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Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

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Publié par David NOËL

logo SNESLe Président de la République a décidé de faire voter la ratification du traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance de l’Union économique et monétaire par le Parlement en octobre. A ce traité signé en mars 2012 par les chefs d’Etats sous l’égide de Sarkozy et Merkel, il a fait ajouter un volet dit "de croissance" mais cela ne réduit en rien la dangerosité de l’ensemble de ce traité.

Ce traité budgétaire vise à institutionnaliser la "règle d’or" qui oblige les Etats à présenter des budgets équilibrés. Il interdit quasiment les déficits budgétaires (maximum 0,5% du PIB), ce qui revient à réduire les budgets annuels d’environ 87 milliards d’euros (d’après un rapport de la cour des comptes de 2012). Si ce traité est adopté, les dépenses et l’emploi publics seront désormais considérés uniquement comme des coûts à réduire à tous prix. Cette obligation d’équilibre budgétaire entérine les politiques d’austérité et empêche tout investissement pour l’avenir. En effet, avec ce traité, des investissements de long terme, nécessaires à la relance de la croissance donc à l’emploi, ne pourront plus être financés que par les recettes du moment ; or, ils seront utilisés pendant des décennies et par plusieurs générations, il est donc concevable et même souhaitable qu’ils soient financés sur plusieurs années. Après avoir renoncé à toute marge de manœuvre en matière monétaire en acceptant de dépendre d’une monnaie contrôlée uniquement par une "banque centrale indépendante", les gouvernements des pays d’Europe sont prêts à abandonner totalement le levier de la politique budgétaire, seule arme qu’il leur reste pour relancer l’économie.

De plus, le traité prévoit des procédures totalement antidémocratiques avec un ensemble de « sanctions automatiques » et une méfiance fondamentale envers ceux qui doivent prendre des décisions « politiques » et qui sont tenus de rendre des comptes au peuple. C’est aller dans le même sens, au niveau national, que de ne pas consulter le peuple sur une question aussi fondamentale. La ratification parlementaire de ce traité organiserait une nouvelle réduction de la souveraineté populaire déjà écornée en 2008 quand les députés et sénateurs ont décidé d’aller à l’encontre du vote populaire exprimé le 29 mai 2005 par le non au traité constitutionnel européen. A quoi servira-t-il encore de voter pour une majorité en France si celle-ci n’a plus aucun rôle, même pas celui de décider de ses dépenses et de son budget ? Comment mener une politique de gauche, d’emploi, de développement des services publics avec une obligation budgétaire aussi contraignante ?

Si l’heure est grave, et nous en sommes tous convaincus, il est indispensable d’obtenir un référendum pour permettre aux citoyens de s’emparer de cette question, de débattre et de s’exprimer et aux organisations syndicales comme le SNES et la FSU de prendre toute leur part du travail d’information et d’explication, comme ils avaient su le faire en 2005. Alors qu’un sondage publié le 27 août, indique que 72% des français déclarent souhaiter l’organisation d’un referendum, il n’est pas envisageable que notre organisation syndicale se contente de montrer à ses syndiqués les effets néfastes du traité et ne s’exprime pas pour exiger un référendum, seule solution pour obtenir un vrai temps de débat et d’explications et espérer faire reculer ce traité.

Le SNES académique de Lille appelle à participer, sur des bases syndicales, à la journée du 30 septembre pour exiger un referendum.


Source : SNES Lille

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