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Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

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Publié par David NOËL

Dimanche dernier, Marie-George Buffet était l'invitée de "5 ans avec...", l'émission de M6 présentée par Estelle Denis.
La vidéo de l'émission est en ligne sur notre blog.

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el diablo 25/03/2007 18:08

QUESTION = Doit-on obligatoirement s'inscrire dans le jeu quand sa règle est édictée par la seule grande bourgeoisie. Ainsi, en s'y inscrivant ne cautionne t-on pas cette dernière en servant d'alibi démocratique? 

el diablo 24/03/2007 21:07

David - Avez-vous pris en compte le fait que les grandes avancées sociales ont été arrachées par le peuple lors de grandes luttes ouvrières et populaires (1936, Libération, 1968)  et non  suite  à un scrutin électoral?  Il s'est même trouvé qu'en 1968 le SMIC a été augmenté de plus de 30 % d'un coup et que la droite était, quelques semaines après, ultra majoritaire à l 'Assemblée Nationale. Arrêtez  cet électoralisme qui est tout sauf révolutionnaire. Pour les révolutionnaires l'élection est un moment de la lutte et seulement cela. Et il est de situations où l'abstention est la démarche la plus pertinente (voyez le second tour de 1969) : voilà mon avis.

David NOËL 25/03/2007 10:43

Oui, mais là, on ne parle pas du second tour, on parle d'un premier tour où se présentent 3 candidats trotskistes, la candidate du Parti communiste et un candidat altermondialiste. Quand on est proche de la gauche radicale, on vote pour un de ses candidats pour renforcer son influence (ce qui n'empêche évidemment pas de participer aux luttes), ça me paraît logique, non ?

Jean-François Autier 24/03/2007 14:26

Je crois comprendre le trouble de David.Dans ce scrutin, quel moyen d'insurrection propose-t-il, qui ne soit pas une soumission à la règle du jeu voulu par les exploiteurs ?L'étalage de la dispersion des suffrages sur les candidats qu'il cite ne pose aucun problème au capital, bien au contraire.

el diablo 24/03/2007 14:07

Voter: la meilleure et la pire des choses : Partir des réalités ! 1 %, 2 % de ceux qui ont décidé de voter, c'est quoi ? Combien de milliers ? L'inquiétant, c'est que moins ils sont, plus ils sont convaincus d'avoir raison. Il y a une irrationnalité dangereuse, mais qu'y faire ? Il y en a tellement d'autres qui s'interrogent, qui n'ont pas décidé qui voter ou même de voter. L'essentiel, c'est d'être et de rester sur le fond de classe et de faire vivre une perspective anticapitaliste. Maintenant, il faut aussi revenir sur les différentes formes de luttes. Le bulletin de vote, c'est aussi le Prince-Président qui va se faire plébiciter, Napoléon, le petit, comme dira Victor Hugo ; c'est aussi Hitler, c'est aussi Bush... Le contexte joue beaucoup et notamment l'articulation des différentes formes de luttes, comme le montrent différents exemples issus de l'histoire. Les peuples n'ont pas attendu d'avoir le droit de vote pour lutter. En France et ailleurs. La Révolution de 1789 s'est faite sans. Le suffrage universel date de 1945. En 36, il y a eu en même temps l'occupation des usines et le vote, ça a duré deux ans, et au bout de deux ans, l'Assemblée a voté les lois qui ont permis les premières arrestations de communistes. Les électeurs communistes ont contribué à élire ceux qui vont décider de mettre les communistes en prison : c'est utile le bulletin de vote, non ? A la Libération, il y a eu l'articulation de la Résistance avec ses différentes formes de luttes, y compris la lutte armée, et les élections. Ca a duré jusqu'en 1947 où les communistes ont été chassés du pouvoir, y compris par ceux qu'ils avaient contribué à faire élire et à porter au pouvoir ! Utile le droit de vote, non ? 1958 ? Les communistes isolés par le droit de vote, de Gaulle prend le pouvoir légalement. 1968, occupation des usines, manifestations monstres, acquis sociaux, et sévère raclée électorale : combien reste-t-il de députés communistes ? De Gaulle part avec le référendum de 1969. 1981, Mitterrand, qui avait signé le programme commun et s'était prononcé pour la rupture avec le capitalisme, est élu ; ça dure 2 ans et c'est le début des "30 désastreuses" dont on n'est pas sorti ; gouvernements et majorités de droite, de gauche ou de cohabitation se succèdent, le CAC 40 n'arrête pas de battre des records et la pauvreté de masse s'installe ! Nom de Dieu, c'est utile le droit de vote ! Je pense que cette rapide évocation est causante : le droit de vote, ce peut être la meilleure ou la pire des choses. Pour en décider, il faut faire l'analyse concrète de la réalité concrète et non rabacher des vérités qui seraient éternelles : il n'y a pas de vérités éternelles ! On n'est jamais deux fois dans la même situation, on  ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve. C'est ça la démarche marxiste ! Mais, bon Dieu, où est la démarche marxiste ? Michel Peyret, député(1) communiste de Gironde (1986-1988) (1) Député, ce n'est pas nécessairement ce qui a été mon activité militante la plus utile, mais je ne dirais pas que c'est la pire... En tout cas, c'était le résultat du vote, et à la proportionnelle ! Parce que de la proportionnelle, il faudrait peut-être en parler davantage, et pas seulement en parler d'ailleurs. Parce que ce scrutin majoritaire à deux tours, il n'y a rien de de pire, ça oui ! C'est une machine à bipolarisation, sur la longue durée on en voit bien les effets désastreux, cela rabote les pluralités, ça tend à la constitution de deux grandes forces politiques, c'est le courant révolutionnaire qui disparait. Quand je dis qu'il n'y a rien de pire...

politic-tac 23/03/2007 14:55

Une petite compilation des affiches électorales de ces 30 dernières années, ça vous dis? Alors venez faire un tour par ici.

el diablo 23/03/2007 08:52

Pour une utilisation insurrectionnelledu bulletin de voteInsurrection : Action de s'insurger; soulèvement qui vise à renverser (le pouvoir établi).  (...)
Contraire : Soumission. (Le Petit Robert).
 
    Conquis par la lutte, le vote est un droit, pas un devoir. Ce n’est qu’un moment de la lutte des classes, durant lequel rien n’oblige la classe des exploités à jouer le jeu voulu par les exploiteurs. Surtout quand ce jeu est piégé : quel que soit le vote des exploités, c’est un des trois candidats des exploiteurs qui sera élu, un de ceux qui choisissent les 100 milliards de profits des entreprises du CAC contre le SMIC à 1.500 euros, un de ceux qui appelaient à voter oui à la Constitution européenne. Le bilan des privatisations de la gauche plurielle, son laisser faire les licenciements boursiers, sont là pour rappeler qu’il n’y a pas de moindre pire : avec elle, combien sont tombés dans l’abîme de la fracture sociale ?
    “Sarkozy le plus dangereux” n’a qu’un objectif : pousser les exploités à choisir entre les deux autres candidats serviteurs des exploiteurs. C’est de la même veine que “Au secours la droite revient”, pour obtenir le même résultat : pérenniser la soumission au capital. Quelles que soient ses intentions, “Le sursaut à gauche” s’inscrit dans la même démarche : en agitant le danger de droite, il pousse au prétendu “vote utile” dès le premier tour ; il poursuit la dispersion des exploités sur un des cinq candidats des différents groupuscules antilibéraux ou/et anticapitalistes ; en invitant à augmenter le nombre de suffrages exprimés, il concourt à légitimer le (ou la) futur élu. Ainsi, pour les exploiteurs, il sera plus facile d’obtenir la “paix sociale” demandée aux exploités au lendemain de chaque présidentielle.
    Et cela, alors qu’il faudrait créer les conditions du rassemblement des exploités, pour leur permettre d’affronter les exploiteurs, et  les battre ! Car si 61 % des Français jugent le capitalisme (sic) négatif (sondage Louis Harris, Libération 4-11-05), c’est aussi le jugement de 38 % des électeurs UDF-UMP. Ce n’est pas par adhésion au capitalisme que les exploiteurs continuent d’imposer leur loi aux exploités, c’est grâce à l’absence d’une perspective anticapitaliste crédible.
    S’insurger, refuser le jeu de dupe qu’est cette élection, pour les exploités, c’est le seul moyen de reprendre la main. Ils ont au moins trois possibilités de se rassembler de manière visible : le vote nul, le vote blanc, l’abstention. “Ce sont les masses qui font l’histoire”... “Nous appelons communisme le mouvement réel qui abolit l’état actuel”... Qui abolit, pas qui perpétue.
    Pour accomplir son rôle historique de libération de la société toute entière, la classe des exploités n’a pas besoin de dirigeants, mais de représentants. Elle n'a pas besoin d'organisations groupusculaires qui, incapables de sortir de leurs logiques d'appareils, entretiennent les divisions, et finissent par être de véritables soutiens du capital. 
Jean-François A.ajusteur mécanicien retraité, ancien combattant (Algérie),
adhérent du PCF depuis le 3-1-63

David NOËL 24/03/2007 12:31

S'insurger en votant blanc ou nul ? C'est complètement aberrant quand on se veut anticapitaliste ! Je comprends qu'on puisse voter Arlette Laguiller, Olivier Besancenot ou José Bové plutôt que Marie-George Buffet, mais voter blanc ou nul quand on est révolutionnaire, ça me dépasse.