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Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

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Publié par David NOËL

Dans l’un de ses discours, Nicolas Sarkozy a distingué bon et mauvais déficit.

Le mauvais serait celui qui « finance les mauvaises dépenses… les frais de fonctionnement trop élevés ». Le bon, celui qui aiderait à financer des « dépenses d’avenir », essentiellement l’investissement.
Il faut d’abord s’entendre sur ce que l’on désigne par déficit public. Le budget de l’État est en déficit lorsque les recettes sont inférieures aux dépenses et que le solde est négatif. On parle par ailleurs de déficit public lorsque le cumul des budgets de l’État, des administrations territoriales (communes, départements, régions) et de la Sécurité sociale est dans le rouge. Mais si l’ensemble des administrations n’ont pas suffisamment d’argent pour remplir leurs obligations, que font-elles ? Elles en empruntent en émettant des titres de dette publique. En France, l’État est constamment en déficit depuis 1980, La politique de soutien au capital et les difficultés sociales qu’elle fait grandir ont grossi les dépenses bien au-delà des recettes tirées d’une croissance économique qui s’effondre.

On peut, à juste titre, dénoncer la démagogie du chef de l’État, qui ose déclarer : « Je ne ferai pas la politique de la rigueur », alors que son gouvernement ne dissimule plus sa volonté de reculer l’âge de la retraite, annonce un resserrement des dépenses de santé. Mais on ne peut qu’être d’accord avec l’idée qu’il y a de bons et de mauvais déficits, ce qui est une façon de dire qu’il y a de bonnes et de mauvaises dépenses. Nicolas Sarkozy précise d’ailleurs sa pensée en affirmant qu’un déficit peut être bon, « à la condition expresse qu’il permette de financer de bons investissements ». C’est-à-dire qu’il faut subordonner le financement public à des critères. Le problème est de savoir quels sont les bons critères.

Un bon déficit est un déficit qui permet d’effectuer une avance d’argent pour stimuler une activité qui accroîtra la richesse nationale, développera l’emploi et en retour augmentera les ressources nationales, celles de l’État, de la Sécurité sociale. C’est donc un déficit qui permet d’anticiper de la création de richesse et engage un cercle vertueux.

À l’opposé, on peut douter de l’efficacité du financement par l’État, par exemple, des exonérations de cotisations sociales patronales. Alors que les entreprises détruisent des dizaines de milliers d’emplois, le total de ces exonérations devrait passer de 21,1 à 31,4 milliards d’euros entre 2005 et 2009. Parallèlement, grâce au bouclier fiscal, le montant des prélèvements sur les revenus financiers est appelé à diminuer de 8,1 % en 2009. Cette politique a joué un rôle dans le développement en France de la crise financière. Les ressources libérées par ces baisses ont, dans les groupes, davantage servi à la spéculation qu’à l’investissement.

L’efficacité grâce à l’emploi qualifié, au développement humain plutôt que la rentabilité financière, ça, c’est le bon critère.
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