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Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

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Publié par David NOËL

Je lis Libération chaque jour depuis des années et je suis triste de voir ce qui se passe dans les couloirs du quotidien de la rue Béranger.

Les salariés de Libération ont voté et ils ont approuvé à une courte majorité le plan de Laurent Joffrin, ex directeur de la rédaction du Nouvel Observateur, qui prend la tête de Libération avec l'aval de l'actionnaire principal, Edouard de Rotschild.

Edwy Plenel, l'ancien rédacteur en chef du Monde, avait bien présenté un plan de relance avec un minimum de suppressions d'emplois, mais son plan n'était pas financé et Edouard de Rotschild ne voulait pas entendre parler d'Edwy Plenel. Sans un apport financier de l'actionnaire, Libération risquait le dépôt de bilan.

La venue de Laurent Joffrin risque malheureusement de ne rien arranger. Sur un effectif total de 280 salariés, le quotidien devra se séparer d'au moins 66 personnes, et Rotschild demande jusqu'à 100 suppressions d'emplois.

Comment faire remonter les ventes du journal, tombées de 170 000 numéros en 2001 à 130 000 en 2006, avec moins de journalistes et en sacrifiant notamment le service photos du journal, qui a fait sa renommée ? C'est le défi qui se posera à Laurent Joffrin et il n'est pas sûr qu'il puisse le relever.

Comme Edwy Plenel, Laurent Joffrin a affirmé devant les journalistes que la ligne éditoriale de Libération devait être une ligne de gauche...
Mais de quelle gauche parle Laurent Joffrin ?
Comme Serge July, qui insultait les électeurs du non au lendemain du 29 mai, comme les journalistes de Libération qui couvrent l'Amérique latine et qui attaquent constamment Hugo Chavez, Laurent Joffrin est un social-démocrate des plus modérés, qui déteste la gauche antilibérale.

Dans les années 80, alors qu'il dirigeait le service économique de Libération, il se vantait d'avoir été, avec Serge July, l'un des artisans de la victoire des idées capitalistes à gauche.
C'est le même Laurent Joffrin qui avait écrit le scénario de l'émission "Vive la crise", présentée par Yves Montand en février 1984. Yves Montand qui s'affirmait "de gauche, tendance Reagan" y expliquait que la seule solution pour sortir de la crise était de démanteler les droits sociaux et d'en finir avec "l'Etat-Providence" et les politiques keynésiennes.

Si c'est sur cette ligne de gauche, tendance Reagan, Thatcher et July que Laurent Joffrin compte relancer Libération, il y a fort à parier que Libé perdra encore des lecteurs en même temps que ses dernières plumes le quitteront.

Déjà, les chroniques économiques de Thomas Piketty ou des autres chroniqueurs économiques de Libération ressemblent à celles du très libéral Eric Le Boucher, qui officie dans les colonnes du Monde. Les chroniques politiques d'Alain Duhamel sont toujours aussi navrantes et la critique médiatique de Daniel Schneidermann est toujours aussi inoffensive. C'est à se demander ce que fait encore Pierre Marcelle dans cette galère...

On le voit, les raisons d'être inquiet sont nombreuses et Laurent Joffrin risque d'être le fossoyeur de Libération. Raison de plus pour que les lecteurs se fassent entendre et se mobilisent. Raison de plus, aussi, pour que la gauche prenne les mesures qui s'imposent  si elle est élue en 2007.
Le programme du rassemblement antilibéral comprend un certain nombre de pistes (en ligne sur le site d'Acrimed, ci-dessous) et le Parti Socialiste et les Verts pourraient nous rejoindre sur ces questions. Espérons qu'il ne soit pas trop tard pour sauver Libération...
http://www.acrimed.org/article2488.html
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