Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

Archives

 

Publié par David NOËL

Jean-Luc-Melenchon-26.jpgTrois meetings en trois jours, plus de 20.000 participants : Jean-Luc Mélenchon attire les foules. Enquête sur la surprise du début de campagne.

Il avait griffonné quelques mots sur Johnny mais ne les a pas dits. Entre gens qui remplissent des Zénith, il existerait donc une forme de respect. Pas tout à fait. Jean-Luc Mélenchon avait davantage prévu de parler du passé d’exilé fiscal du rocker que de ses chansons. Mais voilà. Trois meetings en trois jours et autant de fatigue, on oublie. Pas grave. L’affluence est bonne et réjouit ce tribun "porté" par ces succès : "Cela dépasse tout ce qu’on a vu ! En 2005, on ne remplissait pas autant les salles", confie-t-il au JDD après plus d’une heure de tribune jeudi soir au Blanc-Mesnil, en Seine- Saint-Denis.

Mardi, 10.000 personnes à Villeurbanne ; mercredi, 8.500 à Montpellier ; et jeudi, plus de 2.000, pour la réunion publique dans le "9-3". Une arrivée le poing levé, fendant la foule. Des drapeaux rouges. Un long discours avec beaucoup de pédagogie pour les militants et quelques piques pour le bonheur des journalistes. Un peu de colère et d’humour pour faire passer le tout. Parfois quelques longueurs. Et à la fin toujours la Marseillaise et l’Internationale, chantées à gorge déployée. Le "Mélenshow " est bien rodé. "On a créé un style : c’est le meeting d’éducation populaire. Pas un meeting où l’orateur montre comment il fait des belles phrases", explique Mélenchon.

Candidat autoproclamé du "bruit et de la fureur"

Le candidat du Front de gauche poursuit : "Dans un meeting, il y a les cibles qui sont harcelées : on se tape Sarkozy, et dans la manche, il y a aussi Le Pen…" Depuis janvier, c’est feu sur la présidente du Front national, la "semi-démente" comme il l’appelle. À Montpellier, le voilà qui lance : "Madame Le Pen, que vous êtes bête ! Vous ne comprenez rien à la France". Au Blanc-Mesnil, fustigeant les propositions de Sarkozy sur l’immigration, il dépeint une Marine Le Pen "écumante de bonheur" en "son château de Montretout". Puis d’imaginer les propos de la chef de l’extrême droite sur les immigrés : "Ah ! mains nues, foutez-les tous dehors, dans la mer !" L’entourage de Le Pen commence à réagir. Le qualifie de "pantin communiste" menant une "campagne de caniveau". Il jubile. "Le FN l’a dans l’os. Ils étaient tranquilles. Comme moi j’y vais à la hache, tout leur travail de dédiabolisation est perdu. On veut la faire rentrer dans sa cage".

Candidat autoproclamé du "bruit et de la fureur", Mélenchon glisse quelques sourires entre deux tirs. À chaque meeting ou presque, il repeint Le Pen, Sarkozy, Bayrou et Hollande en "Dalton de l’austérité". Ajoutant : "C’est le plus petit le plus méchant et la plus grande la plus bête". Succès garanti. Il décrypte : "Comment je fais pour taper la droite alors que je sais pertinemment que sur des sujets aussi graves les socialistes sont d’accord ? Je manie l’humour pour faire baisser la tension".

Encore une dizaine de meetings

Désormais, le Hollande "capitaine de pédalo" vogue loin devant. En meeting, Mélenchon l’interpelle toujours mais le présente comme "l’un des nôtres", lui donne du "François" ou du "notre camarade". L’éléphant est devenu une "vache sacrée". "La délimitation avec les socialistes est finie depuis la fin de décembre. Tout le monde a compris que nous n’étions pas pareils, que nous n’étions pas là pour rabattre des voix", prévient encore l’ex-ministre de Jospin. Pour l’instant, le candidat Mélenchon oscille entre 8 et 9 % des intentions de vote. Il attend avec impatience de franchir la barre symbolique des 10 % : "C’est important psychologiquement. Je pense qu’on y est déjà", confie-t-il tout en mettant en cause les instituts de sondages qui minorerait sa percée.

Sous-estimé ou pas, Mélenchon est la surprise de ce début de campagne. D’ici à l’élection, il a programmé une dizaine de meetings. Autant d’occasion d’étaler ses talents de tribun. Le premier meeting en plein air se tiendra le 5 avril place du Capitole à Toulouse. Puis viendront, en plein air également, Marseille et pour finir Paris le 19 avril. D’ici là, Mélenchon a déjà donné rendez-vous le 18 mars pour un rassemblement en faveur de la VIe République à la Bastille. "Au rythme où vont les choses, se félicite-t-il, il n’y a plus de salles assez grandes pour nous".

Légende photo : En trois meetings, Jean-Luc Mélenchon a rassemblé plus de 20.000 participants. (Maxppp)


Source : Arthur Nazaret - Le Journal du Dimanche
Dimanche 12 février 2012

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article