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Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

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Publié par David NOËL

Bureau-Dalongeville.jpg|  ON EN PARLE |

PAR PASCAL WALLART
henin@info-artois.fr

Scène de Vaudeville à l'hôtel de ville d'Hénin-Beaumont en ce 7 avril 2009. Alors que des policiers-figurants sont en action sur le tournage des «  Vivants et des morts », de vrais policiers sont eux en service, dans le bureau de Gérard Dalongeville où une longue perquisition a lieu ce mardi après-midi...

Sur et autour du bureau du maire, les documents sont légion. Parmi le foultitude de notes (parfois même d'alertes) provenant de la Direction des affaires financières, quelques pièces croquignolettes sont exhumées par les enquêteurs. Entre autres, la proposition d'une société de surveillance héninoise d'une intervention forfaitaire pour... 825 000 € hors taxe !

Et puis, parmi les nombreux documents ayant trait à la fameuse résidence de Léon, une note de novembre 2007, émanant du directeur de cabinet d'alors de Gérard Dalongeville et expliquant de bien curieuses choses. Notamment que le gérant de la société L Invest, qui devait signer par la suite un compromis de vente du bâtiment « est toujours sur la même position et souhaite des contreparties ». Et le dir'cab d'évoquer également un acquéreur russe que devait rencontrer Guy Mollet, ou encore le souhait d'un dirigeant d'un grand groupe régional de BTP de rencontrer Gérard Dalongeville sur ce projet... Et puis, en tas, une série de notes alarmistes de la Trésorerie municipale, qui n'auront jamais transpiré hors des murs de ce bureau, et concernant des décisions, jugées comme irrégulières, qui ont été prises par l'adjoint à l'urbanisme dans le dossier brûlant des SCI Tilloy et du Pommier... ou encore les frais pharamineux de déplacement des élus notamment en aéro-taxis.

En fin d'après-midi, la perquisition prend une autre tournure avec la découverte incidente d'un coffre-fort dont le maire nie avoir eu usage, l'ayant trouvé en l'état en 2001 lorsqu'il prit possession du bureau majoral. Devant ces dénégations, Gérard Dalongeville expliquant ne pas avoir les clés de ce fameux coffre, les enquêteurs feront appel à un serrurier qui, au bout d'une petite heure de travail, finira par ouvrir l'engin après un long perçage. À l'intérieur du coffre, deux simples enveloppes blanches marquées du sceau de la municipalité. Dans la première, huit mille euros en coupures de 100 et 500 euros dans la seconde, 5000 euros en billets de 100... Soit un total de 13 000 euros ! « Je n'ai jamais ouvert ce coffre. Je ne dispose pas des clés ni de la combinaison de ce coffre bien qu'il soit implanté dans mon bureau ! » donnera pour toute réponse un Gérard Dalongeville impavide et droit comme un « i ».

En début de soirée, le maire d'Hénin-Beaumont est exfiltré discrètement de l'hôtel de ville, les journalistes étant baladés dans les étages pendant que le premier magistrat était, en deux temps trois mouvements, engouffré dans un véhicule de police, direction le commissariat de Lens. Où, sur le coup de 21h30, il a droit à son premier interrogatoire hors perquisition, précisant notamment son parcours professionnel et d'élu, ses ressources ou encore la composition et le fonctionnement de son cabinet en mairie... Après une nuit en cellule que l'on imagine fort agitée, c'est dès 9 heures, le mercredi 8, que Gérard Dalongeville passe à nouveau sur le grill. Pour notamment préciser les missions exactes confiées à son ex-adjoint aux finances, Claude Chopin... mais aussi les siennes. Car, parmi de nombreuses interrogations, les enquêteurs se demandent pourquoi le maire attestait jusqu'alors personnellement, sur certains dossiers, du service fait et du bon à payer alors que cette tâche peut être aisément déléguée à un chef de service... D'autant qu'en expliquant son mode de fonctionnement, Gérard Dalongeville venait de laisser entendre que ses multiples activités ne lui laissaient pas le soin de suivre tous les dossiers comme il eût aimé le faire. « J'ai signé ces documents pour ne pas retarder certaines procédures et notamment certains règlements après m'être assuré du service fait ! » Et lorsque l'enquêteur demandera s'il y avait donc carence des différents services de la mairie, G. Dalongeville n'hésitera pas à lâcher : « On peut l'interpréter de cette façon ! ».

À suivre


Source : La Voix du Nord
Samedi 14 mai 2011

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