Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

Archives

 

Publié par David NOËL

Dalongeville-Chopin.jpgAu terme des trois interrogatoires auxquels a été soumis Guy Mollet, l'homme d'affaires héninois est apparu avec évidence aux enquêteurs comme l'entremetteur indispensable entre les autorités municipales et diverses entreprises. Un homme qui, s'il était remis en liberté, serait à même de pouvoir orienter les déclarations futures des uns et des autres, de les aider à préparer leur défense ou à faire disparaître les éléments de preuve qu'ils seraient encore susceptibles de détenir. Assez inquiétant pour que, le 9 avril 2009, le juge des libertés et de la détention décide de placer Guy Mollet en détention provisoire. D'autant que quelques phrases velléitaires prononcées par ce dernier lors du dernier interrogatoire (notamment lorsqu'il regretta de ne pas avoir eu le temps de mettre une droite de boxeur à Gérard Dalongeville), n'auront pas plaidé en sa faveur...

« J'ai agi de mon plein gré ! »

Retour au 7 avril, 6 heures du matin, pour la troisième vague d'interpellations, cette fois-ci au domicile de l'ancien premier adjoint, Claude Chopin. Traditionnelle perquisition, cette fois-ci beaucoup moins fructueuse que lors des coups de filet opérés chez Gérard Dalongeville et Guy Mollet. Tout de même, un dossier au nom de DIPI (l'une des sociétés belges imprimant le Journal du pays) interpelle les enquêteurs. Deux factures de 40 000 € et 48 400 €, une facture ayant trait à la foire aux manèges (? ), un contrat ou encore une attestation signée de Claude Chopin. « Des documents que réclamait la CRC », commente laconiquement l'ancien grand argentier héninois. Autre document titillant l'intérêt des policiers qu'un certificat de paiement concernant une société de géomètres avec laquelle travaillait régulièrement la Ville et qui avait apparemment pour tradition de se servir largement en commissions... Vers 9 h 30, c'est dans les locaux du commissariat de Lens qu'un brigadier du SRPJ de Lille entend pour la première fois Claude Chopin. Qui explique son rôle en ce qui concerne le règlement des commandes publiques : « Un chef de service me présentait un bon de commande que je signais. Comme je faisais confiance aux chefs de service je signais après avoir vu le bon de commande. Lorsque je m'interrogeais sur la nécessité de la dépense en cause, j'allais consulter le responsable du service qui avait émis le bon de commande ... » Quant à l'exécution de la mention « service fait » ou « bon à payer », M. Chopin explique qu'en règle générale, c'est le service intéressé qui s'en occupe directement. Sauf exceptions et exceptions il y eut pour certains services de gardiennage que l'ex-premier adjoint reconnaît avoir visé directement pour que la facture soit réglée : « Bien que ce marché soit en relation avec le service des marchés publics, c'est moi qui ai apposé ma signature et je n'ai pas de raisons afin de justifier le fait que ce soit moi qui l'ai signé... J'ai agi de mon plein gré. Je n'ai souvenir d'aucun autre domaine pour lequel j'aurais été amené à signer d'autres bons à payer... » En début d'après-midi, un nouvel interrogatoire balaie d'autres zones opaques. Dont les déplacements en avions-taxis. M. Chopin se souvient avoir accompagné Guy Mollet à deux ou trois reprises et notamment près de Carcassonne où, explique-t-il, « il était prévu de faire un camp de toile et d'y construire une maison pour enfants ». Des déplacements dont était au courant Gérard Dalongeville ? « Je suppose qu'il était au courant pour ATS puisque je lui rendais compte systématiquement à chaque fois que je revenais de Carcassonne ou de Léon. C'est d'ailleurs M. Dalongeville qui m'établissait mon ordre de mission... »

PASCAL WALLART

A suivre


Source : La Voix du Nord
Jeudi 16 juin 2011

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article