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Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

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Publié par David NOËL

Les chiffres du chômage ­ malgré les tripatouillages, les radiations, le truquage des chiffres, etc. ­ ne cessent d’augmenter. Chaque jour, des entreprises annoncent des plans de licenciements, du chômage partiel : « plans sociaux » au Club Méditerranée, chez Vedior bis, dans les sociétés sous-traitantes d’Aéroport de Paris, chez Michelin, chez JB Martin…

Savez-vous que les critères de justification des « plans sociaux » ont changé ? En catimini, comme toujours... Auparavant, l’employeur devait justifier économiquement son « plan social » : baisse d’activité, arrêt de la production, redéploiement de l’activité, etc. Aujourd’hui, il lui suffit d’invoquer le risque de perte de compétitivité. Comme il s’agit d’un motif discrétionnaire, relevant de la perception de l’évolution de l’environnement économique, donc totalement injustifiable, cela laisse toute latitude aux employeurs.

Toujours est-il qu’en ces temps de crise, avec une population toujours plus enfoncée dans la précarité, des millions de personnes obligées d’avoir recours aux Restos du Cœur, au Secours Populaire, etc., notre gouvernement trouve de bon ton de se lancer dans une « grande consultation » sur l’identité nationale. Voilà un sujet central, brûlant d’actualité.

Quand vous ne savez pas comment vous allez payer votre loyer, vous chauffer, remplir le réservoir de votre voiture, pouvoir manger correctement jusqu’au prochain salaire, et que vous vous demandez si demain vous aurez encore du travail, il est vrai que la question de l’identité nationale paraît grandement essentielle.

Ou l’épidémie de grippe porcine. On apprend incidemment que depuis le grand délire du mois du juillet, quand on annonçait des millions de morts à travers le monde, nous aurions détecté un million de malades de la grippe en France. Et combien de morts réellement avérés ? Alors là, silence. Mais en attendant, une petite crise d’angoisse collective, ça permet de ne pas aborder les sujets qui fâchent. Je vous passe le procès de De Villepin, les mémoires de Jacques Chirac, les pseudo couacs de la majorité, etc., etc.

Car les sujets qui fâchent, au delà des questions purement sociales, sont nombreux : la privatisation de La Poste, la réforme des collectivités territoriales, la suppression de la taxe professionnelle, la remise en route du fichier Edvige par des biais détournés, les expulsions de réfugiés au mépris de leur situation, …

Ce gouvernement est le roi de l’esbroufe. Il annonce : « travailler plus pour gagner plus », et il laisse fermer des centaines d’entreprises au seul motif qu’il faut maintenir le taux de profit des actionnaires. Il nous parle de « moraliser » le système, et il finance éhontément les établissements bancaires responsables de l’effondrement du système financier. Il se drape dans la défense de la démocratie, mais il impose sans sourciller le traité constitutionnel européen rejeté par les peuples français, hollandais, irlandais, et hisse sa participation à la guerre coloniale en Afghanistan au rang de croisade contre le l’obscurantisme.

Mais qu’a-t-il face à lui ? Où sont les forces d’opposition, les partis, les syndicats, les associations qui devraient lui tenir tête, organiser la riposte ? Quand on dénombre une trentaine de suicides chez France Telecom, tous liés à des conditions de travail indignes mises en place par la direction de l’entreprise, les réactions des centrales syndicales sont tellement en dehors du coup que l’on comprend pourquoi le patronat continue à avancer comme il le fait. Si on veut arrêter les pratiques « managériales » scandaleuses de France Telecom – ou de Renault, ou de Thalès, etc. – ce n’est pas en paradant sur les plateaux de télévision que l’on réussira. Evidemment, France Telecom va faire plus attention ces prochaines semaines. Mais la méthode de gestion du personnel qui prévaut dans ces grandes entreprises – fixation d’objectifs inatteignables, mise en concurrence, isolement, harcèlement, pressions pour obtenir toujours plus des salariés – n’est pas remise en cause. Comme le capitalisme, il faut l’« humaniser ». Au lieu de pousser les gens jusqu’au suicide, arrêtons-nous à la simple dépression.

Est-ce là la seule réaction des syndicats ? De la CFDT, on ne peut pas s’attendre à autre chose. Mais de la CGT, on espérait mieux. Tant qu’il n’y aura pas de grèves massives, tant que les salariés continueront à rester isolés, à tenter de se défendre en misant sur le « chacun pour soi », le patronat et le gouvernement seront toujours vainqueurs.

Ce dont nous avons besoin aujourd’hui face à un patronat de choc, face à un gouvernement de combat, ce ne sont pas des organisations mollassonnes. C’est d’une riposte pensée, organisée, massive et sans faille !

Source : Gauche Communiste du PCF
lettre n°38, novembre 2009
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Commenter cet article

olivier 18/11/2009 18:34



Monsieur Noel arretez de dire que tous les patrons sont des voyous. Ce n'est pas vrai du tout. Passez un mois avec un patron de pme et vous verrez bien que ce que vous affirmez sur eux est
totalement faux !!!! Oui il est vrai que certains d'entre eux sont des pourris mais la majorité des patrons sont honnetes. Certes ils sont la pour gagner de l'argent (c'est le but je crois
lorsque l'on créé sa société) mais la majorité du temps c'est en respectant leurs salariés.



David NOËL 18/11/2009 19:58



Je n'ai jamais dit que tous les patrons étaient des voyous et je ne crois pas que ce soit ce que dit l'article de la Gauche Communiste...