flingueurs" ou du "Clan des siciliens". Cela se passait bien en 2006, à Paris, chez Bouygues.