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Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

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Publié par David NOËL

Bureau-Dalongeville-copie-1.jpgAlors que Guy Mollet vient de dresser un portrait sans concessions de Gérard Dalongeville (notre édition d'hier), la juge Pair se charge de rappeler au prévenu que, lui aussi, avait des problèmes comportementaux. Et d'évoquer l'agression du trésorier-payeur général, en 2003 : « Il n'y a pas eu violences sur sa personne... Il y a eu un geste qu'il a considéré comme agressif... Il avait son casque sous le bras, je l'ai attrapé par la manche et son casque est tombé par terre. Il devait payer pour le compte de la mairie des factures au Journal du pays avec plusieurs mois de retard... » Au fil des ans, les relations entre Guy Mollet et Gérard Dalongeville ont commencé à devenir encombrantes pour ce dernier, qui ne voulait plus recevoir ce collaborateur haut en couleurs dans son bureau, privilégiant les rencontres discrètes au Cèdre bleu. D'ailleurs, Guy Mollet reconnaît que le maire d'Hénin-Beaumont se gardait bien de le mettre en contact avec certaines de ses relations qu'« il ne voulait jamais me montrer. Il y a des gens qu'il ne m'a jamais présentés. Moi je ne fais pas partie du cercle Franc Maçon ! » Parmi les relations privilégiées de M. Dalongeville, Jean-Marc Bouche « qui n'aimait pas que je parle avec M. Dalongeville, comme s'il était jaloux. Il semblait avoir des ambitions politiques. Moi pas du tout. On se serrait la main, sans plus. »

Léon n'était plus assuré !

Retour sur le « saccage » de la résidence de Léon où l'on s'aperçoit que tout n'avait pas encore été dit. Car l'opération-démolition et démontage confiée à un entrepreneur héninois, Guy Mollet en a sa propre lecture : « Il fallait que l'endroit soit propre pour trouver d'éventuels acheteurs... Il fallait aller vite car on avait des acheteurs. Le jour où j'ai été arrêté par la PJ, j'avais un client pour Léon, un dentiste de Roubaix dont je ne me souviens plus du nom. Il avait vu le site sur photo. On devait se rencontrer au Cèdre Bleu le jour de mon interpellation, à 8 h. » Et d'expliquer que, sur ce dossier, Gérard Dalongeville avait toujours expliqué que les Domaines avaient évalué la résidence à 1,6 M €, « mais j'ai découvert récemment que c'était plutôt 800 000 €. C'est seulement 5 mois avant mon arrestation que j'ai découvert la véritable estimation des domaines. Dalongeville m'a donc menti pendant 2 ans et demi... Il avait fait passer ça en conseil municipal à 1,6 M € pour gonfler les recettes au budget... » Un site ravagé sur ordres par un démolisseur mais aussi, de manière plus fortuite, par les squatters ayant un temps colonisé le lieu ou les arbres tombés lors de violents coups de vents, autant de dégâts qu'un expert aurait, selon M. Mollet, expertisés à 1,2 M € que l'assurance aurait dû rembourser à la mairie. Sauf que, depuis belle lurette, le site n'était plus assuré !

Un site que, toujours selon Guy Mollet, Gérard Dalongeville n'aurait visité en sa compagnie qu'une seule fois « mais en avion de ligne Lesquin-Bordeaux car il avait peur de monter dans le petit avion d'ATS ! » Deux semaines plus tard, les assertions des uns et des autres prennent un relief particulier puisque, ce 30 juin 2009, pour la toute première fois, Guy Mollet, Gérard Dalongeville et Claude Chopin se retrouvent confrontés dans le bureau de la juge. Chaud devant... Première prise de contact et premier sujet chaud-bouillant, à savoir les 15 000 € retrouvés dans le coffre du bureau du maire dont Gérard Dalongeville ne nie plus la connaissance mais juste l'usage. Sauf qu'on a retrouvé ses empreintes digitales sur une des enveloppes truffée de billets. Et là les justifications de l'ex-maire sont croquignolettes.

PASCAL WALLART

À suivre.


Source : La Voix du Nord
Mercredi 22 juin 2011

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