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Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

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Publié par PCF

logo-Alstom.jpegLe gouvernement vient de prendre un décret soumettant à autorisation préalable de l’État tout projet de prise de contrôle par un groupe étranger d'une entreprise française dans les secteurs de l’énergie, des transports, des télécoms, de l'eau ou de la santé. Cette décision fait suite à l'immense émotion qu'a entraînée la révélation d'une prise de contrôle par la multinationale américaine General Electric du fleuron français Alstom, l'actionnaire Bouygues cherchant à récupérer sa mise, avec l'appui de l’État Hollande, après avoir prélevé d'énormes dividendes sur le groupe, avec l’appui de l’État Sarkozy.

L'émotion a redoublé quand, après avoir appuyé la tentative ratée de rachat de SFR par Bouygues avec, en perspective désormais, un plan social massif chez Bouygues Télécom, Arnaud Montebourg a donné à voir pour seule alternative à cette issue le passage de la branche énergie d'Alstom sous le contrôle de la grande finance allemande avec Siemens. Une option qui  n'a rien  à voir avec le lancement de coopérations de co-développement en Europe et qui peut légitimement troubler en pleine campagne des élections européennes.

Ce décret fait suite aussi au risque, devenu massif, d'OPA étrangères sur nombre d'entreprises françaises cotées au CAC-40 avec des risques considérables pour l'emploi, la maîtrise technologique et industrielle, la croissance réelle dans tout le tissu économique français.

Tous ces événements traduisent, sur fond de chômage grandissant, la gravité de la situation du pays, alors que, à contrario de la prophétie hollandaise d'un « retournement économique », la croissance française a stagné au premier trimestre.

Face à toute cette émotion, le gouvernement est obligé d'essayer de donner le change, alors que son « laisser-faire, laisser-passer » les capitaux et profits financiers a été érigé en vertu cardinale par l’Élysée sous le vocable de la « politique de l'offre ».

Bien évidemment, on ne saurait contester la nécessité de ce décret. Mais il ne doit pas servir de cache-sexe labellisé, pour l'occasion,  « patriotisme économique » à la poursuite d'une politique violemment anti-sociale, toute entière au service de la domination des marchés financiers et des exigences de la BCE et de Berlin.

En aucun cas, ce décret ne saurait suffire ! Il est indispensable de décider, tout de suite, de suspendre l'opération engagée sur Alstom et d'ouvrir une grande concertation  publique transparente et démocratique avec les élus nationaux, régionaux, locaux et les syndicats pour choisir une tout autre option. Celle-ci pourrait viser une appropriation sociale du groupe, bien au-delà de ce que l'on entend traditionnellement par nationalisation, avec l'ouverture du capital à des participations de contrôle public de l’État, mais aussi de la CDC et des grands clients publics du groupe (EDF, SNCF, RATP) et qui pourrait aussi impliquer les régions. Cela devrait aussi marcher de pair avec la mobilisation de la Banque publique d'investissement et du Fonds stratégique d'investissement, ainsi que l'octroi aux organisations représentatives des salariés du groupe de pouvoirs décisionnels d'intervention sur les choix stratégique et de gestion afin de transformer les relations du groupe à la France, à l’Europe et au monde.

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