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Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

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Publié par David NOËL

Claude-Chopin-1.jpgUne avalanche de questions ayant trait aux 19 voyages en avion-taxi amènent rapidement Claude Chopin, poussé dans ses retranchements, à répondre de plus en plus laconiquement.

Et lorsqu'on lui demande pourquoi il a ainsi avalisé le règlement par la mairie d'Hénin-Beaumont de ce qui s'avère être des fausses factures, l'ancien premier adjoint répond tout naturellement : « J'ai peut être commis une erreur. On m'a soumis des bons à payer que je devais signer et j'ai signé, point. » Et lorsque l'enquêteur s'inquiète de savoir pourquoi la Ville a financé tout aussi aisément les déplacements de Guy Mollet dont la plupart avaient trait à ses propres affaires ou à sa vie privée et non celles de la commune, Claude Chopin persiste à tomber des nues : « J'ignorais complètement que ces factures ATS concernaient les affaires personnelles de monsieur Guy Mollet. Je pense avoir été piégé... Si j'ai commis des erreurs, je les assumerai ! » Un peu plus tard, M. Chopin se remémorera avoir vu Guy Mollet débouler un jour dans son bureau aux affaires financières, avec en mains des factures ATS qu'il voulait faire régler par la Ville : « Face à cette demande, M. Mollet m'avait informé qu'il partait avec M. le maire. J'ai donc signé les factures ! » Autre sujet qui fâche que celui du marché passé exclusivement avec une société de sécurité héninoise. Les enquêteurs y voient là une infraction manifeste et volontaire aux règles des marchés publics, ce marché ayant été saucissonné malgré les alertes et remarques de plusieurs cadres administratifs. Là aussi, c'est la carte de l'étonnement qui est jouée : « Sur le saucissonnage, je ne suis pas au courant. Cela est le fait du travail du service financier et du marché public. Comme je l'ai dit précédemment, les factures, on me les a présentées et je les ai signées. Mais je ne suis pas d'accord ni au courant de cette méthode !  »

Et quand on en vient à évoquer le pourquoi de factures établies hors marché, Claude Chopin lâche dans un souffle : « Le service financier m'a demandé de signer ces factures. Il m'a en quelque sorte refilé la patate chaude ! ». Même tonalité à l'évocation des marchés Deberdt où favoritisme et saucissonnage étaient encore plus de mise. « La commission d'appels d'offres se basait sur le rapport du directeur des services techniques pour choisir le candidat du marché... La commission est souveraine et elle a décidé ! », botte en touche l'ancien élu. Idem pour les sommes pharamineuses sorties pour Sequoia, la société éditrice du Journal du pays : « J'ai dû régulariser le règlement de la facture car la dépense était déjà engagée par le maire. C'est ce dernier qui m'a invité à le faire ! » Question cruciale de l'officier de police : « Lorsque vous apposiez votre signature, vous agissiez en "premier couteau" ou en "second couteau" ? » Claude Chopin n'hésite pas un instant : « J'agissais en second couteau sur instructions de M. le maire y compris en ce qui concerne les montants... » Et, en guise de finale, de prouver qu'il a plus de mémoire que son maire car lui se souvient parfaitement du coffre-fort du bureau majoral : « Je crois qu'il est situé sous le buste de Jean Jaurès ? C'est M. Piette qui me l'avait montré. Je ne sais pas ce qu'il renferme ni qui en possède la clé... »

P. W.

À suivre.


Source : La Voix du Nord
Vendredi 17 juin 2011

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