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Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

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Publié par David NOËL

videosurveillance-Henin.jpgCe serait le hasard qui aurait amené le marché héninois dans les rets de notre homme d'affaires luxembourgeois.

Qui se souvient avoir rencontré dans un restaurant de Petange, en juin 2008, le patron de L Invest, grand ami de Guy Mollet. Qui lui fait aussitôt l'article de Gérard Dalongeville avec lequel il travaille sur le projet Sainte-Henriette et des affaires immobilières. Dans la foulée, notre homme appelle le maire d'Hénin qui lui fixe très vite rendez-vous au Cèdre bleu. « C'est à cette occasion que j'ai demandé à M. Dalongeville s'il avait du boulot dans le nettoyage et la vidéo-surveillance ! » Coup de chance : il en avait ! Ce qui explique que, quelques jours plus tard, après avoir alerté son ami, patron de I Clean et ISA sur la bonne aubaine héninoise, tout le monde se retrouve à Hénin. Avec des arrangements financiers dont la réalité reste encore à éclaircir (au moins 9 000 € partiront dans la poche de l'intermédiaire). Si le volet nettoyage a été évoqué dans l'édition d'hier dans toute son absurdité économique, celui de la vidéo-surveillance semble encore plus « énorme » ! Très rapidement, afin d'obtenir un audit de 23 pages (ayant tout du copier-coller de différents documents), concernant l'état des lieux et les besoins sécuritaires d'Hénin-Beaumont, Gérard Dalongeville signe le 21 juillet un bon de commande de 25 000 € HT pour un document que tous ceux qui l'auront eu ultérieurement en mains jugeront creux et sans intérêt. À telle enseigne qu'il ne mentionne même pas le gigantesque contrat de gardiennage conclu par la Ville avec une société héninoise (lire nos éditions précédentes). Un document poudre aux yeux dont l'adjoint à la sécurité, court-circuité, n'est alors même pas destinataire (lui qui bosse pourtant sur le dossier vidéo-surveillance depuis un an) alors que, du côté de l'encadrement municipal, on est sur des charbons ardents face à une situation imposée par le maire, en total décalage avec le marasme financier municipal... Passant au-dessus de l'avis de ses chefs de service et de la consultation de son conseil municipal, G. Dalongeville commande donc à ISA un système anti-intrusion pour 53 622 €, censé protéger notamment le centre petite enfance (une facture sur laquelle, en passant ISA réalise des marges de 100 % sur certains équipements !).

Même la Préfecture n'était pas au courant

En janvier et février 2009, le maire passe en force pour imposer le paiement de cette somme en priorité à ISA. Au service des marchés publics, on n'est même pas au courant de cette affaire que Dalongeville demandera de régulariser a posteriori. Et l'affaire tourne au grand n'importe quoi lorsqu'on prend alors conscience que le système a été payé sans avoir été installé et que la Préfecture, devant impérativement donner son feu vert pour toute installation de vidéo-surveillance, n'a jamais été avertie des intentions héninoises !

Une affaire qui en restera là, suite à l'interpellation de Gérard Dalongeville, mais qui aurait pu aller beaucoup plus loin. En effet, le nouvel ami luxembourgeois de Gérard Dalongeville venait de lui faire rencontrer, à l'hôtel Méridien à Paris, des représentants de l'un des plus grands groupes de BTP de l'Hexagone, se proposant de construire à Hénin-Beaumont des logements sociaux. Un rendez-vous avait été pris peu de temps après le fatidique 7 avril qui mit fin au terrible jeu de Monopoly héninois, il restera donc virtuel... Dans notre édition de demain, nous reviendrons sur les explications de Gérard Dalongeville concernant ses relations avec les deux hommes d'affaires lorrain et luxembourgeois qui, en toute logique, ont été mis en examen dans l'affaire héninoise.

PASCAL WALLART


Source : La Voix du Nord
Samedi 21 mai 2011

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