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Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

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Publié par David NOËL

Hemicycle-conseil-regional.jpgLa majorité PS-Écologistes a voté hier le premier budget du nouveau mandat, après trois jours de débats marqués par le vote de l'augmentation des cartes grises, des amendements en pagaille, et une Marine Le Pen peu présente.

SÉBASTIEN LEROY > sebastien.leroy@nordeclair.fr

L'augmentation de la carte grise actée dans la confusion. Bernard Roman, le vice-président chargé des finances, le savait.
L'augmentation de 32 à 45 E du tarif du cheval-fiscal ne passerait pas comme une lettre à la poste. La droite la juge « injuste, injustifiée, inopportune et inutile » et décidée « en début de mandat (...) histoire de se faire oublier jusqu'aux élections suivantes » par un PS « pris en otage par les Verts ». Le Front de gauche la voit comme une « nouvelle ponction sur le pouvoir d'achat des ménages », tout en estimant que ce n'est pas aux habitants de la région de « payer le désengagement de l'État ». Et le FN parle de « pression fiscale autophobe injustifiée ».

Un bloc se constitue donc à l'occasion de l'examen d'amendements de ces trois groupes réclamant l'abandon de la mesure. Et là, coup de théâtre : le vote à main levée est confus, les rangs du PS semblent clairsemés aux yeux de la droite et du FN qui pensent détenir la majorité avec les voix communistes.
Le ton monte. Daniel Percheron, un brin débordé par les événements, demande un vote électronique dans le brouhaha général.
Mais rien n'y fait, le résultat est contesté. Tout le monde revote donc une troisième fois, nominativement. Et là le résultat est clair, mais serré : l'amendement contre la hausse déposé par le Front de gauche est rejeté : 57 voix contre 54 et deux abstentions. La carte grise augmentera bien de 13 E par cheval-fiscal au 1er janvier.
La litanie des amendements. 140 amendements avaient été déposés par les différents groupes. Une première qui a étiré en longueur la journée. En tête, le FN qui bien qu'il en ait retiré en cours de route, n'a pas ménagé l'exécutif en multipliant les amendements visant à réduire à rien ou presque l'action régionale en matière notamment d'enseignement supérieur, de coopération décentralisée avec les pays en développement, ou de communication. Avec à chaque fois la même fin de non-recevoir de Bernard Roman : « Nous continuerons avec détermination et obstination à mener ces politiques ».
En revanche, certains amendements issus de la droite et du Front de gauche ont reçu un meilleur accueil. Par exemple, une expérimentation pour tenir la promesse de campagne d'un ordinateur gratuit par lycéen à hauteur d'un million d'euros ; l'instauration d'un « pass contraception » et d'une aide à l'acquisition d'une complémentaire santé pour les jeunes ; l'aide aux clubs (hors foot) accédant en compétition européenne ; la mise en place d'un dispositif de découverte du TER via le financement d'un mois d'abonnement gratuit...
Au total, un peu plus de 6 millions d'euros de dépenses supplémentaires dégagées par rapport au projet présenté mercredi.
Le Front de gauche s'abstient, malgré des concessions. Les amendements acceptés n'ont pas fait vaciller les positions du Front de gauche. La hausse du tarif des cartes grises était un morceau trop gros à avaler pour aller plus loin que « l'abstention constructive » , selon la formule rituelle d'Alain Bruneel, patron (PCF) du groupe.
Au final, la majorité rose-verte seule vote pour ce budget à 2,306 millions d'euros, dont 639 millions en dépense d'investissement (+ 3 millions par rapport à 2010), parmi lesquels le Louvre-Lens à hauteur de 60 millions d'euros en 2011.
Marine Le Pen, très absente... La numéro 2 du FN est en campagne interne. Et pour ses adversaires dans l'hémicycle, pas de doute, c'est pour cette raison que Marine Le Pen s'est contentée de venir jeudi matin et hier en fin d'après-midi. Un passage éclair pour présenter pendant 13 minutes la position de son groupe sur le budget, juste avant de filer à une rencontre avec les militants du FN à Lille. Une faille évidente pour celle qui proposait de réviser les indemnités des élus absentéistes pendant la campagne des régionales. Les élus des quatre autres groupes n'ont évidemment pas raté l'occasion de mettre en difficulté les élus du FN à coups de « elle est où ? Elle est déjà partie ? » ironiques fusant de tous les bancs de l'assemblée régionale.


Source : Nord Eclair
Samedi 18 décembre 2010

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