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Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

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Publié par David NOËL

reponseaufnChristopher Szczurek, l'adjoint Front National à la culture et à la vie associative est gêné aux entournures. Incapable de trouver une bonne raison pour ne plus m'inviter aux commémorations officielles, l'adjoint d'extrême droite nous ressort des tiroirs des arguments tous plus bidons les uns que les autres qui ne font en fait que prouver son anticommunisme obsessionnel et son sectarisme.

Dans sa lettre de réponse, Christopher Szczurek se garde bien de revenir sur la commémoration organisée à Margny par le FN. Et pour cause... Steeve Briois et son parti ont fait dans les Ardennes ce qu'ils me reprochent de faire à Hénin-Beaumont.

La vraie raison de la décision du FN de ne plus m'inviter aux commémorations officielles est bien évidemment leur anticommunisme. Les élus d'extrême droite sont vexés que les communistes leur rappellent ce qu'ils sont : c'est-à-dire les représentants d'une organisation réactionnaire et fascisante.

A ce sujet, Christopher Szczurek tente de noyer le poisson en ajoutant aux critères que j'évoquais pour définir le fascisme d'autres critères censés prouver que le FN ne serait pas un parti fascisant.
L'adjoint à la culture évoque ainsi le "corporatisme". J'aurais fait preuve de "corporatisme" en défendant Christine Coget au conseil municipal de juin. Christopher Szczurek ignore manifestement ce qu'est le corporatisme. Le corporatisme fasciste repose sur la négation de la lutte des classes et le remplacement des syndicats par des corporations rassemblant travailleurs et patrons. Dans cette optique, il n'y a pas de place pour la solidarité internationale des travailleurs puisque l'adversaire, ce n'est pas le capitalisme, mais c'est l'étranger. C'est exactement ce que pense le FN !

Christopher Szczurek rajoute également le critère de la "martialité" dans les critères définissant le fascisme. C'est évidemment l'expérience de la Première guerre mondiale et la brutalisation des sociétés qu'elle a entraîné qui a accentué la martialité des mouvements nationalistes, mais l'idéologie de la "droite révolutionnaire", ce qu'on a parfois appelé le "pré-fascisme" ou le "proto-fascisme" existe avant la Première guerre mondiale et les thèses du FN s'inscrivent totalement dans cette idéologie.
Pratiquant l'amalgame, Christopher Szczurek, qui oublie que le FN possède avec le DPS un service d'ordre organisé, nous dépeint Alain Alpern et moi en proches de la mouvance anarchiste autonome. Nous pratiquerions un antifascisme avec keffiehs sur la tête et barres de fer à la main... Christopher Szczurek devrait s'acheter une nouvelle paire de lunettes...
Quant à la volonté de régénérer totalement la société, elle est caractéristique du "fascisme-Etat" plus que du "fascisme-mouvement" et n'invalide donc en rien ma démonstration selon laquelle le FN, idéologiquement, s'inscrit dans la filiation de la "droite révolutionnaire" pré-fasciste apparue à la fin du XIXe siècle dans notre pays au moment de la crise boulangiste et de l'affaire Dreyfus.

Christopher Szczurek utilise un autre argument pour se justifier, c'est l'argument familial. J'ai toujours trouvé très étonnant le maniement de cet argument par l'extrême droite : c'est Jean-Robert Havet évoquant son grand oncle communiste fusillé par les nazis (à qui nous rendons hommage chaque année au mur des fusillés à Arras comme je le lui ai rappelé au dernier conseil municipal), c'est Christopher Szczurek évoquant son père militant à la CGT et élu au CHSCT de son entreprise... "Mon père était à la CGT. A la fin de sa vie, il votait FN. Je suis donc fidèle aux idéaux de jeunesse de mon père en étant au FN." Voilà en résumé l'argument que nous sort l'adjoint à la culture...

Que Christopher Szczurek soit fidèle aux dernières idées de son père, c'est une chose, qu'il puisse invoquer l'héritage de la CGT, c'en est un autre que je lui dénie.
Non, Jean Jaurès n'aurait pas voté Front national.
Non, Georges Marchais ne disait pas ce que dit le Front national.
Non, le PCF et la CGT n'ont pas "trahi les travailleurs français au profit des étrangers".
Non, le Front national n'est pas l'héritier du PCF et de la CGT.
L'internationalisme et la solidarité entre tous les travailleurs par delà les frontières a toujours été au coeur de la pensée des organisations ouvrières. Quand on passe de l'internationalisme au nationalisme, on ne poursuit pas son combat initial dans une autre organisation, on mène un autre combat, totalement contradictoire avec son combat initial, on renie ses idées.

Incapable d'assumer la nature fascisante de son mouvement politique, Chistropher Szczurek parle de "point Godwin" : sur les blogs et les réseaux sociaux, on dit qu'on atteint le "point Godwin" lorsqu'on en vient à traiter son adversaire de nazi mais Christopher Szczurek en commet un beau, de point Godwin, en évoquant à mon sujet et au sujet du PCF d'aujourd'hui l'URSS, les procès staliniens et le massacre de Katyn...    

Je ne sais pas qui à Hénin-Beaumont peut sincèrement penser que je suis "stalinien" ou que j'aurais une quelconque sympathie pour les dictatures qui se sont revendiquées du communisme. Le Parti communiste d'aujourd'hui n'a évidemment rien de "stalinien" et je considère l'URSS de Staline comme une abomination qui n'a rien à voir, ni de près, ni de loin, avec la pensée marxiste. C'est le cas de tous les communistes que je connais.

Le communisme est indissociable des droits de l'homme. Le Parti communiste est né en décembre 1920 au congrès de Tours quand la majorité des délégués de la SFIO a choisi d'accepter les 21 conditions d'adhésion à l'Internationale Communiste, mais le communisme français plonge ses racines dans l'histoire de France. Il n'est pas né en octobre 1917. Le Parti communiste est l'héritier de la Révolution française, de la Commune de Paris, de Blanqui, des grèves ouvrières et des mutineries de 1917... Communiste, je préfère Jaurès à Lénine. Communiste, je me suis toujours senti plus proche de Monatte, Rosmer et l'équipe de la Révolution Prolétarienne que de Maurice Thorez, même s'il a été un grand dirigeant. Les communistes français n'ont pas de sang sur les mains, contrairement aux fascistes...

Christopher Szczurek utilise une autre technique propre à l'extrême droite à chaque fois qu'elle est gênée : ne pas répondre aux accusations et accuser l'interlocuteur. En l'occurence, Christopher Szczurek reprend l'argument classique de l'extrême droite contre le "front républicain". C'est bien connu, l'union de la gauche face à l'extrême droite, c'est nécessairement une "trahison". On ne peut pas faire ça par discipline républicaine, mais parce qu'on "cherche une place" et le front républicain, c'est en fait un "front ripoublicain".
J'ai répondu à Alain Alpern qui tient sur ce point exactement le même discours que l'extrême droite.

Les choses sont pourtant extrêmement simples :

1. Les partis de gauche pratiquent la discipline républicaine entre eux. Au deuxième tour d'une élection au scrutin uninominal, le candidat de gauche le moins bien placé se désiste automatiquement pour le candidat de gauche le mieux placé pour battre la droite.

2. Ce principe de la discipline républicaine se pratique aussi avec la droite républicaine face à l'extrême droite, parce que nous sommes des républicains et que nous savons faire la différence entre un adversaire de la droite modérée et l'extrême droite qui est par nature antirépublicaine.
La discipline républicaine étendue à la droite face à l'extrême droite s'appelle le front républicain.

3. Aux élections au scrutin de liste, face à l'extrême droite, le front républicain prend la forme d'une liste de large rassemblement, au premier ou au second tour.

4. Une liste de front républicain n'implique pas d'abdiquer ses propres idées une fois au pouvoir. Je n'ai JAMAIS abdiqué mes idées.

5. On ne peut pratiquer la discipline républicaine ou le front républicain derrière un individu CONDAMNE pour des faits de corruption ou même simplement MIS EN EXAMEN pour des faits de corruption.

Partant de là, ma position, en 2008 et en 2014 a toujours été parfaitement cohérente.
Elle est conforme à la ligne qui est celle du PCF et qui est aussi celle de la LDH. Si ce n'est pas la ligne du PG, j'en suis bien désolé pour eux, mais c'est en tout cas la ligne du PCF et c'est celle qui sera toujours mise en oeuvre à Hénin-Beaumont tant que je serai secrétaire de section.
J'ai pratiqué le front républicain face à l'extrême droite en figurant sur des listes de rassemblement de la gauche.
Ces listes n'étaient pas menées par des individus qui étaient mis en examen ou condamnés par des faits de corruption.

Gérard Dalongeville l'a été APRES les élections de 2008. Je l'ai combattu. J'ai voté contre son budget. Il m'a retiré ma délégation pour opposition.

Eugène Binaisse ne l'a pas été. J'ai l'intime conviction qu'il ne le sera pas et que les irrégularités avancées par Bruno Bilde au dernier conseil municipal, si elles s'avèrent exactes, ne sont pas le fait d'une corruption politique d'Eugène Binaisse, mais de manquements de l'administration.

Je suis un communiste et un ligueur conséquent, tout simplement. Quand Christopher Szczurek écrit que mon positionnement républicain me rend "inaudible" à Hénin-Beaumont, l'adjoint à la culture, qui doit prendre pour argent comptant les commentaires de quelques aigris sur le blog d'Alain Alpern se fourre le doigt dans l'oeil. Tous les électeurs de gauche d'Hénin-Beaumont qui ne sont pas de mauvaise foi sont capables d'entendre ma démonstration et tous savent que ce sont les convictions qui m'animent et pas la "recherche d'une place".

Evidemment, Christopher Szczurek ne peut pas l'admettre, lui qui, par idéologie fascisante, a la volonté de dénoncer la "corruption de la classe politique" pour en appeler à un "sauveur" (Steeve Briois ou Marine Le Pen) qui régénèrera la ville et la France.

Christopher Szczurek a beau se présenter en républicain respectueux de tout le monde, la vérité est toute autre et l'adjoint à la culture le démontre dans sa lettre. Christopher Szczurek est un idéologue d'extrême droite, qui cherche à camoufler la vraie nature de son organisation politique et ne parvient pas à cacher son anticommunisme viscéral. C'est cet anticommunisme sectaire qui l'a conduit à ne plus supporter la présence d'un élu communiste aux commémorations officielles. 

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Fille de J Jaurès 19/10/2014 08:06


Bravo pour la leçon d'histoire. Si Pétain aurait voté FN, le parti d'extrême droite serait capable de soutenir , en bon révisionniste sans honte ni pudeur, que Jaurès l'aurait fait. Il faut les
arrêter. Et ce n'est pas parce que papa était à la CGT que fiston a l'esprit syndicaliste. Ce n'est pas génétique en la matière et c'est dommage.

motivé 18/10/2014 13:44


Bien résumé David. On sent que le F.N est gêné , la résistance c'est déjà de les mettre devant leur contradiction.Bien sûr qu'il n'a pas pu expliquer la présence de Steeve Briois à la
commémoration à Margny.


Je suis fier qu'un communiste d'Hénin-Beumont puisse tenir tête au Front National qui essaie par tous les moyens de polisser leur présence en mairie.Je sais que cela ne va pas durer.


De nombreux agents sont déjà exaspérés par leur attitude.

dents de sabre 18/10/2014 12:02


Ta raison David ,


Il aurais prèferer ce couper un doigt plutot que de voter FN


maintenante laissons le conseil municipal au passée.


Mais nous sommes fier de nos idées "Résistance"