Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

Archives

Publié par David NOËL

François Bayrou est un homme estimable. Le leader de l'UDF a refusé, avec raison, en 2002, de dissoudre son parti dans l'UMP. Soucieux de montrer l'indépendance de son parti, il est allé jusqu'à voter la motion de censure contre le gouvernement De Villepin en juin 2006, même si tous les députés UDF ne l'ont pas suivi.

Crédité de 14 à 16 % dans les sondages, il rêve de figurer au second tour de l'élection présidentielle à la faveur d'un effondrement de Ségolène Royal. François Bayrou a gagné son pari : l'UDF n'est plus cette confédération créée par Valéry Giscard d'Estaing, les libéraux l'ont quittée pour rallier l'UMP, comme les radicaux valoisiens dirigés par Jean-Louis Borloo. Réduite à sa famille démocrate-chrétienne (le courant qu'animait François Bayrou, Force Démocrate, est le lointain héritier du MRP), l'UDF est un parti à peu près soudé qui dispose d'un corps de doctrine plus ou moins cohérent et d'un socle électoral non négligeable.

Ceci étant dit, que penser du projet politique de François Bayrou ? A plusieurs reprises, le leader de l'UDF a expliqué qu'il souhaitait un gouvernement d'union un peu comme le gouvernement de grande coalition CDU-SPD en Allemagne. Ce gouvernement d'union pourrait être dirigé par un premier ministre issu de la gauche sociale-libérale, une sorte de "Delors jeune" comme Bayrou l'a réexpliqué hier.

On retrouve là le vieux modèle de "Troisième Force" de la Quatrième République : à l'époque, la SFIO, le parti radical et le MRP gouvernaient ensemble pour barrer la route au PCF et au RPF gaulliste.

L'objectif de François Bayrou n'est pas de barrer la route à la gauche radicale ou à l'extrême droite, il est plus prosaïquement d'unir les bonnes volontés autour d'un programme de réformes.
Alain Minc, qui se dit toujours de gauche et social-libéral et qui soutient aujourd'hui Nicolas Sarkozy avait déjà théorisé ce fameux projet dans les années 80 : pour Minc, il n'y a qu'une seule politique économique possible et elle est libérale ; la gauche libérale et la droite libérale, ce que Minc appelle "le cercle de la raison" doivent donc l'appliquer ensemble. Minc réservait l'essentiel de ses critiques au PS, qui n'avait pas "fait son Bad Godesberg" selon la formule consacrée et qui noue des alliances à gauche avec le PCF et les Verts.

Comme Minc, Bayrou veut réunir les libéraux de gauche et les libéraux de droite pour mener une politique libérale. Comme Minc, mais aussi comme Sarkozy et Royal, Bayrou a voté "Oui" au Traité Constitutionnel Européen.
Libéral convaincu, Bayrou a réussi à paraître moins hostile aux fonctionnaires que Nicolas Sarkozy et que Ségolène Royal, il a pris la défense des enseignants contre Gilles de Robien, qui appartient pourtant à l'UDF. Quelle que soit la part de sincérité et la part de tactique, ces postures n'y changeront rien : François Bayrou veut être élu pour mener la même politique libérale que Sarkozy.

Quelle que soit la sympathie que peut inspirer le personnage, Bayrou, c'est le retour de la Troisième Force et c'est la continuation des politiques libérales.
L'alternative au libéralisme de la droite ne viendra ni du social-libéralisme de Royal ni du centrisme libéral sauce Bayrou.

L'alternative au libéralisme, c'est la gauche populaire et antilibérale avec Marie-George Buffet !
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Bayrou.de 08/03/2007 09:32

En Allemagne nous voterons Bayrou non pas parce qu il suit la situation Politique en Allemagne mais parce qu il pourra la modifier en y promouvant les valeurs de laicite.

el diablo 27/02/2007 13:11

Un bon exemple pour Bayrou: la coalition "centriste" SPD-CDU s'apprête à faire voter la retraite à 67 ans en Allemagne. Alors Bayrou estimable peut-être mais çà dépend par qui, mais pas par les travailleurs à mon avis.