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Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

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Publié par David NOËL

drapeaux-europeens.jpgLes chefs d’État des Vingt-Sept ont décidé de se doter de moyens de coercition pour forcer les États membres à en passer obli­gatoirement par la case de l’austérité.

L’idée, c’est que pour ramener le plus vite possible les déficits et l’endettement publics dans les clous du pacte de stabilité (soit respectivement 3 % et 60 % du PIB), chacun soit contraint d’avaler la purge.

De gré ou de force. Hors cette régression sociale généralisée, programmée déjà dans plusieurs pays – et dont fait partie la con­tre-réforme française des retraites –, il n’y aurait, affirment-ils, pas moyen de rassu­rer les marchés financiers et de sauver un euro en capilotade.

Les budgets doivent ainsi être placés sous la surveillance ren­forcée de la Commission, le moindre « extra » d’un État sera soumis, au nom de la « bonne gouvernance », à l’autorisation de ses « pairs », les autres membres du Conseil européen. Quant aux parlemen­taires nationaux, ils n’auront plus qu’à discuter à la marge de la pertinence de choix préexaminés et au besoin corrigés par les instances bruxelloises. Le couple franco-allemand veut même aller jusqu’à suspendre les pays trop « laxistes » de droit de vote au Conseil européen. Et tant pis si l’on s’assoit sur la démocratie.

Les États se sont tous surendettés après le krach de 2008 pour voler au secours d’un système bancaire et financier rendu exsan­gue par l’explosion de la bulle spéculative dont il s’est nourri des décennies durant. Et il faut maintenant que les États, les contribuables, les peuples acceptent de régler l’addition au prix fort. Et qu’ils ne puissent surtout pas s’aviser d’objecter quoi que ce soit au bien-fondé de la démarche.

Il y va de la survie d’un sys­tème à bout de souffle, pour lequel il fau­drait tout sacrifier. Qu’on fasse taire les gueux, aurait-on dit à la Cour dans un autre contexte de fin de règne dans les années 1780. Et tant pis pour l’aspiration à dépasser ce régime pas encore ancien, toujours voué aux rentiers, donc à la course au rendement des titres boursiers.

La démocratie avait déjà été piétinée en France ou aux Pays-Bas, quand les peu­ples ont « voté mal » en se prononçant, on s’en souvient, contre le texte proposé à leurs suffrages, cet habillage de la dicta­ture des marchés en loi fondamentale européenne. Il faut défendre ces acquis démocratiques menacés et appuyer les résistances qui s’affirment depuis les grè­ves générales grecques, portugaises ou prochainement espagnoles jusqu’au ras­semblement du 24 juin en France pour la retraite à soixante ans. Car la saignée ordonnée par les Diafoirus de l’UE et du FMI risque de tuer dans l’œuf une crois­sance déjà poussive.

En fait de guérison, c’est un nouveau plongeon de l’Europe dans la récession qu’elle promet. En fait, à l’inverse de la dérive autoritaire célébrée hier à Bruxel­les, c’est une extension inédite de la démocratie qui serait indispensable pour répondre aux défis du moment. Il ne faut pas rationner les dépenses utiles à l’em­ploi, la recherche, la formation, la protec­tion de l’environnement. Mais tout au contraire en favoriser le financement par le crédit bancaire avec des taux d’intérêt très bas, en bouleversant les critères de sélectivité si favorables aujourd’hui aux opérations spéculatives.

Pour ouvrir la voie d’une Europe réelle­ment solidaire et unie, comme de la nou­velle civilisation qui frappe à la porte.

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La girouette 01/07/2010 21:07



Bouquillon copain d'Alexandre, de Dalongeville et de Bilde !


 



David NOËL 02/07/2010 07:25



L'auteur facétieux de l'article du jour de l'AR oublie de mentionner dans la liste des anciens élus de Gérard Dalongeville un certain Jean-Marc Bureau et un certain Georges Bouquillon...