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Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

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Publié par LDH

Logo LDHLes scandaleuses déclarations du président-candidat à la veille du second tour de l’élection présidentielle ont semé le trouble dans les rangs mêmes de la majorité, amenant un certain nombre de responsables à se démarquer voire à s’indigner de certains propos dont l’outrance n’est pourtant pas seulement liée au contexte de campagne. Sans aucun doute cherche-t-il ainsi à faire l’impasse sur le bilan de son quinquennat.

Mais les Français n’ont pas la mémoire courte : ils n’ont pas oublié le scandaleux discours de Latran où le président, pourtant garant de la Constitution, remettait en cause les fondements laïques de la République, allant jusqu’à dénigrer l’instituteur au profit du curé !

Ils n’ont pas oublié non plus le tristement célèbre discours de Grenoble de l’été 2010 qui stigmatisait les Roms et plus généralement les étrangers volontiers assimilés à des délinquants.

Aujourd’hui le président-candidat, non content de solliciter le quitus des Français pour sa gestion calamiteuse, envisage froidement un second mandat encore plus marqué idéologiquement, à la droite de la droite.

Alors qu’il est, en théorie, le représentant de tous les Français, Nicolas Sarkozy s’est comporté en président des riches avec, dans le même temps, une précarité accrue et une hausse alarmante du chômage pour nombre d’hommes et de femmes.

Au lieu de se préoccuper des jeunes générations et de leur avenir, a fortiori dans un contexte de crise, il a fait procéder à de véritables coupes sombres dans les effectifs de la fonction publique, notamment de l’Éducation nationale.

Au lieu d’aider toutes celles et ceux qui luttent pied à pied pour améliorer la santé de nos concitoyens, il a fait fermer de nombreux centres hospitaliers et dérembourser nombre de médicaments.

Malgré ses tonitruantes déclarations sur l’insécurité, il a en fait supprimé des milliers de postes de policiers.

Mais le plus grand reproche qu’on puisse lui faire, outre l’image lamentable qu’il a contribué à donner de notre pays à l’étranger – la France a fait l’objet de nombreuses remontrances de la part des institutions européennes et même de l’ONU pour non respect des droits de l’Homme à l’égard de populations d’origine étrangère – c’est le fait d’avoir contribué largement à la banalisation de l’extrême droite, en décomplexant totalement ceux de nos concitoyens qui se sont laissés séduire par le discours lepéniste.

Alors que tous ses prédécesseurs, de De Gaulle à Jacques Chirac, avaient su maintenir un cordon sanitaire entre la droite républicaine et l’extrême droite, le président sortant, pourtant garant de la Constitution, a ouvert grand les portes de la République laissant ainsi « entrer les loups » pour reprendre la formule d’un éditorialiste.

On peut parfaitement comprendre la colère des électeurs du FN sans pour autant s’aligner sur les thèses défendues par ses dirigeants !

Au terme de ce mandat, la République est défigurée : la Liberté a reculé, l’Égalité a régressé, la Fraternité a été bafouée.

Alors pour éviter que cela ne s’aggrave encore, il faut barrer la route à Nicolas Sarkozy.

Au-delà de la sanction indispensable exprimée par le bulletin de vote, il faut se préparer à tout reconstruire et répéter que la haine de l’Autre et l’exclusion ne sont pas compatibles avec la République et qu’elles ne devront jamais l’être.


Le 29 avril 2012


Alain PRUVOT
Président de la Fédération du Pas-de-Calais de la LDH

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