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Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

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Publié par David NOËL

Photo-CM-30-03-14-1.jpgAmbiance de camp retranché, ce matin, devant l’hôtel de ville d’Hénin-Beaumont où un cordon de CRS avait été diligenté pour éviter tout débordement. Une tâche effectuée avec zèle puisque, si tous les militants de la LDH, SOS Racisme ou du Parti de Gauche ont été tenus à distance, des citoyens non engagés ou le blogueur héninois, Octave Nitkowski, ont eu aussi été désignés comme persona non grata. Un choix sécuritaire délibéré, contesté avec vigueur par le groupe des exclus, venant s’ajouter à un fait surprenant, la grand porte de l’hôtel de ville étant apparemment restée ouverte toute la nuit…

D’où la surprise de certains journalistes d’avoir pu pénétrer dans l’enceinte vers 7 h du matin et, de ce fait, d’avoir pu circuler dans l’hôtel de ville comme dans un moulin. « On nous a d’abord dit que c’était le fait d’un oubli ! » explique Bruno Bilde, nouvel adjoint aux affaires générales et juridiques. « Mais en fait elle semble avoir été forcée, ce qui fait qu’après l’avoir fermée, il nous a été impossible de la rouvrir ! » Dépôt de plainte a en conséquence été effectué dans la foulée…

D’où la mise en place d’un plan B qui a consisté à faire entrer le public par l’étage administratif, un escalier étroit et rapidement engorgé, ce qui fait qu’il y aura eu au final plus de monde dans les couloirs que dans la salle de conseil municipal. Et une atmosphère aussi chaude que de la braise.

Un public au premier rang duquel rayonnait Marine Le Pen, tout sourire, et multipliant photos et vidéos avec son smartphone en cette heure de gloire. Autour d’elle, une grande majorité du public acquise au nouveau maire, et quelques élus de l’ancienne majorité, eux, au supplice en cette matinée d’installation.

Comme le veut la tradition, c’est la doyenne des élus qui a ouvert la séance, à savoir Victoria Krenek, très appliquée et apparemment pas plus émue que ça de jouer les maîtresses de cérémonie. Au moment d’élire le maire d’Hénin-Beaumont, seul Steeve Briois est candidat, le groupe Binaisse ayant choisi de ne pas présenter de candidat et de ne pas prendre part au vote. Quant à Gérard Dalongeville, comme prévu, il a pu faire une grasse matinée, ayant délibérément fait l’impasse sur cette installation.

Photo-CM-30-03-14-2.jpg« Nous rentrons officiellement en résistance ! »

Du côté de l’opposition, pas de candidat, mais des états d’âme cristallisés par l’ancien maire, expliquant que, si précédemment Steeve Briois se refusait à le considérer comme maire, « nous vous reconnaîtrons toutefois comme légitime ». Et le nouveau leader de l’opposition de se gausser d’avoir déjà lu qu’ « il faudrait trois mandats pour remettre Hénin-Beaumont sur les rails » là où il y a quelques années l’opposition frontiste le poussait à aller vite. « C’est plus compliqué d’être aux manettes, vous n’allez pas tarder à vous en rendre compte… Nous combattrons toute tentative d’imposer aux Héninois des pans entiers de votre programme national contre lequel nous rentrons officiellement en résistance !… Nous serons des observateurs vigilants, exigeants mais toujours constructifs !, » Et le désormais ancien maire de conclure en regardant le public d’un ironique « Courage, nous sommes aussi là ! »

Un discours de vigilance accueilli par un sourire amusé du côté de la nouvelle majorité qui élira par 28 voix Steeve Briois dans un tonnerre d’applaudissements contrastant avec les mines blêmes des ex-élus présents à la seule vue de leur ennemi frontiste ceint de l’écharpe tricolore. Une élection récompensant celui qui est de loin le plus ancien élu héninois puisque siégeant sans interruption depuis 1995 ! « J’entends être le maire de tous les Héninois et Beaumontois. Homme de dialogue je suis, homme de dialogue je resterai… Le moment est venu de nous rassembler au-delà des étiquettes partisanes, de mettre fin aux polémiques aussi stériles qu’inutiles et de n’avoir qu’un seul objectif : le redressement de notre ville… Je demande aux élus d’agir, tout au long du mandat, sous le signe de la responsabilité. Il n’y a pas de place dans cette assemblée pour la lutte des egos ni au pugilat qui ont, par le passé, tant déshonoré l’image de notre ville ! »

Un nouveau maire qui déclarera, la main sur le cœur, vouloir ne jamais se couper des habitants « et avoir pour eux toujours le même intérêt » ; de s’engager à ne pas devenir un maire-monarque et à ne jamais satisfaire une quelconque soif de pouvoir ou un appât du gain ; son opposition, il s’engage également à « respecter autant ses représentants que les électeurs qui lui ont accordé leurs suffrages », rappelant combien il avait souffert au fil de sa vie municipale d’avoir été la cible de mépris, humiliations, pressions et invectives.

« Pas un Disneyland du Front national… »

Et puis, afin de couper court à certaines rumeurs, Steeve Briois consacrera une partie de son discours au personnel municipal : « Notre ville a besoin de vous tous, sans exception. Vous avez été présents lors des moments difficiles que notre commune a pu connaître, soyez là pour son redressement et son renouveau… Je veux pour cela donner à chacun des moyens et l’encadrement nécessaire au bon exercice de son travail ».

Des propos rassurants et une politique de la main tendue qu’il conviendra dès ce lundi de transformer en actes avec des priorités clairement énoncées : l’assainissement des finances et la baisse de la fiscalité ; le rétablissement de la sécurité avec une redéfinition des missions de la police municipale dotée de nouveaux moyens ; et le redynamisation du cadre de vie et de l’entretien du patrimoine communal.

Un « discours de politique générale » auquel deux élus d’opposition, le communiste David Noël et la Verte Marine Tondelier apporteront quelques bémols, cette dernière rappelant la vigilance de son groupe « pour ne pas faire d’Hénin-Beaumont un Disneyland du Front national ».

Une matinée terminée sur les accents d’une Marseillaise entonnée par les supporters de la nouvelle municipalité avant l’heure des embrassades et d’un cocktail au rez-de-chaussée de l’hôtel de ville. Baisser de rideau sur les intentions et lever , désormais, sur les actes d’un maire qui se veut normal mais aura au-dessus de la tête une vigie politique et médiatique, elle, bien au-delà de cette normalité…

Les neuf adjoints élus sont : premier adjoint, Laurent Brice (actions économiques et commerciales, au sport et à Beaumont) ; second adjoint, Jean-Richard Sulzer (finances, budget, commande publique) ; troisième adjoint, Maryse Poulain (affaires scolaires) ; quatrième adjoint, Christopher Szczurek (culture, vie associative et citoyenne, démocratie directe) ; cinquième adjoint, Bruno Bilde (affaires générales et juridiques, communication, relations publiques) ; sixième adjoint, Aurélia Beigneux (affaires sociales, logement) ; septième adjoint, Liliane Petit (état civil, population, élections) ; huitième adjoint, Annie Wannepain (petite enfance, fêtes et cérémonies, foires et marchés) ; neuvième adjoint, Nicolas Moreaux (urbanisme et travaux).

PASCAL WALLART ET JOHAN BEN AZZOUZ


Source : La Voix du Nord
Dimanche 30 mars 2014

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