Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

Archives

Publié par PCF

Westgate-Nairobi.jpgL'attaque du centre commercial Westgate de Nairobi par des islamistes somaliens « shebabs » a fait selon un bilan provisoire 67 morts, dont 2 françaises, une soixantaine de disparus et près de 200 blessés. Des Kényans et de nombreux étrangers ont été durement et lâchement frappés par la violence de ces fanatiques religieux.
En réaction aux interventions de l'armée kényane en Somalie en 2006 et 2011, notamment, les shebabs somaliens avaient préparé un massacre, orchestré pour une médiatisation et un impact maximal de la terreur. Aujourd'hui, ces fous de dieux liés à al-Qaïda menacent le Kenya de nouvelles attaques.

Le profil « international » du commando terroriste est des plus inquiétants. Il confirme la volonté des shebabs de recruter à l'étranger et d'exporter leur violence.
Ces événements dramatiques sont une des multiples conséquences du chaos que subit la Somalie, depuis la dictature de Siyaad Barre soutenue par les États-Unis, en passant par l'opération militaire Restore Hope menée en 1992 au nom du prétendu « droit d'ingérence ». On en voit le résultat. Des décennies de guerre ont plongé les populations dans une pauvreté extrême, déstructuré l'État et les institutions qui se sont révélés incapables de faire face aux groupes djihadistes et aux trafics en tous genres. La Somalie a été en quelque sorte le théâtre de l'expérimentation de la logique du chaos, celle qui a prévalu ensuite sous d'autres formes, en Irak, en Afghanistan, en Libye ou encore en Syrie.
Pour sortir de ce chaos, il faut convenir d'urgence de changements profonds et d'orientations nouvelles en termes de paix, de désarmement et de coopérations.

La lutte contre le terrorisme, au-delà des réponses nécessaires sur le plan de la sécurité, des renseignements et de la justice, nécessite des changements profonds au cœur des échanges internationaux, basés sur une politique de développement humain durable. La France, membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU, devrait y consacrer tous ses moyens - c'est là sa responsabilité. Elle pourrait ainsi demander dans le cadre des Nations unies la révision de l'aide au développement en la portant effectivement à 0,7 du PIB de chaque pays contributeur, ainsi que la mise en place d'un nouveau cadre de co-développement élaboré avec les États et citoyens d'Afrique.
C'est par des réponses politiques aux besoins sociaux et humains que l'on pourra s'attaquer au terreau sur lequel prolifèrent la violence et le fanatisme.

Commenter cet article