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Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

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Publié par David NOËL

Avocat-affaire-avions-taxis.jpg|  ON EN PARLE |

Le clap de fin s'abattra, le 24 janvier, sur ce premier volet de l'affaire héninoise. Celui qui concerne les avions-taxis. Avec, en en toile de fond la résidence de Léon, les incroyables sauf-conduits longtemps délivrés à Guy Mollet, et une conception de la gestion municipale largement en dehors des clous. Hier, les réquisitions des juges financiers tournaient autour des contributions et pénalités des quatre gestionnaires de fait et ont été impitoyables pour MM. Dalongeville et Mollet.

PAR PASCAL WALLART
henin@info-artois.fr

De la bande des trois qui, depuis le 9 avril 2009, ont vu leur vie réglée à la cadence de la machine judiciaire, seul Claude Chopin avait fait le déplacement jusqu'à la chambre régionale des comptes. Gérard Dalongeville, représenté par son nouvel avocat, Maître Philippe Mathot, tout comme Guy Mollet, n'ayant quant à lui pas donné signe de vie, n'auront donc pas assisté à cette avant-dernière comparution. Celle touchant directement à leur porte-monnaie puisqu'il s'agissait, ce mardi, de déterminer la somme qu'aura à rembourser, à la ville d'Hénin-Beaumont, chacun des quatre gestionnaires de fait. Ce qu'en termes ad hoc, on appelle le débet.

Pour mémoire, le fond de cette affaire concerne une somme de 101 512,85 € correspondant à 20 vols dont 16 mandats fictifs « aux énonciations fallacieuses ou imprécises ». Une affaire d'« extraction irrégulière de deniers publics » présumée par le rapporteur de la Chambre, rappelant ces vols a priori destinés à suivre la vente de la résidence landais de Léon « mais qui auront surtout servi les intérêts personnels de Guy Mollet ». Un ex-homme d'affaires considéré comme ayant eu un rôle central dans cette affaire, « l'âme et l'instigateur de ce système » ayant étonnamment bénéficié d'un « mandat occulte ». Quant à Gérard Dalongeville, guère plus de mansuétude pour celui qui, en juin 2010, a laissé l'image de quelqu'un ayant fait preuve « d'une totale mauvaise foi sur ce dossier ». Et le magistrat de rappeler : « Il dit ne pas avoir été mis au courant de ces pratiques alors que le comptable public lui a écrit par deux fois pour l'alerter ! » Quant à Claude Chopin, on lui sait gré « d'avoir reconnu son entière responsabilité dans la signature des différents mandats » comme d'avoir été le seul des protagonistes à avoir produit un compte de la gestion de fait, Côté porte-monnaie, le rapporteur s'étonnera que l'ex-maire d'Hénin se soit dispensé de remplir une déclaration de revenus pendant un certain nombre d'années, et que, de 2005 à 2008, 113 400 € en liquide aient pu être versés sur le compte-joint du ménage. « Des concours financiers familiaux » complétera l'avocat de l'ancien maire, Me Mathot. « Aujourd'hui il vit avec 1 400 € mensuels, c'est tout ! » Mêmes remarques acerbes pour Guy Mollet, ses comptes en Suisse et au Luxembourg, ou la curieuse kyrielle de chèques prodigués par des entreprises héninoises. D'où, à l'heure des réquisitions, une facture plus salée présentée à ces deux-là. En ce qui concerne la gestion de fait par elle-même, l'équité des chiffres fixe la « douloureuse » à 26 252,83 € pour les 3 protagonistes et 22 353 € pour ATS. Mais, côté amendes, le procureur financier préconisera 15 000 € pour MM. Dalongeville et Mollet, et 5 000 pour Claude Chopin. Une facture totale que Me Crunel, conseil de M. Chopin, espère encore faire baisser, demandant la réduction de l'amende à 1000 € et le retrait de deux factures de vols « eux bien au profit de la Ville » repositionnant le débet total à 77 859, 60 €.

Légende photo : Dans deux semaines,  la facture sera présentée aux quatre mis en cause.


Source : La Voix du Nord
Mercredi 11 janvier 2012

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