Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

Archives

 

Publié par David NOËL

Dalongeville-Bouche.jpgLes troubles relations entre la Ville et la SARL Tilloy étaient, depuis de nombreuses années une entêtante énigme héninoise... Un dossier évoqué par les enquêteurs, lors du « fructueux » second jour de garde à vue de Gérard Dalongeville...

PAR PASCAL WALLART
henin@info-artois.fr

Créée le 7 novembre 2006, cette société a, comme par hasard, pour actionnaires principaux les gérants des deux sociétés de gardiennage, ayant bénéficié de favoritisme et de fausses factures, évoqués dans le chapitre précédent. Une dizaine de jours après sa création, déjà acquéreur d'un terrain municipal rue du Tilloy, elle devient propriétaire d'une salle municipale de la rue Jules-Ferry qui portait jusqu'alors le nom de salle Saint-Pierre. Un marché conclu pour la somme de 509 380 € dont les acquéreurs règlent immédiatement 100 000 €. Le problème est que, deux ans et demi après cette session, la SARL Tilloy n'a toujours pas versé le solde, l'adjoint aux finances, Claude Chopin, et celui à l'urbanisme, Philippe Demarquilly, étant intervenus pour donner du temps aux acquéreurs. Une légèreté, alors que les finances de la ville étaient exsangues, que pointera du doigt la chambre régionale des comptes... Ces 409 000 € auraient en effet été les bienvenus pour remettre à flot les finances locales. « Nous avons demandé une hypothèque au profit de la ville au Trésor public. Le notaire a quant à lui débuté la procédure par le biais d'une mise en demeure... », se défend le maire. Sans préciser pourquoi la Ville n'a pas été plus offensive sur ce dossier pour lequel la SARL Tilloy n'aura joué que les intermédiaires puisqu'un aménageur privé avait fait connaître son intérêt pour le site...

Un maire qui vacille un peu plus lorsque l'officier de police commence à sortir l'impressionnante liasse de factures Deberdt, témoignant d'une ribambelle de marchés pour lesquels la société de son ami Jean-Marc Bouche était jugée comme incontournable quitte à, une fois de plus, bafouer la loi des marchés publics. Là aussi le maire plaide non coupable : « Je prends acte toutefois que visiblement j'ai été mis à l'écart de nombreuses choses en dépit de ma qualité de premier magistrat de la ville. Je peux comprendre vos interrogations mais je ne veux pas payer pour des choses que je n'ai pas commises. » Facture après facture indiquant qu'à chaque fois, Deberdt était loin d'être le mieux disant et que la société sallauminoise intervenait dans des domaines qui n'étaient pas les siens, G. Dalongeville joue la stupéfaction et l'ignorance. « Ce sont les services de la mairie et les autres élus qui ont travaillé avec M. Bouche et pas moi ! » assène le maire. « Autrement dit, ce n'est pas vous mais les autres ? » rétorque, amusé, l'enquêteur. Gérard Dalongeville ne se démonte pas : « C'est exact ! » Sauf que le policier évoque alors un voyage en Tunisie réglé par Deberdt auquel aurait participé le maire et sa famille. « Je n'ai jamais bénéficié d'avantages de cette société, commente le maire. C'est M. Bouche qui avait fait des recherches sur cette destination et qui me les a communiquées, sur ma demande. Je n'ai pas d'autre commentaire à faire ! »

L'officier rajoute une étape à la fusée en évoquant la société ICS montée par M. Bouche qui aura vu nombre de ses factures (remboursements hôteliers, frais de déplacements, location de calèche) rejetée par le Trésorier municipal pour cause d'objet fictif. Des relations avec la Ville d'autant plus suspectes qu'ICS a présenté un certain nombre de factures en 2006, suite à une convention passée en août, alors que la société ne sera officiellement immatriculée qu'en septembre 2007 ! « Il y a donc tentative de détournement de fonds publics ! » affirme l'enquêteur face à un Gérard Dalongeville impavide : « Je me rends compte que M. Bouche est visiblement à l'origine d'une tentative de détournement de fonds publics commise au préjudice de la mairie et qu'il a bénéficié pour ce fait de complicité voire de coaction au sein du personnel de la mairie et vraisemblablement de M. Chopin puisque ce dernier a relancé à plusieurs reprises le mandatement de ces factures non causées. Je maintiens toutefois être étranger à cette affaire ! » On connaît la chanson.

À suivre


Source : La Voix du Nord
Mercredi 18 mai 2011

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

quel scandale 20/05/2011 13:18



Chaque jour dans la voix du nord,on en apprend des belles sur les éxactions  du grand protégé de Jean-Marie Alexandre,patron du M.R.C. 62., alias "Gégé le terrible".

Pourquoi ne parle-t-on pas du Président de la commission des marchés.un certain J.M.L....il ne pouvait pas ignorer.



David NOËL 20/05/2011 13:39



On parle de lui dans l'épisode 9 du "feuilleton" dans les méandres de l'Affaire Dalongeville. Visiblement, il était écarté du circuit des fausses factures. S'il est coupable de quelque chose,
c'est de ne pas avoir basculé dans l'opposition et informé la justice quand il a dû se rendre compte (car il s'en est forcément douté vu ses attributions) que le budget de gardiennage de la ville
correspondait à des prestations fictives.