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Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

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Publié par David NOËL

Le programme du Front National annonce une baisse considérable des impôts, des prélèvements sociaux, des taxes.
Il dit vouloir :

- Réduire l’impôt sur le revenu (qui passerait de 50 à 20 % pour les revenus les plus hauts).
- Réduire l’impôt sur les grandes fortunes (exonération de la résidence principale).
- Diminuer l’impôt sur le bénéfice des sociétés.
- Baisser l’impôt sur les ventes et achats des sociétés (plus-value).
- Développer des régimes de retraite complémentaires par capitalisation (épargne personnelle du salarié) qui serait déductible du revenu imposable.
- Exonération en 5 ans des entreprises agricoles de toutes les charges fiscales et sociales.
- Refus de tout nouvel impôt « écologique ».
- Suppression des droits de succession à l’intérieur de la famille.

REMARQUE : Ces mesures concernent UNIQUEMENT ceux qui ont des revenus élevés.

Vous payez beaucoup d’impôt ? Vous êtes soumis à l’impôt sur les grandes fortunes ? Vous êtes chef d’une entreprise qui fait des bénéfices ? Vous avez les moyens de vous payer une retraite privée ? Vous avez du patrimoine ? Vous vivez dans une région où il n’y a pas de problème de pollution d’eau, d’air, de bruit ?

Si ce n’est pas le cas, alors vous n’êtes pas concerné par les avantages promis par le FN.

PAR CONTRE vous êtes concerné par TOUS SES INCONVENIENTS.

EN REALITE, A QUI PROFITERAIT LA BAISSE DES IMPOTS ?

Réfléchissons ensemble à quoi sert l’impôt.

L’impôt est une participation de tous à l’intérêt général et reste une des garanties de sécurité sociale et économique pour l’ensemble de la population. Il faut se souvenir que le paiement de l’impôt en fonction de ses revenus est une des premières revendications de la Révolution française de 1789, inscrite dans les Cahiers de Doléances du peuple. Avant la Révolution, seuls les pauvres payaient l’impôt pour nourrir les riches, propriétaires des châteaux et des terres agricoles !

L’impôt est une forme de correction de répartition des richesses entre ceux qui possèdent beaucoup et vivent bien et ceux qui ont de petits salaires.

A QUOI SERT L’IMPOT ?

L’école gratuite, de la maternelle au lycée, l’hôpital, la sécurité sociale, les réductions sur les transports en commun, la bourse scolaire pour les enfants et les étudiants, le quotient familial qui permet de payer les frais de cantine en fonction de ses revenus, les équipements culturels et sportifs (stades, gymnases, etc.).

- Sans impôt pas de solidarité nationale.
- Sans impôt ne pourraient aller à l’école que les enfants dont les parents pourraient payer tous les frais de scolarité.
- Sans impôt pas de service d’urgence dans les hôpitaux, pas de dispensaire ni de PMI (protection maternelle infantile).
- Sans impôt pas de commissariat de police, de pompier, de samu, de justice !
- Pas de logement social, de jardins publics. A vous de compléter la longue liste des services publics dont nous avons tous besoin, tous les jours, dans la vie.

BIZARRE NON ?

Alors que le FN préconise le tout sécuritaire, dans le même temps, il voudrait imposer à la majorité de la population l’insécurité quotidienne, sanitaire, sociale, éducative.

BAS LES MASQUES

En réalité, le FN roule pour une politique libérale, qui privilégie les riches et les actionnaires. Ceux qui peuvent payer et pas ceux qui sont victimes de la mondialisation libérale. Il prétend dénoncer le libéralisme alors que son projet est un cadeau pour les actionnaires et les fortunés.

Ne vous laissez pas tromper : Le Pen n’est pas l’ami du peuple français. Il est un allié de ceux qui veulent la liberté pour les riches et les actionnaires.
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C
David, je propose la lecture d'un texte de Pierre Roche, historien , qui montre que Sarko et Le Pen ont des analyses semblables sur l'Ecole....


Dans deux discours récents sur l’enseignement [1], les candidats de l’UMP et du FN reprennent à leur compte une même tradition réactionnaire faîte d’une même exécration. Comme leurs devanciers, ils dénoncent le nivellement par le bas, le collège unique, la décadence, l’obscénité ; ils présentent les mêmes revendications, la compétition, le travail et le mérite, la liberté de l’enseignement et la primauté des familles. Ce n’est pas étonnant car ils font un même tableau de l’enseignement actuel.
Le programme et les écrits du Front national alignent : décadence, désastre, baisse du niveau, illettrisme, faillite, analphabétisme, laxisme. Dans le discours de N.Sarkozy, les diplômes sont dévalorisés ( le baccalauréat bradé a perdu son prestige, les examens sont donnés à tout le monde), le niveau a baissé ( la France est 14ème sur 29 au sein de l’OCDE, les élèves ont des performances insuffisantes dans toute une série de domaines, en sixième 15% ne savent pas lire et écrire, 160 000 quittent l’école sans qualification), les étudiants accèdent peu aux formations longues ( leur taux d’échec bat des records), les injustices se généralisent ( grandes écoles et filières prestigieuses réservées, ZEP inefficaces, bourses insuffisantes et sans relation avec le mérite, étudiants salariés sanctionnés, l’excellence devient un privilège des milieux favorisés), la culture du chômage domine, celle des bandes, de l’exclusion, du désespoir et des intégrismes ( règne de l’assistanat et de la facilité, déclin de l’esprit critique, dissolution de la culture commune), l’école s’ouvre à tous les trafics et à toutes les violences, ( maîtres non respectés et élèves non instruits, racket, violence, drogue, absence de protection des enfants et de sécurité pour les maîtres, autorité chancelante, violence étouffée et banalisée, discipline considérée comme un luxe, communautarisme montant, déclin de la méritocratie et de l’égalité des chances), un dispositif d’orientation trompeur ( orientation par la seule psychologie rimant avec voie de garage et relégation),
Pour justifier leur thèse de la décadence et leurs réformes, N.Sarkozy comme J.-M. Le Pen, présentent une histoire orientée de l’enseignement. D’un côté J.-M. Le Pen dit se désoler de la « fin de l’école républicaine » et N.Sarkozy fait l’éloge sans nuances ni réserves de l’école de la Troisième République dont il nous présente une version fausse et hautement idéalisée : « elle était belle. Elle était grande. Elle était noble. La France lui doit beaucoup. » Les « hussards noirs de la République ». A « ceux qui partaient sans rien, sans héritage ni culture, l’école donnait la possibilité de tout avoir. A ceux qui travaillaient dur, elle assurait la récompense d’une vie meilleure. (...) De tout ce que la République a entrepris, l’école était sans doute sa plus belle réussite. Grâce à elle vivait l’égalité des chances. Grâce à elle grandissait une Nation fraternelle, construite sur des références et une culture communes. »
Il fait onze fois référence à la République sans mention supplémentaire, comme s’il s’agissait d’un idéal immuable, situé en dehors de l’histoire.
A plusieurs reprises il fait débuter la décadence en 1981, moment de l’élection de F.Mitterrand.
En dehors de ce paradis perdu et de cette chute, on trouve bien peu de références aux différents événements qui ont marqué la scolarisation en France. Les adversaires, eux-mêmes sont peu définis. On a la gauche, les idéologues, le socialisme français, la culture de l’assistanat et de la facilité. Il utilise le registre psychologique, « idéologie folle » se trouve dénoncée à trois reprises. On peut y voir une forme abstraite de l’esprit de 1968 ( l’élève mis à la place du maître, les parents mis au même niveau que les enfants) et du courant progressiste de démocratisation. Remarquons que le Front national se propose lui aussi de libérer l’école de l’idéologie. Comme s’il s’agissait d’une maladie, la santé étant l’idéologie réactionnaire censée objective et factuelle.
Selon N. Sarkozy, entre 1940, fin de la Troisième République et 1981, durant plus de quarante ans il ne se serait rien passé. Rien, donc, sur l’explosion scolaire, la massification et la démocratisation, lors de la Quatrième République et les débuts de la Cinquième. Ecartez ce mauvais souvenir, cette période qui a vu des millions de Français promus dans la hiérarchie sociale. Il y a bien un passage qui semble présenter cette phase, lorsque N.Sarkozy explique que « Pour acheter la paix sociale, on a dilapidé cet héritage ( celui de l’égalité des chances). On a réduit les exigences pour donner une impression de réussite à tous. On a troqué l’égalité des chances contre une illusion éphémère d’égalité. » Une démocratisation factice à l’école aurait été un moyen pour contrer un mouvement revendicatif et progressiste puissant issu des combats de la Résistance...
D’ailleurs, N.Sarkozy ne doit pas aimer cette période, il utilise une seule fois le terme de démocratisation et de manière peu signifiante, comme si ce terme était à proscrire. Ce qui n’est pas étonnant puisque durant cette quarantaine d’années il a été possible d’arracher certaines modifications du système scolaire, ce que le Front national dénonce comme la mise en oeuvre du plan communiste Langevin-Wallon, avec comme objectif de former « un homme nouveau, décervelé et déraciné. »
Tous deux ont en commun une série d’objectifs, les mêmes remèdes, supprimer le collège unique, les Zones d’Education Prioritaires ( Z.E.P.), la carte scolaire et la sectorisation.
Résumons cette politique en quatre points principaux, sous la forme de slogans :
Vive le passé : Décadence ( FN 2006), facilités, démagogie, compromissions, hypocrisies depuis 25 ans ( UMP 2006).
A bas l’égalité : Nivellement par le bas, ( FN et UMP 2006).
Egalitarisme, pédagogie égalitaire ( FN 2006)
Collège unique, collège inique, mot d’ordre du début du vingtième siècle ( école unique : école inique en 1925), repris par F.Bayrou en 1993, par le Front national en 2006, par N. Sarkozy ( le collège unique ne doit plus être un collège inique).
Libérons les inégalités : Promotion de la liberté de l’enseignement, par le moyen du chèque scolaire selon le Front national en 2002. N.Sarkozy affiche son « attachement à la liberté de l’enseignement » en 2006.
Choix de l’établissement scolaire (FN en 2002 et UMP 2006).
Pour l’ordre moral : Contre la sexualité et l’obscénité, la masturbation donnée à lire en classe ( Le Pen 2006), « le jean taille basse qui laisse voir trop de choses » de N.Sarkozy ( 2006).
Tous deux continuent bien cette tradition réactionnaire hostile au progrès et au peuple. Quand ils condamnent les idées de 1968 ils utilisent la peur du désordre et de la Révolution pour dénoncer la volonté de démocratisation, cette démocratisation insuffisante, partielle et partiale et la fin de l’école de Jules Ferry qui intervient alors. Ils souhaitent un retour à cette école qui séparait les enfants du peuple promis à des études courtes et les enfants de l’élite bourgeoise destinés aux études longues. Quand ils réclament un retour à l’école de la République ils utilisent une forme mythique au service d’un projet d’écoles séparées, opposées et inégalitaires.
Tous deux ne font que procéder à des variations sur une même politique qui depuis le milieu des années quatre-vingt-dix, conteste l’objectif de 80% d’une classe d’âge au niveau du bac et conduit à une stagnation ou une baisse de la part de la dépense d’éducation dans la richesse nationale.
Accepterons-nous ce retour en arrière ?

[1] Discours de J.-M. Le Pen à Dijon le 26 novembre 2006 et de N.Sarkozy à Angers le 1er décembre 2006. Je me réfère aussi au programme du FN de 2002.
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L
Il semble pourtant , camarade Noel, que le peuple Francais et surtout les ouvriers, les jeunes, les chomeurs ne pensent pas comme vous ! et ne croient plus depuis longtemps à vos mensonges !
Mes amitiés à Marie-Georges, et courage aprés la faillite du parti elle en aura besoin !
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X
Merci pour ce très bon article. En guise de félicitations, je te lE pique!;-) XavPS:Quoiqu'en disent nos détracteurs, le PCF reprend des couleurs sur Arras. On a fait 4 adhésions la semaine dernière et peu-être 2 à venir... Courage!
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D
Salut Xavier, félicitations pour ces nouvelles adhésions ! Par contre, l'article n'est pas de moi, je l'ai honteusement repris au réseau Avenir d'Attac, donc c'est eux que tu dois féliciter ! Bon courage à toi aussi !