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Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

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Publié par David NOËL

« Si l'État refuse de payer, on fera exprès de présenter un budget en déséquilibre »

Choqué par la décision de l'État de réquisitionner quatre mois des salles et du personnel communal pour la campagne de vaccination, le maire PCF d'Houdain, Daniel Dewalle, a dû s'y résoudre. Mais son coup de gueule a été utile...

Pas de collégiens en short ni de majorettes en répétition, hier après-midi, à l'heure de l'ouverture du centre de vaccination dans le vaste complexe sportif évolutif couvert (COSEC) d'Houdain. Pendant quatre mois, les cours d'éducation physique et les entraînements des différents clubs de la commune sont délocalisés dans d'autres salles. « Si la préfecture (du Pas-de-Calais, ndlr) nous avait dit d'entrée que c'était pour quatre mois, j'aurais mis à sa disposition une autre salle. Mais quand ses services m'ont précisé la durée de la réquisition, il était trop tard pour changer. On nous a mis devant le fait accompli. C'est cet état d'esprit que je trouve choquant », commente le maire communiste Daniel Dewalle, pas du genre à marcher au pas, que ce soit pour la grippe A ou pour d'autres protocoles d'ailleurs.

« L'État a trouvé des milliards pour les banques ».

D'accord, il a bien dû se résoudre à prêter son COSEC à l'État, mais pas son personnel. En tout cas pas dans les proportions espérées en haut lieu. « Il fallait cinq employés communaux pour faire tourner le centre. J'ai refusé. L'État a trouvé des milliards pour les banques, j'ai pensé qu'il pouvait trouver de l'argent pour payer des demandeurs d'emploi », ironise l'élu dont la position a fini par payer. Sur les cinq personnes chargées de l'administratif du centre de vaccination, trois sont des chômeurs recommandés par le maire et les deux autres sont des fonctionnaires d'État placés sous la responsabilité de Patrice, un commandant de police retraité, et de Richard, le chef de la sécurité du personnel communal d'Houdain, finalement le seul employé de la Ville dans cette histoire.

Et le maire compte bien faire assumer jusqu'au bout à l'État sa politique de santé publique. Il ne lui fera aucun cadeau concernant le chauffage, l'électricité et les bus affrétés pour emmener les collégiens faire du sport ailleurs. « On enverra les factures à la préfecture. Si l'État refuse de payer, on fera exprès de présenter un budget municipal en déséquilibre pour marquer le coup », prévient Daniel Dewalle dont les bras de fer avec l'État portent souvent leurs fruits. À Houdain, malgré les menaces de fermeture récurrentes, la gendarmerie et la perception sont toujours là...

G.C.

Source : Nord Eclair
Vendredi 13 novembre 2009
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Yves LOURDEL 13/11/2009 23:21


Des maires comme ça il nous en faudrait beaucoup. En ces temps de décentralisation où les transferts de charges sur les collectivités locales (compensés "à l'Euro près", quelle foutaise!) se
multiplient, il a raison d'être sourcilleux sur l'utilisation des finances communales qui sont alimentées par ses administrés. Y.L.


impots sup. 13/11/2009 22:09


on peut etre intelligent et avoir des oeillères.(les exemples sont nombreux)

quand le nouvel élan demande aux hénino-beaumontois(es) de réagir face aux manquements des rouages de  l'état ,qui a falli(prefet..C.R.C.etc) elle vous demande de redevenir révolutionnaire et
de défendre tout simplement notre beef steak.
il y a ceux qui ne font rien et qui critiquent ,et ceux qui bougent et qui sont critiqués.
j'ai choisi mon camp.
venez nombreux ,afin de faire bouger les choses.rester dans son fauteuil,n'améliorera pas notre vie quotidienne.


cimares 13/11/2009 20:41


Si les représentants de l'Etat avaient assuré leur rôle de contrôle de légalité avec la même diligence que l'effort qu'il déploie pour répondre au dispositif de vaccination générale, on n'en serai
pas là aujourd'hui à Hénin Beaumont.
Il y a encore des maires qui ont un sens politique et qui savent placer les responsabilités là où elles se trouvent.
Mais c'est quand même assez rare dans ce beau département du Pas de Calais qui a plutôt vêcu à ce jour d'un consensus avec des représentants de l'Etat disposant d'élus plus à même de "tenir le
couvercle" de la marmite sociale que de défendre les intérêts d'une population toujours en situation de décrochage en comparaison avec la moyenne des français.