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Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

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Publié par David NOËL

 Les militants socialistes ont choisi Ségolène Royal. C'est l'épilogue d'une lutte interne tendue qui durait depuis de longs mois.

Avec le recul, on éprouve une sorte de fascination trouble devant le redoutable professionalisme de cette campagne interne : des équipes de campagnes structurées depuis de longs mois, des consultants en communication, des meetings avec leur lot de questions-réponses chronométrées, des coups bas en vidéo sur Youtube...
Le Parti Socialiste ressemble de plus en plus au parti démocrate américain.

Derrière la façade, il y a, heureusement, des hommes et des femmes, des militants et des militantes socialistes qui ne veulent pas de Sarkozy en 2007 et qui ont dû choisir le "bon cheval". De Fabius, Strauss-Kahn ou Royal, qui sera le plus à même de battre Sarkozy en 2007 ? Sur quelle ligne politique ?
"Royalistes" de la première heure ou opportunistes ralliés de la vingt-cinquième heure, de nombreux cadres du Parti Socialiste s'étaient engagés derrière Ségolène Royal et à Hénin-Beaumont, elle était soutenue à la fois par le maire, Gérard Dalongeville, par le député, Albert Facon, par la section socialiste canal historique de Daniel Duquenne et par la section radicale-socialiste d'Olivier Vergnaud.
La victoire de Ségolène Royal n'est donc pas une surprise même si l'ampleur de son score est relativement étonnante.

 Ségolène Royal pourra-t-elle rassembler la gauche en 2007 sur un programme de transformation sociale ? Rien n'est moins sûr... La candidate du Parti Socialiste a prouvé par ses déclarations sur l'enfermement militaire des délinquants ou sur les professeurs qu'elle chassait clairement à droite.

La stratégie choisie s'inspire manifestement de celle de Tony Blair et du New Labour, ou de celle de Bill Clinton et du DLC, le Democratic Leadership Council : convaincus que la gauche ne pourrait pas gagner en défendant des idées progressistes, Blair et Clinton se sont adressés aux classes moyennes conservatrices et ont bâti leurs succès électoraux des années 90 sur ce virage à droite, à base de baisses d'impôts (qui profitent aux plus fortunés) et de remise en causes des droits sociaux en matière de retraite, de sécurité sociale, de services publics.

La gauche de la gauche et le Parti Communiste sont les seuls à pouvoir incarner l'alternative et à mener la bataille des idées (avec Attac, la Fondation Copernic et les associations du mouvement altermondialiste) pour la reconquête d'une hégémonie culturelle que la direction du Parti Socialiste a abandonné aux libéraux.

Après le choix clair des militants communistes en faveur de Marie-George Buffet, c'est désormais aux militants des collectifs unitaires antilibéraux de choisir le "bon cheval" et récemment, la presse s'est fait l'écho des réticences des militants alternatifs des collectifs qui préfèreraient Clémentine Autain, José Bové ou Yves Salesse à Marie-George Buffet, coupable selon eux d'être la représentante d'un parti de 140 000 adhérents, alors que ses concurrents ont l'avantage de ne représenter qu'eux-mêmes ! On croit rêver...
 Pour reconquérir les classes populaires et défendre un programme véritablement anticapitaliste, c'est le choix de Marie-George Buffet qui doit s'imposer.
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