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Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

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Publié par David NOËL

François Bayrou vient de recevoir coup sur coup le soutien de Spartacus et des Gracques. Qui dit mieux ? A quelques jours d'intervalle, un collectif de hauts fonctionnaires socialistes a signé sous le pseudonyme de "Spartacus" un appel à voter Bayrou tandis qu'un second collectif de hauts fonctionnaires socialistes signe cette semaine dans Le Point, sous le pseudonyme "Les Gracques", un appel pour une alliance PS-UDF.

A quand une déclaration de Jules César ?

Voilà en tout cas qui fera plaisir à Jean-François Kahn, le patron de Marianne et l'inventeur du "centrisme révolutionnaire", mais il faut remettre un peu les choses à leur place : l'UDF a voté toutes les lois antisociales de l'UMP, à commencer par la loi Fillon sur la réforme des retraites.
L'UDF est un parti de droite doté d'un programme tout aussi libéral que celui de l'UMP.

Il faut une mauvaise foi abyssale pour oser se servir des Gracques pour justifier une alliance de "Troisième Force" du PS et de l'UDF. Les signataires de l'appel à une alliance PS-UDF écrivent que le PS doit rompre avec le PCF et le mouvement social pour mener une politique capitaliste libérale plus affirmée. On ne voit pas bien ce qui est révolutionnaire là-dedans...

Rappelons simplement pour mémoire que Tiberius Sempronius Gracchus et son frère Caius Sempronius Gracchus étaient deux hommes politiques romains du deuxième siècle avant JC morts pour avoir voulu mettre en oeuvre une réforme agraire.
Karl Marx pense à eux lorsqu'il écrit au début du 18 Brumaire de Louis Bonaparte que les révolutionnaires de 1789 se drapaient dans les costumes des héros de la République romaine. "Gracchus" Babeuf, le premier "communiste", exécuté en 1797, était ainsi un admirateur des Gracques.
A ce qu'on sache, François Bayrou n'a pas vraiment l'intention de s'attaquer aux capitalistes et de partager les richesses...

Qui étaient les Gracques ?

Né en - 162 dans une famille patricienne (son père avait été consul), Tiberius Gracchus entame un cursus honorum tout ce qu'il y a de plus classique (il est questeur en - 137) avant de se faire élire tribun de la plèbe en - 133. Sa décision de se présenter comme tribun de la plèbe étonne tout le monde, mais s'explique par son éducation stoïcienne et sa fascination pour la démocratie athénienne. Tiberius Gracchus souhaitait vraisemblablement modifier la constitution de la République romaine dans un sens plus démocratique et faire des comices tributes et du tribunat de la plèbe le véritable coeur du pouvoir, au détriment du Sénat.
Il mène une ambitieuse politique de réforme agraire qui mécontente le Sénat qui réagit en achetant un des dix tribuns de la plèbe, Octavius. Tiberius Gracchus le fait destituer par les comices tributes et se représente au poste de tribun de la plèbe pour l'année suivante, mais il est assassiné avec 300 de ses partisans et son corps est jeté dans le Tibre.

Son frère Caius Sempronius Gracchus se fait à son tour élire tribun de la plèbe en - 124 et poursuit méthodiquement l'oeuvre de réforme sociale initiée par son frère. Il s'assure du soutien de la plèbe en promulguant la lex Sempronia frumentaria qui prévoit la distribution de blé à prix réduit aux citoyens les plus pauvres. Il introduit la parité entre les chevaliers et les sénateurs devant les tribunaux et engage une grande réforme agraire.
Le Sénat réagit en achetant une fois encore un tribun de la plèbe chargé de doubler Caius Gracchus sur sa gauche. Caius Gracchus perd le soutien populaire et est obligé de se radicaliser en proposant notamment de créer une colonie sur l'ancien site de Carthage.
En - 122, il n'est pas réélu tribun et assiste impuissant au démantèlement de ses lois. Il réunit alors ses partisans, mais le Sénat adopte un senatus consultum ultimum qui le met hors la loi.
Caius Gracchus et 3000 de ses partisans sont massacrés en - 121 par l'armée envoyée par le Sénat.

Il faut rendre justice à Marx ! Au début du 18 Brumaire de Louis Bonaparte, il constatait que l'histoire se répète pour ainsi dire deux fois, la première fois comme tragédie et la seconde comme farce.
François Bayrou soutenu par les Gracques ? Décidément la campagne électorale offre de drôles de farces...
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Solon 31/03/2007 16:17

La réponse de Solon aux Gracques : quant les trentenaires répondent aux quinquas !
 http://democratie-segolene.blogspot.com/
 
L'APPEL DE SOLON SÉGOLÈNE ROYAL, POUR UNE POLITIQUE DE SINCÉRITÉ
Loin du compromis illusoire, la candidate socialiste incarne l’espoir d’un changement fondé sur un contrat avec les citoyens
 
Trentenaires, serviteurs de l’État par choix, et militants socialistes par conviction, nous observons le dépérissement de notre démocratie, où les annonces tiennent lieu de politique et où la gestion masque l’absence de projet. La réponse à cette situation ne réside pas dans la négation des clivages, ni dans la collusion avec un prestidigitateur dépourvu de programme. Elle se trouve dans une réinvention des rapports entre les citoyens et la politique.
 
Dans leur récent manifeste, les Gracques en appellent à une alliance entre la candidate socialiste et François Bayrou, candidat de droite. Ils ne perçoivent pas l’ineptie d’une telle coalition, qui pourrait mener notre pays vers des lendemains non moins tragiques que la fin des tribuns romains dont ils ont pris le nom. Ont-ils oublié que les tentatives de réforme conduites à Rome par les Gracques, au IIème siècle avant notre ère, avaient échoué dans la violence ?
 
>>> lire la suite sur http://democratie-segolene.blogspot.com/

coco 25/03/2007 00:04

Pourquoi tu montre l'optimates caton (in la serie Rome) pour parler des gracques?J'aime beaucoup ton analyse, moi qui suis "romaniste" je te dis "felicior augusto melior traiano" pour cette campagne (plus heureux qu'auguste et meilleur que trajan)fraternellement