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Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

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Publié par David NOËL

logo_vdn_carre.gifAprès les tribulations d'un consultant loiretain aux dossiers d'aménagement payés sans compter, les enquêteurs balaient quelques nouveaux recoins obscurs de la maison héninoise, pour boucler cet interrogatoire du 8 mai 2009. Et évoquent le dossier (déjà développé dans ces colonnes dès le 27 février dernier) d'un démolisseur dont les marchés se sont étrangement développés entre 2006 et 2008, pour une facturation totale de 444 517 €. À commencer par le démantèlement occulte de la résidence de Léon pour 81 000 € et le cadeau gracieux de tous les équipements de la résidence à un entrepreneur ami de Guy Mollet. « Expliquez-nous pourquoi avoir engagé de telles dépenses importantes qui ont pour conséquences d'entraîner une dépréciation de la valorisation d'un tel bâtiment alors que par ailleurs la municipalité essayait de procéder à la vente de cet ensemble immobilier ? », s'enquiert fort logiquement l'officier de police. Visage étonné en retour d'un Gérard Dalongeville n'hésitant pas à commenter sur le même registre que précédemment : « Je ne savais pas que la ville avait demandé ces prestations ou tout au moins je n'en ai pas souvenir. » Qu'il y ait eu une pratique de saucissonnage du marché des travaux de la rue Voltaire et détournement de la réglementation des marchés publics, le maire feint encore de le découvrir : « Il y a carence d'informations à mon égard et mauvais fonctionnement du service des marchés publics de la mairie. »

« Je le déplore ! »

Et la mascarade continue à l'évocation des travaux réalisés pour la Ville par la société ADVECO qui, au moment des travaux réalisés avait été liquidée et n'avait donc plus d'existence légale. Ce qui ne l'empêchera pas de présenter en avril 2008 une facture de 65 807,59 € pour la construction de cinq garages, rue Blériot, facture que le maire lui-même recouvrira d'un « bon pour accord » alors que le chantier ne sera jamais fait. « J'avais porté la mention "bon pour accord" parce que l'on m'avait dit que les prestations avaient été réalisées. » Un mois plus tard, c'est la pose de carreaux de faïence dans les douches de l'Atrium qui sera facturée 21 540 € dans une ambiance générale d'omerta qui avait, à l'époque, fait le tour d'Hénin. « Personne ne m'a donné connaissance de cette facturation » commente, toujours aussi impavide, Gérard Dalongeville.

Rebelote avec un autre dossier qui fit parler en ville : celui des bacs de fleurs payés de manière inconsidérée parce qu'il fallait, comme toujours dans l'urgence, épater le jury des villes fleuries. 187 000 € ont été réglés pour 128 bacs et contre-bacs disposés en entrée de ville et autour de l'hôtel de ville. Là aussi, le respect de la règle des marchés publics a été allégrement bafoué et Gérard Dalongeville, sans rire, le « déplore ». Et annonce même vouloir poursuivre « les auteurs de ces malversations ». Dernier acte alors qu'on s'approche d'une heure du matin en ce 9 avril... pour revenir sur l'origine des 13 000 € découverts l'avant-veille dans le bureau majoral : « Je n'ai jamais utilisé depuis mon arrivée en mairie en 2001. Je n'en ai aucune idée... Cela va vous surprendre mais je n'ai pas les clés ni la combinaison du coffre. J'en déduis toutefois que quelqu'un l'a ouvert après mon arrivée en mairie, dans la mesure où il contenait des euros et que cette monnaie n'existait pas en 2001 » La cerise sur le gâteau !

PASCAL WALLART

Le temps d'une petite semaine, on va vous laisser souffler pour mieux reprendre les étapes de ce marathon judiciaire dès la semaine prochaine.


Source : La Voix du Nord
Mardi 24 mai 2011

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