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Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

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Publié par David NOËL

Bernard-Accoyer.jpg| ASSEMBLÉE |

Des parties civiles dans l'enquête sur l'attentat de Karachi ont annoncé hier leur intention de porter plainte pour entrave à la justice contre le président de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer, qui a refusé de transmettre à la justice le contenu d'auditions parlementaires.

M. Accoyer a fait part de son refus au juge d'instruction Marc Trévidic, chargé de l'enquête sur l'attentat perpétré à Karachi (Pakistan) le 8 mai 2002 contre des salariés de la Direction des constructions navales (quinze morts dont onze Français de la DCN) en affirmant qu'il ne pouvait pas transmettre ces comptes rendus d'auditions réalisées en 2009 et 2010 par la mission parlementaire sur l'attentat pour « des raisons constitutionnelles », au nom du « principe de la séparation des pouvoirs ».

Parmi les 62 personnes auditionnées dans le cadre de cette mission d'information sur l'attentat, figuraient l'ex-Premier ministre Édouard Balladur et plusieurs anciens ministres de la Défense.

Or, après avoir privilégié la piste islamiste, l'enquête s'est orientée vers celle de représailles pakistanaises à la suite de l'arrêt de versements de commissions sur la vente de sous-marins, qui pourraient elles-mêmes avoir donné lieu à des rétrocommissions pour financer la campagne présidentielle en 1995 de M. Balladur, dont Nicolas Sarkozy était le porte-parole.

« En réalité, le président de l'Assemblée nationale protège un certain nombre d'hommes politiques des investigations du juge Trévidic », a accusé l'avocat de familles de victimes, Me Olivier Morice. Il a annoncé le dépôt d'une plainte contre M. Accoyer.

Ces familles sont déjà à l'origine d'une information judiciaire pour entrave à la justice et faux témoignage visant des cadres de la DCN, soupçonnés d'avoir dissimulé à la justice des documents sur l'attentat.

« Confidentialité »

Elles ont également déposé plainte pour des faits présumés de corruption en marge de la campagne de M. Balladur sur laquelle la cour d'appel de Paris doit statuer.

Bernard Accoyer a précisé après l'annonce du dépôt de la plainte, que « toutes les auditions avaient été faites avec l'engagement que les propos resteraient confidentiels ».

La justice a eu accès dans d'autres cas à l'ensemble des travaux de certaines missions et commissions parlementaires. L'ancien juge Jean-Louis Bruguière a ainsi eu accès à toutes les auditions menées par la commission parlementaire sur le Rwanda.

Vu la polémique, le président de l'Assemblée envisagerait d'inscrire à l'ordre du jour du prochain bureau de l'Assemblée la « question de principe » soulevée par la demande du juge Trévidic.


Source : La Voix du Nord
Jeudi 11 novembre 2010

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