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Interviews et reportages sur Méricourt

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Publié par David NOËL

Tous réacs ? C'est le titre un peu provocateur du magazine Enjeux Les Echos du mois de mars, paru mercredi dernier, un magazine où l'on trouve un reportage très intéressant de Laurence Bagot sur Hénin-Beaumont.

La journaliste d'Enjeux Les Echos est venue nous interviewer quelques camarades et moi et je suis assez effondré par le résultat. Il faut dire que le camarade dont les propos ont été retenus servait à merveille la thèse défendue par la journaliste : le Front National prospère grâce au chômage et aux difficultés sociales et ses idées se répandent.

Il faut aller plus loin et le reste du magazine est tout aussi intéressant. On relève entre autres chiffres éloquents qu'en 1989, 29 % des Français estimaient que le RMI risquait d'inciter les bénéficiaires à s'en contenter et à ne pas chercher de travail. En 2003, ils étaient 53 % à le penser ! Début 2006, 67 % des Français considéraient que "si la plupart des chômeurs le voulaient vraiment, beaucoup pourraient retrouver un emploi". C'est 10 % de plus qu'en 1998.

Qu'est-ce que ces chiffres signifient ? Tout simplement qu'il y a bel et bien eu un recul de la conscience de classe, pour reprendre une terminologie marxiste.

Ce recul de la conscience de classe parmi les classes populaires est le résultat de 30 ans de politiques favorables au capital qui ont fragmenté le salariat pour des raisons autant économiques que politiques et idéologiques.
En clair, à partir des années 70, le chômage de masse a créé une armée de réserve fort utile aux capitalistes pour faire pression à la baisse sur les salaires et les conditions de travail et pour affaiblir les organisations ouvrières. L'intérim, les CDD, le temps partiel subi, le recours à la sous-traitance ont fragmenté la classe ouvrière.

Un ouvrier de Faurecia, un professeur et une caissière de supermarché appartiennent tous les trois à la classe ouvrière, mais ils n'en ont plus forcément une conscience nette.

Parallèlement à ce phénomène de fragmentation de la classe ouvrière, la droite et l'extrême droite ont mené une offensive idéologique visant à dissocier les travailleurs et à les opposer entre eux. Ce sont les travailleurs français et les travailleurs étrangers que l'on oppose, ce sont les travailleurs du public et du privé que l'on dresse les uns contre les autres.

A chaque fois, il s'agit pour la droite et l'extrême droite de diviser la classe ouvrière et de détourner sa colère contre elle-même. Au lieu de pester contre les privilèges réels des capitalistes, les travailleurs du privé s'en prennent aux privilèges imaginaires des fonctionnaires, les smicards s'en prennent aux privilèges tout aussi imaginaires des rmistes qui s'en prennent eux aussi aux privilèges des étrangers.

Il s'agit - et je l'ai expliqué à la journaliste d'Enjeux Les Echos venue nous interviewer - d'une offensive de la droite et de l'extrême droite pour conquérir l'hégémonie culturelle.

Face à cette offensive, c'est une erreur politique majeure de renoncer à nos principes et à nos valeurs, en acceptant par exemple la mise en place de mesures sécuritaires ou en enterrant certaines revendications parfaitement justes comme celle du droit de vote des étrangers aux élections locales.

La tâche des militants communistes est loin d'être simple, mais elle est à notre portée : pour obtenir de nouveaux droits et construire ensemble une société plus juste, nous devons dénoncer les stratégies de division de la droite et de l'extrême droite, et reconquérir l'hégémonie culturelle pour faire avancer la conscience de classe, car c'est la conscience de classe qui sous-tend les luttes qui pourront déboucher sur les changements politiques de demain.
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E
Le problème c\\\'est que vous ne répondez pas aux questions que je pose? Je ne suis absolument pas démoralisé, pour votre info: je suis un des rares cadres de mon entreprise à avoir fait deux fois une journée de grève contre le CPE et participé aux manifs, idem contre la réforme Fillon sur les retraites (cela malgré les pressions plus ou moins indirectes de ma direction). Vous ne me connaissez pas, donc ne me classer pas dans les "archéo-communistes". Je suis le contraire des nostalgiques de l\\\'URSS et tutti quanti, je sais bien que les donneurs de leçons du PCUS d\\\'hier sont les nouveaux riches d\\\'aujourd\\\'hui. Non, j\\\'aspire au retour aux sources, celui de la Commune, du mandat impératif...etc...et j\\\'affirme que le PCF est en fin de vie car précisément il n\\\'a pas tiré les leçons de l\\\'histoire du 20 ème siècle . Maintenant libre à vous de continuer de militer dans ce parti   
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C
El diablo, je suis prof, syndicaliste et militant communiste depuis l\\\'âge de 16 ans. J\\\'ai 52 ans et suis un militant de "base" de la section d\\\'Hénin. On peut douter, se tromper, perdre, mais parfois engranger de petites victoires. Un seul exemple: le CPE, avec les élèves, un mouvement formidable: des barricades au lycée!! Du baume au coeur et la pêche pour des années, contre vents et marées capitalistes,  frontistes et...socialistes!! Et qui est venu nous soutenir dans notre combat à Hénin? Les cocos, des élus se sont déplacés et on a tenu un petit meeting devant le lycée. Alors, "tous pourris?" Qui a intérêt à diffuser une telle ineptie poujadiste?Parfois, c\\\'est dur, on a du mal mais on se bat comme des beaux...diables !! sans se laisser impressionner par les stratégies de division du monde du travail ( voir l\\\'article de David sur la conscience de classe) Je vois que tu sombres dans un archéo-communisme dépressif.Franchement, le programme de MGB est clair, précis, c\\\'est un bon programme. On va pas dire qu\\\'on a perdu avant d\\\'avoir livré bataille....On va y aller.... Laisse tomber les archéo-cocos que tu fréquentes trop et viens donc au meeting de MGB. Tu verras la Compagnie Jolie Môme, ça te remontera le moral politique (qui est vraiment bien bas, au point de voter Sego au premier tour, quelle défaite... ) et qui t\\\'empêche d\\\'analyser sainement la situation actuelle....Nous sommes les grains de sable du système! Même petits, nous pouvons beaucoup!Allez, à Vendredi...
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E
Nota Bene: je ne "crache" pas sur le PCF pas plus que je ne donne des "leçons de communisme". Je suis simplement un salarié, je prétend avoir acquis, au fil des luttes que j'ai pu mené, une conscience de classe. J'ai longtemps milité activement au sein du PCF .Dans la période 1997-2002, j'ai, avec d'autres camarades de ma fédération, mis en garde nos dirigeants sur les conséquences mortelles pour le parti qu'avait son orientation du moment, tant du point de vue de l'action des ministres PCF que sur la "mutation". Nous avons été méprisés, accusés de ne rien avoir compris, etc… Petit à petit nous nous sommes éloignés du PCF jusqu'à le quitter sur la  pointe des pieds en quelque sorte….Puis est arrivé ce qui devait arriver…3,37%....des milliers de militants sincères sont partis, des centaines de sections se sont écroulées, des milliers de cellules itou…Alors venir aujourd'hui m'accuser de "cracher" sur le PCF, il faut tout de même pas pousser !!! Qui sont les anti-communistes? Les gens comme moi qui ont mis en garde les dirigeants en fonction, précisément, de ce que nous entendions sur terrain ou les béni oui et autres carriéristes qui tenaient à leur poste de permanents (élus ou non)? Si en quelques années ce parti est passé de 15 – 20 % à 2 – 3 % c'est tout de même qu'il y a quelque chose qui ne tourne pas rond  dans la stratégie de la direction! Alors, pourquoi ne pas envisager de changer de stratégie ? J'ai une réponse: parce que le risque existerait de perdre, au moins provisoirement, certains postes d'élus et que cela est inacceptable pour les caciques du PCF, voilà la vérité ! Avant d'accuser un communiste sincère, il faudrait mieux se poser les bonnes questions. Je n'ai jamais refusé le débat, y compris reconnaître parfois me tromper mais j'ai toujours refusé la mauvaise foi.  Or, je crains qu'elle n'ai pas disparu parmi ceux qui défende encore le PCF  aujourd'hui moribond.
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E
Je ne sais pas qui vous êtes mais sachez que je suis dans l'action, comme vous dites, au quotidien, comme salarié d'abord et comme délégué CGT cadre ensuite.  Je suis certainement  plus en contact avec le monde du travail que certains de vos permanents PCF qui n'ont jamais subi l'exploitation capitaliste passant directement de l'école ou de l'université au siège du PCF. Je ne voterai pas pour MG Buffet qui a atteint un niveau de platitude jamais encore atteint même par R.Hue aux meilleurs heures de la "mutation" du PCF.
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C
Les remarques récurrentes d\\\'El diablo sur les erreurs du PCF et sur les "complots" de la direction ou des élus tournent à la litanie. El diablo, tu as mal choisi ton nom, tu joues sans cesse au Cassandre pleurnichant ou crachant sur le Parti en nous donnant des leçons de communisme. En plus, tu nous annonces, si j'ai bien compris, que tu ne voteras pas MGB au premier tour. La belle affaire, c'est un peu court comme stratégie pour un vrai révolutionnaire...!!!!Permets moi, El diablo, de te suggérer une autre solution.Comme beaucoup d'autres, je milite chaque semaine pour MGB....Et si,comme nous,  tu choisissais l'ACTION? Tu verras, tes rancoeurs s'apaiseront, tu auras un autre point de vue sur les erreurs politiques du PCF et surtout tu y verras plus clair pour le premier tour...
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E
Le PCF n\\\'est plus un parti de militants, c\\\'est une annexe du PS, dirigé par des notables, élus grâce au même PS. Que çà vous (nous) plaise ou non, ce parti est dans le "système" et est globalement  perçu comme inutile par les travailleurs. C\\\'est pour cela que la campagne de MG Buffet n\\\'a pas de souffle. Si vous en doutez aujourd\\\'hui , vous en serez peut-être convaincu le soir du 22 avril... N.B.= sachez que je ne me réjouis pas de cette situation mais je pense faire preuve de lucidité.
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E
En capitulant en pleine guerre idéologique et pour quelques strapontins électoraux le PCF porte une responsabilité historique dans cette situation.Il s'agit maintenant, avant tout, d'utiliser, dès le premier tour le meilleur bulletin de vote pour tenter d'empêcher le "tatchérien" Sarkozy de prendre le pouvoir...et après le 22avril de commencer à reconstruire un parti pour le monde du travail.
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D
Ce parti est là, sous vos yeux, el diablo, c'est  le PCF...