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Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

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Publié par David NOËL

Saint-Martin.jpgOn pensait tout connaître sur l'histoire de la résidence de Léon... Eh bien, on se trompait puisque, lors de la confrontation du 30 juin, la juge Véronique Pair évoque un client pour Léon qui n'apparaissait pas jusqu'à présent dans l'affaire. Enfin pas à ce chapitre. À savoir l'un des imprimeurs belges qui avait le marché du journal du pays et qui, en décembre 2008, a manifesté son intérêt pour la résidence landaise. « C'était M. Chopin qui suivait ce dossier en long, en large et en travers !.... Il s'est rendu avec lui à Léon » se défend Gérard Dalongeville. Sauf qu'en décembre 2008, Claude Chopin n'était plus élu et s'il reconnaît s'être déplacé deux fois à Léon, jamais avec l'homme d'affaires belge. Ce que Guy Mollet confirme reconnaissant que, de manière récente, l'imprimeur s'était branché sur Léon : « Il était également intéressé par le Cèdre Bleu. Il avait soi disant des clients pour acheter ces deux biens ainsi que Brossolette... Je suis déjà allé à Léon avec lui, une fois, mais je ne pense pas que M. Chopin était là ! » Mais Gérard Dalongeville n'en démord pas et donne plus de détails : « J'affirme que j'étais à Bordeaux pour un congrès des missions locales et j'ai rejoint MM. Mollet, Chopin et l'imprimeur belge à Léon en voiture... Je suis reparti en avion de ligne. » Autre embarras pour Gérard Dalongeville lorsque la juge d'instruction ressort une note piochée dans son agenda et faisant allusion à la cession de deux habitations à un proche de Guy Mollet. « Solde en ma faveur, 11 840, pour clôturer mes avances » avait alors écrit l'ancien maire. Face à l'étonnement de Mme Pair quant à l'usage de ces pronoms personnels donnant « un style pas très administratif », Gérard Dalongeville balaie cette incongruité d'un revers de manche : « C'est la copie d'une note... Ce n'est pas une note qu'on m'a adressée. Je n'en étais pas destinataire. »

Séminaire... d'agrément

Et le supplice reprend de plus belle lorsque sont évoqués les 36 voyages à l'étranger du maire d'Hénin-Beaumont depuis 2001 (dont des factures de 63 000 € pour 8 de ces destinations assurées via une agence de Miami). « Les vacances, c'était le seul moment que je passais avec mes enfants et mon épouse. Les voyages je les ai réglés » assure l'ancien maire.

Qui explique en avoir les moyens, et avoir fait « un choix de vie ». Quant au fameux séminaire en Irlande en compagnie d'élus et de cadres que le voyagiste accompagnateur a qualifié de voyage d'agrément plutôt que de travail, n'ayant jamais vu quiconque plancher pendant ce séjour, Gérard Dalongeville se défend de tout dérapage : « C'est un séminaire. On a remercié les collaborateurs les plus proches. On a évoqué les perspectives d'avenir de la municipalité. » Y a-t-il eu des voyages payés par la société Deberdt de Jean-Marc Bouche ? « Absolument pas ! » s'indigne Gérard Dalongeville. Sauf que là aussi, le témoignage du voyagiste précédent ne va pas dans ce sens, ce dernier évoquant, en 2005 et 2006, trois voyages en Tunisie et au Portugal effectués par la famille Dalongeville aux frais de Deberdt. Et là, Gérard Dalongeville se révèle roi de l'« impro » en corrigeant aussitôt le tir : « C'est M. Bouche qui m'avait trouvé les voyages, je les lui ai remboursés ! » La juge profite de l'occasion pour rebondir sur ces « moyens » financiers revendiqués par M. Dalongeville en lui demandant l'origine des 113 000 € versés en liquide sur ses comptes familiaux entre 2005-2008. Le fruit de la location de la maison de ma mère, dans les Vosges, explique l'ex-premier magistrat. Sauf que la location, comme il l'a expliqué aurait été de 800 € par mois alors que les dépôts régulièrement effectués se montaient à chaque fois à plusieurs milliers d'euros...

PASCAL WALLART

À suivre


Source : La Voix du Nord
Vendredi 24 juin 2011

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